vendredi 26 octobre 2012
Faire et défaire
A voir la façade du palais de Versailles, si régulière, ordonnée, aboutie dans son unité, on ne devinerait jamais par quels soubresauts architecturaux le bâtiment en est passé avant de parvenir à ce qu'il est aujourd'hui. On croit être face à l'oeuvre d'un homme mégalomane et visionnaire. On s'aperçoit, en découvrant l'histoire du château, que Louis XIV et ses architectes naviguaient à vue.
Les grands travaux commencés en 1661 vont se poursuivre jusqu'à la mort du roi en 1715. Cinquante-quatre ans de chantier, c'est long et c'est court en même temps étant donnée l'ampleur du bâti.
Un mot revient sans cesse : remaniement. On enveloppe des façades, on ferme des terrasses, on démolit des toitures pour les refaire, parce qu'elles n'étaient pas assez gaies. On casse des pièces à peine achevées avec autant de désinvolture que s'il s'agissait de Legos. La chapelle ne cesse de changer de place. Des balustrades, des volières somptueuses, apparaissent puis disparaissent sans remords.
C'est le pouvoir absolu, ce mépris des efforts des autres par pur caprice. Le coût supporté par le peuple fait frémir, le coût de la construction surdimensionnée elle-même et celui du gaspillage.
C'est effrayant, cette fuite en avant d'un roi à qui son orgueil ne laisse pas de repos. Cette anxiété du paraître.
Un petit détail en dit long. Au moment où la galerie des Glaces est bâtie dans le corps central du château, l'architecte Hardouin-Mansart opte pour des ouvertures en plein cintre. Les ailes situées de chaque côté étaient antérieures, et elles avaient des ouvertures rectangulaires. Par respect pour la symétrie, Mansart fait substituer des fenêtres en plein cintre à toutes les ouvertures des façades sur les jardins. C'est coûteux et ça ne sert à rien, mais il ne faudrait pas qu'on puisse trouver un détail à critiquer dans l'agencement général du château.
Si on gratte un peu le vernis, on s'aperçoit du trompe-l'oeil. Dans cinq pièces de l'appartement du Roi, il y a désaccord entre l'intérieur et l'extérieur des fenêtres. A l'intérieur, elles sont restées rectangulaires. Leur cintre est aveugle, il est habillé de vitrages qui donnent sur le mur.
Ce billet, écrit à 10:44 par Ariane dans la catégorie Versailles a suscité :

Un des bonheurs du métier de guide est le temps que l'on passe à étudier, chaque visite nouvelle demandant beaucoup de préparation. Une source ne suffit pas, il faut les croiser, les empiler, les décanter, les laisser se répondre les unes aux autres jusqu'à s'approprier un sujet, avant de songer à le restituer. La remarque vaut aussi pour le blog.
Quand il ne monte pas la garde à l'entrée des cimetières, l'if est un végétal des plus accommodants qui se laisse tailler sans faire de façons.
Au château de Versailles, la ferme du Hameau de la Reine a encore son pédiluve. La Reine Marie-Antoinette pouvait y conduire les bêtes pour les faire boire, ou encore demander qu'on y lave les chevaux.
Le Grand Canal du parc du château de Versailles vient buter contre les terrasses du Grand Trianon. Oui, Louis XIV aimait beaucoup la grandeur... et ce fer à cheval où le plan d'eau prend naissance n'en manque pas.
Depuis qu'elles grimacent un peu moins, les citrouilles ont conquis leurs lettres de noblesse.
Louis XIV a fait bâtir le Château de Versailles, son successeur Louis XV est le commanditaire du Petit Trianon. Retour à une échelle plus humaine, ce n'est qu'un pavillon (d'une certaine importance tout de même !) réservé au Roi et à Madame de Pompadour.
Dès qu'on commence à parler chiffres à Versailles, on est pris de vertige. Le château : 700 pièces, 67 escaliers, 2 153 fenêtres, 11 hectares de toitures. Les jardins : 800 hectares de parc, 132 km d'alignements d'arbres, 620 jets d'eau.
A l'extrémité du parc du Château de Versailles opposée au palais de Louis XIV, se trouve une curiosité qui surprend les visiteurs aux yeux encore pleins des fastes royaux : le Hameau de la Reine.