vendredi 21 octobre 2011
Fermeture annuelle des jardins de Monet à Giverny : 1er novembre 2011 à 18h
Ça y est ! L'automne s'annonce à Giverny. Chaque année j'attends avec impatience la deuxième quinzaine d'octobre, la cerise rouge sur le gâteau de la saison. Le grand embrasement des arbres. Et les reflets chauds dans l'étang de Monet.
Du côté du clos normand, le jardin de fleurs est sur le déclin. Il a fait -2°C cette nuit, il ne faut pas s'attendre aux merveilles qui rayonnaient partout début octobre, les dahlias somptueux, la rivière de capucines, le festival de sauges, de soleils et d'asters. Mais tandis qu'annuelles et vivaces tirent leur révérence à la belle saison, la magnificence s'est décalée vers le jardin d'eau.
Lui d'habitude si paisible et serein sort de sa méditation.
L'automne, ce peintre fauve, y fait voltiger ses invisibles pinceaux, et chaque jour le tableau change, toujours plus flamboyant.
C'est le moment où il faut voir le bassin, dans la lumière de midi, quand il tend des reflets de bleu pur qui se mêlent à l'or des frondaisons.
Autour des derniers boutons de nymphéas, qui ne s'ouvriront plus, leurs feuilles vertes et mauves éclaboussées d'ambre offrent des mondes en réduction.
Miroir parfait dans l'air immobile, la surface est le terrain de jeu préféré de la brise, qui vient la chatouiller de temps en temps. Dans le flou des éclats de lumière qui s'emmêlent, on entendrait presque ses éclats de rire.
Ce billet, écrit à 21:01 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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mercredi 27 octobre 2010
Les soubresauts du thermomètre sont imprévisibles. Cette année encore les fleurs fragiles ont perdu la bataille contre le froid plus tôt qu'à l'accoutumée. C'était l'histoire de rien du tout, deux degrés peut-être, quelques heures de gel, un temps un peu trop beau à la fin de la nuit. Le jardin de fleurs de Claude Monet n'est plus que l'ombre de lui-même. Les squelettes piteux des tithonias, des dahlias, se dressent foudroyés au milieu d'autres plantes plus rustiques qui luttent encore vaillamment, les asters, les sauges, les roses même.
Tout en haut du jardin, la maison de Monet a revêtu sa robe de feuillage rouge, comme un écrin de velours pour les merveilles qu'elle recèle.
Si le jardin de fleurs est presque entièrement à terre, bruni, vaincu, le jardin d'eau est plus somptueux que jamais. Lui d'habitude si vert se pare subitement des teintes les plus éclatantes, dans le flamboiement des liquidambars, des érables ou des saules. C'est comme si les couleurs chassées du clos normand s'étaient réfugiées autour du bassin, envolées vers les cimes pour mieux plonger dans les reflets de l'étang.
Souvent la brume du petit matin vient tempérer de douceur tout cet éclat, et c'est une atmosphère irréelle qui règne autour du paysage créé par Monet. Quand le soleil rasant émerge derrière la colline, ses rayons viennent dorer les vapeurs mouvantes, dans un spectacle à couper le souffle.
Ce billet, écrit à 10:37 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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vendredi 21 mai 2010
La floraison des clématites offre la sensation d'être environné de fleurs, dans le jardin de Monet à Giverny.
On en a partout autour de soi, dans les parterres débordant de toutes les jolies printanières, des iris aux giroflées, des ancolies aux alliums, tandis qu'on déambule sous les supports métalliques croulant sous les masses de petites fleurs roses ou blanches.
La clématite montana n'a rien d'une fleur rare, on en voit dans tous les jardins, mais elle porte mieux que jamais son nom quand elle part à l'assaut des supports les plus élevés qu'on veut bien lui offrir.
Elle vaut par l'effet de masse, toujours très spectaculaire chez cette généreuse.
Ce billet, écrit à 23:28 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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vendredi 23 avril 2010
Du jaune de chrome, du vermillon, du bleu cobalt, du vert émeraude... Avril dépose ses couleurs dans le jardin de Monet à Giverny comme un peintre sur une palette.
