samedi 29 octobre 2011
Cette jolie pendule posée sur une console se trouve dans la chambre à coucher de Monet à Giverny.
Placée comme elle est dans l'encoignure du mur à côté de la fenêtre, derrière la porte qui mène au cabinet de toilette, il faut être un visiteur attentif pour la remarquer.
Son raffinement surprend, dans cette chambre au lit et à l'armoire tout simples.
Je ne me souviens pas d'avoir lu quelque chose sur cette pendule, elle gardera donc son mystère. Si un horloger ou un antiquaire passe sur cette page, j'aimerais bien avoir son avis.
A première vue, il me semble que c'est un cartel de style Louis XV, que Monet pourrait s'être acheté à la fin du 19e siècle, à moins qu'il ne l'ait reçu en cadeau. Le cadran, orné de deux très belles aiguilles, ne porte pas de signature apparente.
Je ne crois pas non plus avoir jamais entendu sonner ce cartel, j'ignore s'il fonctionne, à l'inverse de l'horloge du salon bleu qui rythme les heures et les demies de son timbre aigu tout simple.
On passait beaucoup de temps autrefois à remonter les montres, les pendules et les horloges. On a oublié cette servitude aujourd'hui.
Mais demain, il faudra faire le tour de tout ce qui donne l'heure dans la maison pour remonter le temps de soixante minutes, sauf bien sûr les appareils qui sont assez malins pour se mettre à l'heure d'hiver tout seuls.
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samedi 10 octobre 2009
Dans sa maison, ce n'est pas Claude Monet qui maniait le pinceau. Pour faire repeindre les murs, il engageait un peintre en bâtiment qui recevait des consignes précises sur les couleurs à employer.
C'est ainsi que nous savons exactement ce que Monet souhaitait pour sa salle-à-manger, un jaune de chrome soutenu pour les moulures, un jaune de chrome plus clair sur les murs.
Les mêmes couleurs se retrouvent sur le mobilier, comme ce buffet cauchois qui abrite quelques éléments de la vaisselle bleue collectionnée par Monet.
Cette description précise du coloris attendu paraît être le fait d'un artiste habitué à l'usage des couleurs.
Mais on peut aussi y voir un choix de jardinier.
Christoph Becker, dans "Monets Garten" (éd. Hatje Cantz) estime non sans poésie que le "jaune très clair, presque pâle, rappelle celui des fleurs d'iris" tandis que "le deuxième, vigoureux, est de la couleur des tournesols."
A vous de venir comparer, les deux fleurs sont présentes dans le jardin de Monet, l'une au printemps, l'autre à la fin de l'été.
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dimanche 20 septembre 2009
Y a-t-il une autre mode qui puisse se comparer à cette déferlante ? On a du mal aujourd'hui à imaginer à quel point tout ce qui évoquait l'Extrême-Orient a pu être populaire à la fin du 19ème siècle. Même Claude Monet, d'habitude si peu enclin à suivre une mode, a succombé.
Je ne parle pas de son immense collection d'estampes japonaises, toujours exposées sur les murs de sa maison de Giverny. Qu'un artiste ait été inspiré par une façon radicalement différente de concevoir l'art, qu'il ait eu envie d'explorer de nouvelles voies, quoi de plus naturel. En collectionnant les gravures des maîtres japonais, Monet fait oeuvre d'esthète.
Mais Monet n'a pas résisté à la japonaiserie et la chinoiserie ambiantes, cet Orient de pacotille qui envahit tout. Dans sa maison, il a mélangé allègrement les objets venus d'Asie et les imitations, faïences à décor d'éventail et de branches de cerisiers, magots peints et meubles en faux bambou.
Ce buffet, par exemple, fabriqué dans un bois tendre qui paraît être du pin, est décoré de motifs imitant le bambou. Des baguettes annelées rehaussent tous les reliefs. Le faux ne cherche pas à passer pour du vrai. C'est une évocation, une petite touche orientale qui rappelle celle de son jardin, bien européen malgré les plantes exotiques.
