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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

mercredi 20 juin 2012

Des roses à foison

Maison de Claude MonetC'est une année à roses. Dans tous les jardins elles sont plus belles que jamais, elles croulent, débordent, en masses denses aux couleurs délicates ou surprenantes. Chez Monet, celles qui courent sur la pergola devant la maison sont magnifiques. Voilà plusieurs années qu'on ne les avait pas vues aussi généreusement fleuries, ourlant de fleurs roses et blanches la façade de la demeure.
On pourra les admirer toute l'année prochaine dans les foyers de la région vernonnaise : hier soir, les pompiers sont venus en grande tenue faire les photos de leur calendrier. Pour eux, les volets ont été rouverts.
Les services de secours connaissent bien le chemin de la Fondation Claude Monet, où ils interviennent en cas de malaise ou de blessure, ce qui survient forcément vu le nombre de visiteurs. Ils se montrent toujours efficaces et gentils.
Comme à chaque fois que les soldats du feu se déplacent en groupe, pour aller au stade par exemple, le matériel les accompagnait, prêt à servir. Il s'en est suivi un déploiement assez inhabituel de camions rutilants dans les rues de Giverny. Vers 19 heures hier soir, le village s'est offert son micro défilé du 14 juillet.

jeudi 7 juin 2012

Coquelicots

Pavots et coquelicotsAprès les pavots d'Islande, qui ont été les premiers à fleurir en jaune ou en orange, voici le tour des pavots annuels aux délicats tons de rose.

Comme c'est aussi le temps des roses, le jardin de Claude Monet se pare de l'harmonie colorée la plus fraîche qui soit, en rose et vert.

Cette année, les jardiniers ont laissé aussi pousser beaucoup de coquelicots sauvages, et peut-être même bien qu'ils les ont aidés un peu à se ressemer allègrement.
Partout leurs petites têtes rouges apparaissent au milieu du vert des massifs.

Ils réveillent les tons, ils gomment ce que le jardin rose pourrait avoir de trop mièvre.

Coquelicot à Giverny Toutes ces couleurs éclatent sous le ciel humide de Normandie, bien mieux que sous le soleil brillant de la semaine dernière.

Les eremurus, ou lis des steppes, dressent leurs hampes florales blanches le long de l'allée centrale au dessus des derniers alliums.
Parfois, un coup de vent les fait danser.

L'air embaume, les roses bien sûr.

lundi 23 avril 2012

Un oeil neuf

giverny-20-avril-2012Il faut bien viser entre les averses ces derniers jours pour arriver à faire quelques photos du jardin de Monet en pleine floraison des tulipes. Malgré ce temps étrange, comme d'habitude, c'est un enchantement. Et déjà, on peut remarquer les premières modifications apportées par le nouveau chef-jardinier.
James Priest, qui a pris la suite de Gilbert Vahé l'an dernier, a décidé de débuter par les floraisons printanières. "Comme elles ne durent pas longtemps, ce n'est pas grave si on se trompe".
Dans la plus grande partie du jardin, pour le profane rien ne paraît changé. En revanche, dans les massifs qui s'étirent du côté de la serre, la nouveauté saute aux yeux.
"C'était le côté le plus faible du jardin, j'ai donc commencé par là."
Difficile de dire le contraire : ces massifs paraissaient longtemps vides et verts, et il fallait attendre mai pour qu'ils présentent un intérêt, au moment des pivoines et des iris.
Le pourquoi de la chose ? Il est assez étonnant. Le plan des floraisons du jardin, présidé par le premier conservateur et restaurateur de la propriété, Gérald van der Kemp, n'aurait jamais été terminé. Peut-être parce que, dans l'esprit de l'académicien, cette zone ouest était dévolue à la pépinière, et ne faisait pas vraiment partie du jardin à visiter. Ou parce qu'il habitait le deuxième atelier, et ne tenait pas à attirer les promeneurs sous ses fenêtres. Quelle qu'en soit la raison, l'habitude avait été prise de floraisons moins travaillées qu'ailleurs.
Giverny, 23 avril 2009 Tout l'intérêt d'un oeil neuf est de venir bousculer les habitudes. "Voilà dix ans que Gérald van der Kemp est mort !" se justifie James Priest, qui sait qu'il marche sur des oeufs dès lors qu'il touche à l'oeuvre de ses prédécesseurs. L'héritage est imposant, énorme, qu'il s'agisse du génie créateur de Claude Monet, de l'énergie inspirée de Gérald van der Kemp, ou du talent artistique et technique de Gilbert Vahé, en poste depuis trente-cinq ans.
En récupérant ce jardin iconique, à la réputation planétaire, le premier souci du nouveau chef-jardinier est de le faire perdurer. Ensuite, de voir ce qui peut éventuellement être encore amélioré.
Pour y poser sa première touche, James Priest est reparti de la base : il a étudié les toiles de Monet, sa façon de juxtaposer les coups de pinceaux, de marier les couleurs. Giverny, côté ouestPuis il a choisi les variétés de fleurs dans les tons du couchant, en privilégiant trois sortes de grosses tulipes, pour plus d'impact visuel.
"J'ai organisé les massifs de façon à avoir une symétrie de chaque côté des allées, explique-t-il. On est contraint par les rangées d'iris, il n'y a pas beaucoup de place pour travailler les couleurs."
Le résultat est convaincant, très Monet. Les bordures sont devenues chatoyantes, et, si elles sont plus simples que celles qu'on peut admirer ailleurs dans le jardin, elles sont faites pour être vues de loin.