"C'est irréel tellement c'est beau !" s'exclame une visiteuse émerveillée.
La grande floraison des bulbes de printemps fait rayonner des centaines de variétés de narcisses, de fritillaires, et surtout de tulipes aux formes et aux teintes les plus étonnantes et les plus variées.
Des tapis de pensées étalent leurs petites têtes vibrantes partout.
Des coussins d'aubriètes gonflent de mauve le bord des allées.
Nulle autre saison n'est plus colorée que celle-ci.
Il flotte autour de ce tableau des senteurs suaves, des parfums mêlés de jacinthes, d'oranger du Mexique, de laurier-tin et de spirée.
Dans le petit matin, les tulipes ont la tête encore fermée sur leurs rêves nocturnes. D'ici peu, elles les laisseront s'échapper pour ouvrir leurs pétales à la curiosité des insectes.
Pour l'heure, c'est le grand concert des oiseaux. Et puis voici le coq, soudain, qui claironne son chant de campagne, quand le soleil paraît au coin du grand atelier.
Ce billet, écrit à 21:35 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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vendredi 16 avril 2010
La discussion fait rage dans les allées du jardin de Monet à Giverny : le printemps est-il en retard ? Ou bien était-il en avance ces dernières années ? Selon les jardiniers, les pendules sont à l'heure cette année. Enfin.
Certains signes ne trompent pas : les narcisses, d'habitude déjà en train de défleurir dès le début avril, rayonnent encore de tous leurs blancs, offrant une image presque insolite du clos normand. Ils s'étendent par nappes au milieu des pelouses, où de petites tulipes botaniques les accompagnent.
L'image de leurs îlots clairs au milieu du vert des gazons évoque comme une réminiscence une autre vue familière à Giverny, celle des radeaux de nymphéas à la surface du bassin, au coeur de l'été. Deux compositions qui se répondent, se superposent dans la rétine, accompagnées d'impressions opposées, la fraîcheur printanière d'avril pour l'une, la chaleur estivale tempérée par le bord de l'eau pour l'autre.
L'effet des narcisses est si joli qu'il vaut la peine de venir dès maintenant à Giverny.
Une autre discussion enflamme les jardiniers amateurs séduits par la composition, qui se verraient bien avec la même chose dans leur jardin. Que faire quand les fleurs fanent ? Car tout le monde le sait, il faut laisser aux bulbes le temps de se régénérer pour qu'ils refleurissent l'année prochaine. Ceci impose de laisser les feuilles en place jusqu'à ce qu'elles jaunissent. Non seulement il faut habilement manier la tondeuse pour faire le tour des narcisses, mais encore l'effet, cette fois, est-il loin d'être charmant.
Tout à fait entre nous, voici le truc trouvé à Giverny : des bordures de fleurs sont installées autour des pelouses, avec des fleurs un peu hautes. A peine les narcisses fanés, voilà l'inesthétique tableau qu'ils laissent derrière eux caché par un écran de superbes floraisons de lunaires ou de juliennes des dames, qui en ont profité pour pousser entre-temps.
Ce billet, écrit à 09:12 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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lundi 5 avril 2010
Parmi les fleurs qu'on peut voir au tout début de la saison dans les jardins de Giverny, et qui disparaissent définitivement par la suite, on compte le somptueux cerisier du Japon, dont le rose répond au rose de la façade de la maison de Monet. C'est en ce moment qu'il éblouit les visiteurs dès leur arrivée sur le parking, et sème en leur absence des pétales sur leur pare-brise.
Les touches jaune vif des forsythias étincellent aux abords du pont japonais, elles qui deviendront banalement vertes par la suite.
Autour de l'embarcadère, les roses de Noël durent jusqu'à Pâques, mais guère au-delà. Elles fleurissent encore ces jours-ci en bouquets pourpres ou blancs.
Et puis, au milieu des pétasites encore minuscules - mais cela non plus ne durera pas - je guette les cônes chargés de pinceaux blancs de leur floraison.