Le style bambou a fait fureur, chez Monet on le retrouve aussi bien sur des miroirs que sur des chaises légères ou du mobilier de jardin.
Dans ce buffet, Alice rangeait des conserves, du thé, des liqueurs... Il est situé dans l'entrée menant à l'atelier de Monet, une pièce non chauffée qui servait d'épicerie.
Détail de cette époque où l'on vivait avec des domestiques, toutes les portes et même les tiroirs sont équipés de serrures. Impossible de savoir si Alice s'en servait ou non, mais c'est probable. La nourriture était beaucoup plus chère qu'aujourd'hui. Ca aussi, on a du mal à l'imaginer.
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jeudi 30 juillet 2009
C'est Claude Monet lui-même qui a présidé au choix des couleurs dans toutes les pièces de sa maison de Giverny. Pour la cuisine dernier cri qu'il a fait construire à l'extrémité Est de la demeure, à la place d'une cuisine trop petite et d'une remise, Monet a opté pour le bleu.
Tout est bleu sauf le sol. Murs, meubles et plafond sont recouverts de carreaux de faïence bleus et blancs ou laqués bleu ciel.
Le bleu est une couleur froide, et pourtant c'est une impression chaleureuse qui se dégage de cette cuisine, souvent la pièce préférée des visiteurs. Car une impressionnante batterie de cuisine en cuivre vient réchauffer le plus grand mur, alignant ses casseroles de différentes tailles, ses sauteuses, ses saumonières, sa turbotière, ses couvercles et autres écumoires. Les reflets chauds du cuivre et le bleu des carreaux s'équilibrent. Il est probable aussi qu'il devait faire très chaud dans cette cuisine à cause de l'énorme fourneau, une impression de fraîcheur était sans doute la bienvenue.
Mais Monet ne s'en est pas tenu là. Non content d'associer les tonalités dans une pièce, il a voulu aussi harmoniser les pièces entre elles.
Par la porte ouverte de la cuisine, on aperçoit la salle à manger. En général, cette porte restait fermée, séparant le domaine des maîtres de celui des domestiques. Mais au moment de servir à table, on l'ouvrait.
Monet avait un sens tatillon du détail. Pour éviter toute faute de goût, il fallait que la couleur de la cuisine réponde à celle de la salle à manger. Celle-ci était jaune de chrome, de manière à mettre en valeur la vaisselle bleue et les estampes japonaises à dominante bleue, et aussi pour apporter plus de luminosité à une pièce éclairée par des ouvertures assez étroites.
Pour aller avec tout ce jaune, Monet a voulu du bleu pour la cuisine : c'était une de ses associations de couleurs préférée. On la retrouve dans de nombreux tableaux, par exemple la série des escaliers aux tournesols du jardin de Vétheuil.
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mardi 27 mai 2008
Les roses qui courent sur la pergola devant la maison de Monet sont en fleurs, donnant plus que jamais un esprit campagne à la demeure du peintre.
A quoi cela tient-il ?
Aux rideaux à carreaux bleus que l'on aperçoit à la fenêtre de la cuisine.
Aux petits bois de la fenêtre, peints en vert.
A la douceur conférée par les roses grimpantes dont les têtes lourdes de pluie s'abandonnent le long de la barrière de la terrasse.
A cet accord vert et rose plein de fraîcheur, la plante copiant l'harmonie des huisseries et des murs.
Ce billet, écrit à 22:55 par Ariane dans la catégorie Monet décorateur a suscité :
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dimanche 7 octobre 2007
L'entrée principale de la maison de Monet joue de la symétrie. De chaque côté de la porte à deux battants, deux grands pots chinois présentent des arbustes fleuris où se perdent les appliques identiques. Les rideaux retenus par des embrasses renforcent l'impression théâtrale. Le regard est conduit vers le centre, comme en suivant des lignes de fuite qui se rejoindraient à l'intérieur de la maison, au point exact de son centre de gravité.
