lundi 12 mars 2012
Vernon dans les Misérables
Si votre dernière lecture des Misérables remonte aussi loin que la mienne, vous avez probablement oublié que Victor Hugo situe une partie de l'intrigue à Vernon. Pour faire simple, c'est là que demeure le père de Marius.
Cet épisode nous vaut une description des plus charmantes de la ville vue côté Seine.
Quelqu'un qui aurait passé à cette époque dans la petite ville de Vernon et qui s'y serait promené sur ce beau pont monumental auquel succédera bientôt, espérons-le, quelque affreux pont en fil de fer, aurait pu remarquer, en laissant tomber ses yeux du haut du parapet, un homme d'une cinquantaine d'années coiffé d'une casquette de cuir, (...) se promenant à peu près tout le jour, une bêche ou une serpe à la main, dans un de ces compartiments entourés de murs qui avoisinent le pont et qui bordent comme une chaîne de terrasses la rive gauche de la Seine, charmants enclos pleins de fleurs desquels on dirait, s'ils étaient beaucoup plus grands : ce sont des jardins, et, s'ils étaient un peu plus petits : ce sont des bouquets. Tous ces enclos aboutissent par un bout à la rivière et par l'autre à une maison.
Victor Hugo, Les Misérables, Troisième partie - Marius - Livre troisième - Le grand-père et le petit-fils - Chapitre II - Un des spectres rouges de ce temps-là.
Je ne garantis pas cette vue de Vernon prise sur le motif, car il n'est pas sûr que le grand littérateur s'y soit arrêté. Je crois me souvenir qu'il n'a fait que voir la ville du train, c'est-à-dire fort peu.
Les Misérables sont parus en 1862, une époque où la quasi totalité des fortifications de Vernon était déjà démolie. Y a-t-il eu à leur place, pendant quelques temps, de petits enclos potagers ? Vingt ans plus tard, quand Monet peint la collégiale en 1883, on n'en voit aucun.
Et aujourd'hui, on a du mal à imaginer des terrasses et des enclos le long de la Seine, que ce soit au pied de la collégiale ou de l'autre côté du pont. Mais le niveau de l'eau était plus bas, et s'agissant de mouchoirs de poche...
Ce billet, écrit à 22:42 par Ariane dans la catégorie Vernon (2) a suscité :

Ce qu'on attend d'un guide, c'est qu'il vous fasse découvrir des choses que vous n'auriez pas vues sans lui. Un vrai challenge pour les conférenciers bénévoles des 










Quand on dit fable, on pense La Fontaine. Mais s'il est le plus connu des fabulistes de langue française, il n'est pas le seul. Jean-Pierre Clarisse de Florian, ou Florian pour faire court, a su lui aussi se servir d'animaux ou de types humains pour dégager des morales. Certains de ses vers sont passés dans le langage courant sous forme d'expressions ou de proverbes. "Eclairer sa lanterne" vient du Singe qui montre la lanterne magique, le Grillon a laissé "pour vivre heureux vivons cachés", Le vacher et le garde-chasse se termine par la morale connue, "Chacun son métier,
Les vaches seront bien gardées".
Beaucoup de maisons de Vernon datent du milieu du 15ème siècle. Mais il en existe d'encore plus vieilles. Rue Potard, elles remontent, pense-t-on, au 12ème ou 13ème siècle. Elles seraient plus ou moins contemporaines de la 
Les cimetières ressemblent aux villes des vivants. Les caveaux s'y alignent le long des rues dans un ordre parfait. On s'y promène, on lit sur les pierres tombales des noms familiers ou inconnus. Le plus souvent, on n'en saura pas beaucoup plus sur les personnes qui sont enterrées là ; les riches caveaux de famille, les humbles croix de métal ou de bois gardent tout leur mystère.
Le franchissement de la Seine par les troupes britanniques en août 1944 à Vernon est resté dans les annales de l'art de la guerre comme un modèle du genre. Les Alliés ont réussi l'exploit d'établir un pont flottant, sous le feu ennemi, en six jours à peine.