Toutes ces fleurs réservées aux tout premiers visiteurs de la saison seront bientôt passées, remerciées de leurs bons et loyaux services, remplacées par les suivantes en troupes de plus en plus nombreuses et fournies. Mais les plus précoces ont quelque chose de vaillant qui attendrit, messagères fidèles des premiers jours de printemps.
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jeudi 1 avril 2010
Après le sommeil, le soleil. Pour l'ouverture des jardins de Monet et du musée des Impressionnismes, Giverny s'est réveillé ce matin sous un beau ciel tout bleu, agrémenté de quelques nuages à la Magritte. Oubliées, la pluie et la grêle des derniers jours ! Tout brille, jusqu'à l'air encore froid qui est d'une incroyable transparence.
Rien d'impressionniste dans ce jardin de début de saison où les contours se dessinent avec netteté, si ce n'est la promesse des fleurs à venir, et la brise qui donne du flou aux reflets de l'étang.
Dans les allées, les graviers blancs sont tout neufs, parfaitement ratissés. Les pensées sont à la fête en grandes nappes colorées, bien peu d'autres fleurs viennent leur voler la vedette. Les visiteurs se penchent pour observer les modulations de leurs velours et de leurs satins.
Les cerisiers du Japon si hâtifs tendent leurs bouquets rose pâle contre le bleu du ciel.
Tout près, le musée des Impressionnismes offre une autre fête pour les yeux : sa somptueuse exposition retrace toute l'histoire de l'impressionnisme, avec la Seine pour fil conducteur.
L'expo rassemble une bonne cinquantaine de toiles de Monet, Sisley, Pissarro, Renoir, Caillebotte, Boudin, jusqu'aux néo-impressionnistes comme Seurat et Signac, Matisse, Bonnard, Luce, et d'autres un peu moins connus. C'est superbe !
Et cette année, on peut acheter un billet couplé pour la fondation Monet et le musée des impressionnismes, ce qui évite de faire deux fois la queue. Comme quoi, tout arrive !
Ce billet, écrit à 22:25 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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dimanche 28 mars 2010

Quelles fleurs seront au rendez-vous du premier avril dans les jardins de Monet ? A trois jours de l'ouverture il paraît acquis que le rideau se lèvera sur un décor très semblable à celui de l'année dernière.
Les saules ont secoué leur tristesse hivernale et viennent d'ouvrir leurs bourgeons, les pensées, après mûre réflexion, ont décidé qu'il était temps de s'épanouir, les prunus voient la vie en rose, les jonquilles et les narcisses trompettent dans les massifs.
En dehors des saules toujours pressés, peu d'arbres ont l'inconscience d'offrir leurs tendres petites feuilles nouvelles à la morsure du froid nocturne. Ce sont encore des silhouettes nues qui se reflètent dans le bassin, des squelettes d'arbres que le courant fait frissonner.
Les premières feuilles de nénuphars flottent à la surface. Il a fallu casser la glace cet hiver pour libérer les plus précoces, quand le gel de la nuit succédait au soleil de la journée. Auront-ils bien supporté le chaud et froid ?
C'est cette année que l'on va vraiment mesurer l'impact de la disparition des peupliers à l'arrière du jardin d'eau. Les grands arbres donnaient trop d'ombre au bassin, mais ils avaient le mérite de stopper le vent. Comment l'écosystème va-t-il se rééquilibrer ? Les nénuphars si sensibles vont-ils exulter de toute cette lumière, ou grelotter sous la bise ?
La réponse s'inscrira à la surface du bassin de Monet d'ici peu. En attendant, je me réjouis de retrouver bientôt la sérénité des premiers jours, la netteté des parterres au tout début de leur cycle de floraison.
L'hiver fait un grand nettoyage par le vide. Le printemps, habile décorateur, va venir mettre de la couleur partout.