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dimanche 16 septembre 2007
Quelle est votre couleur préférée ? Je doute que vous me répondiez le jaune, ou même l'orange. C'est pourtant une couleur lumineuse, chaleureuse, comme celle de ces belles roses d'Inde dans les jardins de Claude Monet.
Alors que la Chine ou l'Inde le placent en tête de leurs préférences, le jaune est mal aimé chez nous. Notre civilisation occidentale préfère le bleu, symbole de paix, neutre et consensuel.
Michel Pastoureau a consacré en 2000 une étude passionnante à la couleur bleue, qui a détrôné le rouge au Moyen-Age, grâce à la montée en puissance du culte marial (le bleu était la couleur associée à la Vierge Marie). Il y montre à quel point nos goûts pour les couleurs sont dictés par l'époque à laquelle nous vivons.
Nous croyons nous déterminer en toute liberté, en fonction de quelque chose que nous pensons subjectif et individuel, alors que sans le savoir nous sommes totalement sous influence.
Quelle indépendance d'esprit il faut pour se détacher de cette symbolique sous-jacente et considérer les couleurs pour ce qu'elles sont, comme le faisait Monet dans son travail de décorateur !
Je pensais à cette histoire de rejet du jaune en entendant une fois de plus une visiteuse me dire dans la salle à manger de Monet, où les murs et les meubles sont entièrement peints de deux tons de jaune de chrome : "C'est beau, ce jaune, mais je n'en voudrais pas chez moi. C'est trop jaune pour moi."
Ce billet, écrit à 17:13 par Ariane dans la catégorie Monet décorateur a suscité :
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mardi 11 septembre 2007
C'est tout un art de rendre un perron accueillant. La maison y révèle son âme, se montre invitante ou au contraire hostile.
Voici la petite porte d'entrée qui était réservée à Monet dans sa maison de Giverny, par où il faisait entrer les visiteurs venus voir ses dernières toiles.
On y accède par un bref escalier. D'en bas, les yeux donnent sur ce gros pot chinois débordant de fleurs.
Monet ne craignait pas le heurt des couleurs franches, le bleu du pot, le rouge des géraniums sur le vert omniprésent des boiseries, qui donne une unité de ton.
Tout un jeu de lignes droites structurent l'espace. Ces droites sont heureusement adoucies par le flou de la potée et la courbe si gracieuse du voilage, qui semble faire la révérence.
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mardi 13 mars 2007
Ce buffet cauchois de la fin du 18e siècle ressemble comme deux gouttes d'eau à ceux que Monet a installés côte à côte dans sa salle à manger de Giverny : même corniche en anse de panier, mêmes portes vitrées à volutes... A un détail près : celui-ci a gardé son aspect bois d'origine, la belle teinte chaude du mélèze.
Pour qu'ils se fondent parfaitement dans le décor de la pièce, Monet a fait peindre ses deux buffets comme les murs et les corniches, de deux tons de jaune de chrome. La vaisselle bleue qu'ils abritent et qui se devine à travers les portes vitrées s'en trouve mise en valeur.
Au moment où Monet les a achetés, les deux buffets jumeaux étaient sans doute neufs, ou peu anciens. Ce n'était donc pas un sacrilège de les recouvrir de peinture. Aujourd'hui, il vaut mieux y réfléchir à deux fois avant de faire subir le même sort à des buffets cauchois, devenus des antiquités, qui y perdraient irrémédiablement une patine de deux siècles. Les buffets suédois contemporains conviennent davantage à l'expression de tous les talents de coloristes.
Ce billet, écrit à 19:49 par Ariane dans la catégorie Monet décorateur a suscité :
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vendredi 23 février 2007
Cette adorable vitrine de Cheryl Miller représente la cuisine de la maison de Monet à Giverny. C'est l'une des pièces les plus spectaculaires de la maison.