Photos 1 : 20 avril 2012. Photo 2 : 23 avril 2009. Les tulipes jaunes n'ont pas été reconduites les années suivantes. Photo 3 : 25 avril 2012.

jeudi 5 avril 2012

Un air de printemps

GivernyPremière semaine d'ouverture à Giverny.
Les jonquilles et les narcisses ensoleillent les pelouses. Ils sont plantés si serrés qu'on dirait des bouquets dans des vases.
Tout autour, des gazons tout neufs se dépêchent de verdir. Certains sont ressemés chaque année, bien avant que les pâquerettes et les pissenlits ne les envahissent pour en faire des pelouses.
De gros bourdons sont en campagne.
Les pensées alignent leurs minois colorés au ras du sol, graciles malgré leurs têtes démesurées.
Les coussins jaunes des primevères communes sont fidèles à leur rendez-vous printanier.
Il pleut déjà des pétales de cerisiers fleurs, tandis que d'autres arbres fourbissent encore les leurs.
L'allée centrale laisse admirer son gravier blanc ratissé en jardin zen.
Les bancs repeints de frais ondulent sous le paulownia.
Les jardiniers arrosent les massifs, déjà, le printemps est si sec cette année encore à Giverny.
Dans le jardin d'eau, les premières feuilles de nymphéas montent des profondeurs, violettes. La photosynthèse les fera verdir sur le dessus.
Les promeneurs jouent à cochon pendu dans le reflet du pont.
Des enfants de maternelle passent, attentifs et graves, en se tenant la main.
Les feuilles des érables du Japon déplient lentement leurs éventails, défi à la patience de qui voudrait surprendre leur mouvement.
Les rameaux de saule déjà fournis balancent leur vert délicat.
La première grenouille ose un premier couac.
Dans les ramures, les oiseaux chantent un air de printemps.

mardi 17 mai 2011

La roseraie de Monet

Roseraie à GivernyC'est un des coins du jardin de Monet les plus agréables en ce moment : la petite roseraie située à gauche de la maison du peintre est en pleine floraison, en même temps que les rhododendrons et les seringats. Des cascades de fleurs blanches ou roses dégringolent des arbustes et des buissons, mêlant leurs fragrances printanières.
Au bout de la roseraie, le premier atelier de Monet ouvre sa verrière sur ce spectacle, qui s'offrait à l'identique à la mi-juin l'année dernière.
Peu de visiteurs viennent faire un tour dans cette petite allée à l'écart, où un banc amical permet d'admirer à loisir les fleurs et les arbres en espaliers.
Le clos normand s'entoure ici d'un mur très haut, car le jardin de Monet est en contrebas de la rue en raison de la pente de la colline.
Bien protégés des vents, exposés plein sud, les rosiers trouvent ici des conditions idéales pour s'épanouir.