Ce billet, écrit à 23:44 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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lundi 23 novembre 2009

On aimait bien les titres qui évoquaient la musique à l'époque de Monet, les Harmonies en vert, en bleu, en rose pour le maître de Giverny, les Symphonies ou les Arrangements numérotés chez Whistler...
Voici donc quelques mesures de la symphonie de jaunes et de rouges qui se joue en automne dans le clos normand du chef de file de l'impressionnisme.
Les massifs aux teintes chaudes rayonnent dans les feux du couchant, tandis que ceux aux tons plus doux, mauves, roses, font plutôt face à l'est.
Et la maison, tout au bout de l'allée, est comme noyée sous l'envolée des accords de couleurs.
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vendredi 31 juillet 2009
Le jardin d'été déploie toutes sa beauté à Giverny. Du côté du clos normand, les massifs de fleurs ont si bien poussé que les corolles arrivent à hauteur des yeux. Les jardiniers à l'origine de cette profusion réussissent le tour de force d'allier l'opulence à la légèreté.
On vient du monde entier découvrir ce prodige. C'est un savoir-faire horticole très Monet, très Giverny. Les fleurs sont plantées très serrées, et pourtant tout mousse.
Alors qu'on conseille en général d'associer plusieurs pieds de la même plante pour obtenir plus d'effet, ici c'est le contraire qu'on applique. Les jardiniers prennent soin de varier au maximum les fleurs pour qu'elles ne côtoient pas trop leurs semblables.
Revenues à leur singularité, chacune de ces fleurs s'individualise. Plus de masse dans les massifs, mais un pétillement de tons qui se répondent, de pétales aux formes variées, à des hauteurs différentes.
On peut voir en ce moment tout un chatoiement de fleurs d'été aux couleurs chaudes ou tendres, spectaculaires ou discrètes, éphémères ou durables, cléome, glaïeul, phlox, salicaire, gaura, mauve, lavatère, dahlia simple ou double, sauge, reine-marguerite, rudbeckia, coréopsis, capucine et tant d'autres, dans une variété beaucoup plus grande que la meilleure des jardineries.
Devant tant de splendeur, il suffit de tendre l'oreille dans les allées, et on apprend comment on dit "que c'est beau !" dans toutes les langues...
Ce billet, écrit à 23:22 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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jeudi 23 juillet 2009
Le printemps avait teinté de mauve et de rose le jardin de Monet, étalant partout ses juliennes et ses pavots. L'été procède autrement. Plutôt qu'un effet de masse, c'est telle ou telle allée qui resplendit soudain, sous l'action de floraisons spectaculaires.
En ce moment, c'est la meilleure période pour voir des lis, des glaïeuls de toutes les couleurs, ou des crocosmias.
Le port du crocosmia évoque une main tendue, paume en l'air, une main de prestidigitateur qui sortirait des bouquets écarlates de nulle part, dans un jaillissement de jet d'eau. Toute cette énergie se marie à Giverny avec des jaunes, en particulier des lysimaques. Même quand le temps est couvert, l'allée des crocosmias flamboie de partout.
A quelques pas, les anthémis discutent avec des rudbéckias. Les hampes des glaïeuls aux couleurs inattendues se penchent gracieusement sur les petites allées. Les premiers soleils s'ouvrent, signe qu'on approche de l'apogée du jardin d'été. Les salicaires et les lychnis font scintiller la grande allée de taches roses, tandis que les capucines s'élancent avec détermination à l'assaut du gravier. Au jardin d'eau, les nymphéas piquent de couronnes pâles la surface de l'étang.
C'est le moment de venir à Giverny, tout autant qu'au printemps ! Ce matin, une dame bouleversée m'a dit en posant la main sur son coeur qu'elle remerciait la mairie de X de lui avoir permis de découvrir un endroit aussi merveilleux. Vous laisser prendre à votre tour par la beauté des jardins de Monet, c'est tout ce que je vous souhaite à vous aussi.
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samedi 2 mai 2009
C'est le meilleur moment pour admirer les clématites dans le jardin fleuri de Claude Monet à Giverny.