A l'origine, la demeure ne comportait qu'une petite cuisine. C'est Monet qui a fait construire et aménager celle que nous pouvons voir aujourd'hui.
Les murs sont entièrement carrelés de carreaux bleus et blancs en céramique de Rouen, et les meubles peints en bleu ciel. Cette couleur n'a pas été choisie au hasard : la salle-à-manger jaune est juste à côté, si bien que lorsqu'on ouvre la porte pour le service, le bleu doux et froid et le jaune vif et chaud des deux pièces se répondent.
La pièce maîtresse de la cuisine, c'est le piano, le grand fourneau de tôle et d'acier, digne d'un restaurant. Il possède deux fours, et permet de cuire simultanément plusieurs plats. Il faut dire qu'on préparait quotidiennement des repas pour une bonne douzaine de personnes, sans compter les invités.
Le fourneau fonctionnait au bois ou au charbon, et dégageait une forte chaleur dans toute la pièce. Heureusement les deux portes-fenêtres donnant sur le jardin permettaient de ventiler la cuisine. Le fourneau possède encore son réservoir à eau, qu'il suffisait de remplir pour obtenir de l'eau chaude. On venait se servir au robinet situé à l'avant du fourneau.
Une magnifique rangée d'ustensiles en cuivre occupe le mur face au jardin. Casseroles, poêles, sauteuses, couvercles, écumoire, chocolatière... sont alignés comme à la parade, soigneusement astiqués. La collection est si complète qu'elle compte aussi des pièces d'usage moins fréquent comme la saumonière, un ustensile tout en longueur qui sert à cuire les poissons longs, ou la turbotière, à la curieuse forme de losange, adaptée à la cuisson des poissons plats comme le turbot.
Entre les deux portes-fenêtres se trouve l'évier en grès où on lavait les légumes du jardin potager. Les oeufs venaient de la basse-cour.
Au fond de la cuisine, une porte donne sur le cellier, une pièce fraîche au sol en terre battue où étaient stockés le vin et les fruits, bien rangés sur des étagères à claire-voie.
Cheryl Miller a représenté une femme en train de s'activer dans la cuisine, et elle a raison, c'était le domaine des femmes, la cuisinière, ses aides et Alice, qui décidait des repas et des achats. Monet ne mettait pour ainsi dire jamais les pieds dans la cuisine, ce qui ne l'empêchait pas de suivre avec attention ce qui s'y passait, en gourmet averti !
Ce billet, écrit à 13:18 par Ariane dans la catégorie Monet décorateur a suscité :
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dimanche 11 février 2007
Raffinement d'esthète : Monet, quand il a eu atteint une certaine aisance, s'est fait faire son propre service de table à Limoges. Un service de porcelaine fine, plus chic que la faïence de tous les jours, réservé aux grandes occasions et aux invités de marque.
Le modèle qu'il a dessiné est d'une étonnante sobriété : sur une base blanche, un marli jaune rehaussé d'un filet bleu. En pleine Belle Epoque, une telle simplicité n'était pas commune !
Quand on visite la maison de Monet à Giverny, on comprend pourquoi le peintre a choisi d'associer ces deux couleurs dans sa vaisselle : ce sont celles de sa salle-à-manger, peinte de deux tons de jaune de chrome, et décorée d'une multitude d'estampes japonaises à dominante bleue.
Bleue aussi, la vaisselle dont on se servait tous les jours, le célèbre service "Japon" en faïence de Creil et Montereau, qu'on apercevait dans les vitrines des deux buffets cauchois.
Aujourd'hui, le service de porcelaine de Monet n'est plus un modèle unique. Il fait l'objet d'une réédition par la société Haviland. On peut, à condition d'y mettre le prix, s'offrir le luxe d'un design signé Monet, et dresser sa table comme le maître de Giverny.