Les vigoureuses clematis montana installées sur des supports métalliques croulent en ce moment sous les fleurs et la végétation. Elles cascadent en rideaux de dentelles blanches et roses au-dessus des passants dans le Clos Normand, créant cette sensation d'être totalement immergé dans la nature que Monet aimait.
C'est irrésistible, on a envie de passer dessous, si bien que j'ai changé mon parcours habituel de visite, tant pis pour le rond des dames et pour le poulailler.
Le jardin est tellement splendide en ce moment que les visiteurs se félicitent d'avoir choisi ce premier week-end de mai. "Quelle chance d'être venus la bonne semaine voir le spectacle du printemps ! " me disait une dame aujourd'hui. "Bientôt tout sera passé !"
Il n'en sera rien, bien entendu. Dans quelques semaines le jardin sera tellement plein de roses que les visiteurs l'appelleront la roseraie. Les iris et les pivoines étaleront leurs atours somptueux le long des allées en défilé de mode. On ne saura plus où donner des yeux.
Parmi tout ce que je raconte aux visiteurs, je crois que c'est le tour de force du spectacle permanent qui les étonne le plus. Qu'on retire les fleurs passées pour en planter d'autres de la saison à venir, sur une telle surface, ils n'en reviennent pas. Et quand je leur décris l'aspect des autres saisons, les murs de fleurs de l'été, les reflets chauds de l'automne, le tapis de capucines dans la grande allée, ils sont stupéfaits. Waou ! disent-ils. Il faut qu'on revienne plus tard dans l'année !
De mois en mois, ce n'est pas le même jardin que l'on visite. Comme sur la scène d'un théâtre, le décor a changé.
Ce billet, écrit à 21:29 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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lundi 6 avril 2009
Cette année les premières tulipes sont arrivées à l'heure à leur rendez-vous avec les narcisses.
En général, les narcisses se précipitent pour fleurir dès les premiers jours un peu tièdes, tandis que les tulipes attendent sagement le mois d'avril.
Mais cet hiver la température est descendue à un niveau inhabituel, jusqu'à -14°. Le gel a persisté jour et nuit pendant trois semaines. Tout ce froid a calmé les ardeurs des jonquilles et des narcisses. Ouh là là ! se sont-ils dit, ça pince ! Attendons un peu.
Lièvres et tortues ont fini par prendre le même départ, et voilà les narcisses et les jonquilles côte à côte avec les tulipes dans les jardins de Monet, en taches blanches, jaunes et rouges qui réveillent le vert des gazons.
Ces belles plantes à bulbes sont plantées par bouquets dans les pelouses du clos normand. C'est le moment de l'année où l'on se rend compte que Monet avait prévu des carrés d'herbe dans son jardin fleuri, comme une respiration entre les massifs, un gazon bien vert sous les arbres fruitiers et à fleurs.
Bientôt les bordures vont devenir si hautes et si éclatantes qu'on ne remarquera plus les carrés de pelouse. Ce sera le moment de les oublier, quand les longues feuilles du narcisse se dessèchent peu à peu, le temps que le bulbe fasse des réserves pour l'année prochaine.
Ce billet, écrit à 15:46 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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lundi 5 janvier 2009
Il neige. Vous me direz, l'évènement n'en est pas un : on doit friser les trois centimètres à peu près.
J'en entends déjà qui rigolent doucement du côté du Québec, comme cette dame charmante qui me racontait la saison dernière ses quatre mètres de neige, la lassitude que l'on éprouve à pelleter tous les matins devant sa porte et les problèmes rencontrés quand les parcs à neige sont pleins.
Des parcs à neige ! J'ouvrais des soucoupes. Voilà un équipement qui n'existe pas chez nous, où pourtant on s'y connaît en matière de parcs, des parcs à huîtres aux parcs à thèmes.
On a la neige modeste en Normandie. Et fugace.
Dès que le sol cesse d'être visible sous le tapis, il faut se précipiter pour faire des photos. On est chez Monet, et l'effet ne dure qu'un instant ! Voici donc son jardin sous la neige tel qu'il se présentait cet après-midi, alors que les flocons tombaient encore. Reconnaissez-vous le clos normand avec l'allée aux rosiers et la maison rose cachée derrière les ifs ? Un nuage a avalé la colline.
A voir le jardin aussi nu, aussi froid, cela paraît extraordinaire de penser qu'il redeviendra cet hymne aux fleurs et à la couleur dans quelques mois à peine.
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dimanche 21 décembre 2008
L'automne est la saison où l'aspect pictural des jardins de Monet se manifeste le plus.
Les floraisons à leur apogée émiettent de petites taches de couleurs pures à la manière pointilliste.
Contrairement aux tapis colorés des tulipes, à l'opulence des roses et des pivoines, les fleurs d'automne s'épanouissent en gros bouquets qui compensent la petitesse des corolles par leur multitude.
Dans ce recoin du clos normand on reconnaît des mauves au premier plan, et puis des cosmos, des gauras, des tabacs, des phlox, des sauges...
Elles n'ont jamais autant de volume qu'à l'arrière-saison, en septembre ou en octobre, et elles offrent cette sensation délicieuse d'avancer dans une mousse de pétales vibrante de lumière.
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vendredi 10 octobre 2008
Mon interlocutrice avait l'air de faire la moue, à l'autre bout du téléphone.
-C'est bien, Giverny, en ce moment ? Il reste encore des fleurs dans le jardin ?
Sempiternelle question. Regrettable hésitation. Alors qu'octobre est si incroyablement beau dans les jardins de Claude Monet à Giverny.
Ce n'est pas qu'il reste des fleurs dans le jardin : il en déborde de partout, comme si les massifs qui jusqu'ici tâchaient de les contenir cédaient sous la poussée des asters, des dahlias, des hélianthes. Cela exubère de toutes parts, façon corne d'abondance.
Les fleurs devenues géantes jouent les grandes dames ; elles réveillent chez le visiteur rapetissé des sensations oubliées d'enfance.
A se promener dans le clos normand on se prend de grandes claques de jaune, de rouge, d'orange, de violet, ébloui par un florilège de teintes fauves assemblées en harmonies saisissantes. Quand il fait beau comme ces derniers jours, toutes ces fleurs aux couleurs vives resplendissent dans la chaude lumière d'après-midi et se détachent sur le bleu du ciel.
Mais c'est l'ambiance du matin que je préfère, quand le brouillard de la Seine toute proche baigne Giverny d'une atmosphère irréelle.
Au jardin d'eau, la brume estompe les arbres qu'elle nimbe d'un voile de douceur. On devine, sur l'autre rive, le petit pont japonais sous le grand saule. Il a presque disparu dans cette ambiance grisée qui l'enveloppe.
Devant la maison, les fleurs ne sont jamais aussi belles qu'à ce moment-là, quand elles étincellent d'elles-mêmes, sans l'éclat du soleil.
La stridence de leur couleur se révèle encore davantage dans la lumière diaphane.
Il y a dans ce contraste entre les couleurs claquantes et l'infinie douceur de l'air quelque chose qui touche au coeur comme un chant du cygne, la préscience d'une fin prochaine, une nostalgie qui poigne par inadvertance.
Ce billet, écrit à 21:41 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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samedi 30 août 2008
Une joyeuse profusion règne dans le jardin de Monet en pleine gloire !
Dans ce massif rose l'été a fait fleurir des brassées de cosmos, de phlox, de cléomes, de glaïeuls, et puis aussi des sauges, des lavatères, des mauves...
Tout ce beau monde semble semé à la volée et fait l'effet de cheminer dans une prairie fleurie enchantée, aux fleurs magiquement toutes de la même nuance.
On est loin des buis taillés des parterres à la française, des mosaïques de fleurettes.
Ici les belles jouent des coudes pour gagner leur coin de ciel, comme si de la profusion naissait une certaine confusion, un méli-mélo plein de gaieté.
Le soleil fait chanter les couleurs. Des corolles grandes ouvertes se répandent des parfums à rendre folles les abeilles.