Ce billet, écrit à 14:30 par Ariane dans la catégorie Monet décorateur a suscité :
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lundi 12 juin 2006
Une des surprises que la maison de Monet réserve au visiteur, c'est la décoration des murs. Là où il s'attendrait à un accrochage de toiles du peintre, il découvre une extraordinaire collection d'estampes japonaises.
Extraordinaire par son ampleur, 231 gravures, et par le goût très sûr de Monet. Son choix s'est porté sur les meilleurs artistes, Utamaro, Hokusai, Hiroshige, dont les oeuvres constituent plus de la moitié de la collection.
Monet n'était pas le seul à aimer les estampes japonaises en France, puisqu'un marchand parisien, Tadamasa Hayashi, en a importé très précisément 156487 en onze ans.
La collection de van Gogh est exposée au musée Vincent van Gogh d'Amsterdam. Celle d'Auguste Rodin se trouve au musée Rodin à Paris.
Comme on l'aperçoit sur cette photo prise dans la salle à manger de Giverny, Monet a opté pour un accrochage très serré. Les murs sont recouverts d'estampes, dont les teintes bleutées ressortent à merveille sur le jaune des murs.
Les gravures japonaises ont envahi plusieurs pièces de la maison : salle à manger et salon bleu, escalier, chambre d'Alice, cabinets de toilette... Deux exceptions notoires, l'atelier-salon, où Monet s'entourait de ses propres oeuvres de différentes époques, et sa chambre à coucher, où il aimait avoir autour de lui les toiles et les esquisses offertes par ses amis, Pissarro, Sisley, Boudin, Renoir, Berthe Morisot, Manet, Cézanne, Delacroix...
Une partie de cette collection personnelle impressionniste est conservée aujourd'hui au musée Marmottan-Monet à Paris. L'hiver prochain, on pourra y voir exposées les estampes de Giverny, au côté des oeuvres de Monet et de ses amis. D'intéressants rapprochements en perspective.
Ce billet, écrit à 22:05 par Ariane dans la catégorie Monet décorateur a suscité :
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lundi 24 avril 2006
Sur le tableau "Le Déjeuner" du musée d'Orsay, peint par Monet en 1873, le banc de jardin est d'un style des plus courants en France dans les jardins publics. Il est composé d'une multitude de lattes de frêne montées sur une armature en fonte. Ce modèle de forme gondole, confortable et pratique, a eu un grand succès. Il est généralement peint en vert foncé, comme dans le tableau, ou en blanc.
On retrouve le même banc du jardin de Monet à Argenteuil dans un autre tableau intitulé carrément "le Banc". Il représente Camille, l'air fatigué, les traits tirés. Un homme en chapeau haut de forme se penche vers elle.
C'est encore le même type de banc qu'on peut voir sur les photos de Monet prises dans son jardin près de l'étang aux nymphéas. Rien que du classique. Et puis, tout à coup, voilà Monet qui se pique de dessiner des bancs de jardin. Monet designer ? Oui, quand c'est pour faire plaisir au roi des Belges ! Leopold II aimait beaucoup la région de Giverny, il s'était même fait construire un château à une dizaine de kilomètres, à Rolleboise, le château de la Corniche, aujourd'hui transformé en hôtel restaurant.
Le banc gondole ne favorisait pas la conversation. C'était un banc de jardin public fait pour s'asseoir les uns à côté des autres sans se parler. Le banc que Monet invente a un air de famille avec les bancs anglais qu'il a pu voir lors de ses fréquents voyages à Londres. Légèrement cintré, il est plus convivial.
A Giverny, trois grands bancs de ce style sont disposés en cercle tout en bas du clos, sous le paulownia. On appelle cet endroit le rond des dames. C'est là qu'Alice et ses filles venaient tirer l'aiguille les après-midi d'été.
Ce billet, écrit à 17:43 par Ariane dans la catégorie Monet décorateur a suscité :
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