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vendredi 8 août 2008
C'est peut-être le meilleur moment de l'année pour visiter les jardins de Monet à Giverny, plus éblouissants que jamais : tout est en fleur, les Nymphéas bien sûr, les capucines dans la grande allée, les rosiers remontants, les annuelles d'été éclatantes de couleurs.
Mais curieusement chaque année l'affluence marque le pas au début août.
On trouvera plus facilement un banc libre pour s'asseoir à l'ombre au milieu d'une mer de fleurs.
Ce billet, écrit à 09:08 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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vendredi 6 juin 2008
Giverny croule sous les roses. On ne voit qu'elles partout, elles cascadent depuis les supports en forme de parapluies, elles embellissent la façade de la maison de Claude Monet, elles partent à l'assaut des arceaux de la grande allée, des trépieds, des grillages, elles buissonnent, elles grimpent à côté des clématites, elles s'enroulent autour des arbres du jardin d'eau jusqu'à des hauteurs incroyables, elles se fondent dans les massifs au milieu des pivoines et des juliennes...
Il y en a de toutes simples, proches parentes de l'églantine dont elles ont gardé le petit air sauvage, d'autres mousseuses, ou fripées, ou généreuses, des discrètes, des éclatantes.
Les couleurs ? Blanc pur ou crème avec des étamines d'or, rose pâle ou rose vif, rouge sang, jaune tendre, orangé, ou encore d'un mauve violacé étonnant. Certaines sont jaunes quand elles s'ouvrent et deviennent blanches ensuite, comme si la lumière les faisait déteindre.
Et avec tout cela des parfums, des parfums...
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samedi 26 avril 2008
Soudainement le printemps déferle. Pour la première fois de l'année il a fallu aller fouiller dans les gardes-robes d'été, et ce geste avait un goût de fête.
La lumière d'avril a une qualité particulière. Elle pétille, on dirait du champagne.
La douceur de l'air (25 degrés cet après-midi !) et le soleil aguicheur exercent une attraction irrésistible, faisant naître des envies de promenades dans les jardins.
De même qu'il nous précipite hors des maisons, le soleil printanier fait jaillir les feuilles de leurs bourgeons. Il aspire les végétaux hors du sol. Chaque jour les pivoines gagnent en taille et en vigueur, et elles ne sont pas les seules.
Le jardin de Monet resplendit de toute sa beauté de début de saison, éclatant de couleurs dans les massifs, fragile et tendre dans les ramures.
Dans le clos normand les parterres couverts de tulipes, de pensées et de giroflées sont peut-être les plus somptueux de l'année. Plus que jamais les pétales soyeux, satinés ou d'une douceur de velours accrochent la lumière à la manière d'un tableau impressionniste.
Du côté du jardin d'eau quelque chose semble en suspens, comme une promesse.
Le hêtre pourpre a déplié les éventails de ses feuillettes en un éclair. On les voit grossir presque à vue d'oeil depuis le début de la semaine. Elles sont d'un roux pâle mêlé de vert, et n'ont pas encore passé leur brevet de magiciennes.
Les buissons d'azalées bien taillées resplendissent de rouges profonds et d'orange velouté.
Mais on attend toujours que les nénuphars se réveillent, et que la glycine pare le pont japonais de sa délicate étole.
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lundi 10 mars 2008
La maison et les jardins de Monet à Giverny rouvriront dans trois semaines, le mardi premier avril. Ce jour-là, le domaine du maître impressionniste va se réveiller après un sommeil hivernal de cinq mois.
Voici l'aspect du jardin auquel on peut s'attendre à l'ouverture. Des coulées de narcisses à travers des pelouses bien vertes, des tapis de pensées et de pâquerettes éclatants de couleurs, des jacinthes parfumées, des fritillaires intrigantes, les premières tulipes qui pointent dans des parterres bêchés de frais...
Les bancs, tout le jardin tout neuf a l'air d'attendre ses premiers visiteurs.
Ceux qui viendront dès le premier jour aiment les commencements, la plage au mois de juin, l'aurore plutôt que le crépuscule, la neige vierge, les cahiers neufs... Ils aiment se lever à l'heure où tout le monde dort encore, sauf les oiseaux.
Ils seront les premiers cette année à marcher dans les allées bien ratissées, à passer sous la tonnelle du pont japonais où la glycine sera tout en bourgeons.
Le saule, toujours précurseur des autres arbres, balancera ses longues branches emplumées de vert tendre.
A la surface du bassin les nénuphars n'auront pas encore réagi à la nouvelle douceur de l'air.
En avance de quelques jours sur les hirondelles qui laboureront bientôt le ciel normand de leurs socs pointus, les premiers visiteurs allongeront leurs reflets à la surface de l'eau, comme un signal à l'attention des nymphéas.
A Giverny, ce sont les promeneurs qui font le printemps.
Ce billet, écrit à 12:20 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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vendredi 26 octobre 2007
Un matin de brume automnale dans les jardins de Monet :
est-ce l'approche d'Halloween ? Les araignées ont enguirlandé tous les buissons, tous les branchages, à la manière de Christo et Jeanne-Claude.
Les araignées qui ont tissé avec patience toutes ces toiles pensaient jouer un tour aux insectes. Au final ce sont elles qui ont été bien attrapées par le brouillard. Il s'est déposé en milliers de gouttelettes tout au long des fils arachnéens. Les voilà surlignés de perles aux reflets argentés, eux qui avaient l'ambition de passer inaperçus... Les insectes se laisseront-ils encore prendre ?
La masse des gouttelettes a donné une pesanteur nouvelle à la toile d'araignée. Elle pend comme un tissu. Le frêne l'a attrapée du bout des doigts et s'apprête à faire la révérence.
Ce billet, écrit à 18:11 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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samedi 11 août 2007
Tout comme les visiteuses qui se promènent dans ses allées, le jardin de Monet à Giverny a mis sa robe d'été.
Les fleurs de printemps ont quelque chose de fragile et de frêle. Celles d'été d'apparence plus robuste s'étalent dans une luxuriance et une explosion de couleurs, où les camaïeux de jaunes répondent aux dégradés de violets.
C'est beau, les fleurs d'été. Dans les massifs les couronnes de pétales disposés autour d'un coeur règnent en maître, des zinnias aux hélianthus et aux rudbéckias, en passant par les reines-marguerites, les oeillets d'Inde et les cosmos. Elles alternent avec les fleurs qui s'ouvrent comme de petites bouches, les sauges, les verveines ou les balsamines.
Regarder attentivement une plate-bande givernoise est une leçon de biodiversité. Les jardiniers mêlent tellement de variétés différentes qu'on a tout loisir de s'émerveiller devant l'inventivité de la nature.
Les massifs qui ne dépassaient pas la hauteur du genou au printemps s'étalent maintenant juste sous les yeux. Dans la grande allée, les fleurs se balancent bien au-dessus des têtes, à plus de deux mètres de hauteur. C'est le moment de jouer à cache-cache dans les allées, masqué par les masses de feuillages et de fleurs.
Ce billet, écrit à 21:54 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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dimanche 29 juillet 2007
Dans les jardins de Monet, l'heure des plantes géantes est arrivée. Elle marque le deuxième temps de l'été.
Tout le monde n'est pas encore là, il manque encore beaucoup de fleurs à l'appel, les tournesols, les dahlias géants, les hélianthus, mais les balsamines n'ont pas perdu de temps pour pousser à plus de deux mètres de haut.
A jouer comme cela à qui sera la plus grande, elles ne manquent pas d'attirer l'attention des insectes. Vous aurez remarqué avec quelle détermination ce bourdon fonce vers la balsamine.
Un missile pointé vers son objectif.
Un chercheur d'or en pleine ruée vers l'Ouest.
Un fan d'Harry Potter à minuit une le soir de la parution du dernier tome.
Ce billet, écrit à 14:16 par Ariane dans la catégorie Les saisons de Giverny a suscité :
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