lundi 11 octobre 2010

Fleurs géantes

Fleurs géantes dans le jardin de Monet à GivernyC'est en toute fin de saison qu'il faut venir à Giverny pour éprouver une impression de gigantisme. Les fleurs d'automne atteignent des hauteurs vertigineuses, loin au-dessus des têtes des visiteurs.
C'est toujours étrange de se promener au milieu de végétaux aux proportions inhabituelles, qu'il s'agisse de séquoias, de fougères arborescentes ou, comme chez Monet, de fleurs de jardin.
On se tord un peu le cou pour regarder les têtes colorées qui se balancent là-haut dans la brise, dahlias, asters, et toutes les déclinaisons possibles du tournesol.
Les tiges démesurées rapetissent les humains. Sûrement les fleurs s'amusent entre elles, elles se chuchotent "Chérie ! J'ai rétréci les visiteurs !"
On est Alice au Pays des Merveilles dans sa version lilliputienne. On s'attend à quelque rencontre surprenante au prochain détour.
On ne verra pas de chat au sourire énigmatique, non, mais tout de même un spectacle magnifique, celui de la grande allée éblouissante de couleurs.
" C'est le bouquet final du feu d'artifices !" se sont exclamé les charmantes personnes que j'accompagnais hier.
On ne saurait mieux dire.

samedi 19 mai 2007

Rose simple

Rose simple dans le jardin de Monet à GivernyMonet préférait les fleurs simples, c'est-à-dire avec une seule rangée de pétales, aux fleurs doubles froufroutantes de pétales bien serrés.
Parmi toutes les roses qui fleurissent cette semaine à Giverny, il s'en trouve beaucoup qui ressemblent à celles-ci.
Ces variétés simples sont proches de l'églantine sauvage, l'aïeule de tous les rosiers. En mai l'églantine étale ses fleurs aux délicates teintes nacrées le long des chemins, leur offrant pendant quelques jours des allures de jardin.
Réciproquement, accueillir des roses simples dans un jardin de fleurs lui donne aussitôt un je ne sais quoi de rustique qui rappelle les chemins creux.
C'était peut-être l'effet que recherchait Monet à Giverny, un côté naturel un peu sauvage, un peu campagne, qui cadre avec le lieu et l'amour du peintre pour les paysages de Normandie.

jeudi 19 avril 2007

Bleu et jaune

Plates-bandes bleues et jaunes dans les jardins de Monet à GivernyL'association du bleu et du jaune est une des combinaisons de couleurs préférées de Monet.
L'exemple le plus frappant en est sa salle-à-manger entièrement peinte en jaune pour mieux faire ressortir le bleu des estampes japonaises, de la vaisselle et de la cuisine qui s'ouvre juste à côté.
On retrouve l'association du bleu et du jaune dans de nombreux tableaux de Monet, par exemple Le jardin de l'artiste à Vétheuil où il place des tournesols lumineux entre l'azur du ciel et des poteries chinoises bleues.
Rien d'étonnant donc à retrouver souvent ces deux couleurs dans son jardin. Ce sont elles qui créent une unité visuelle d'un côté du clos fleuri à l'autre.
Leur association se fait par mise en parallèle, le bleu et le jaune sont placés dans des parterres voisins mais ne sont en général pas mélangés dans le même.
Les couleurs sont déclinées en tons voisins dans une unité chromatique. C'est l'oeil qui les rapproche avec le recul de la distance.
Clin d'oeil à cette association du bleu et du jaune, certaines pensées unissent les deux couleurs.

jeudi 12 avril 2007

Plate-bande impressionniste

Jacinthes et penséesVoici la première plate-bande qui accueille les visiteurs de Giverny, à grand coup de couleurs et de parfums.
Un des principes de composition du parterre que l'on retrouve un peu partout dans le jardin, est d'associer des fleurs de couleurs proches mais de formes et de textures différentes. L'effet est le même que celui produit par la juxtaposition de touches de couleurs voisines sur la toile, une vibration lumineuse d'autant plus sensible qu'on s'éloigne.
Les petites pensées roses et violettes font penser au geste de Monet cueillant du bout du pinceau deux couleurs sur sa palette pour les déposer d'une même touche sur la toile.

mardi 3 avril 2007

Vidéo des jardins de Monet

Voici mon lieu de travail... Le temps est réellement printanier depuis l'ouverture dimanche dernier. Douceur et ciel bleu, les oiseaux chantent, les jacinthes embaument et les narcisses se balancent dans le vent...
Quel bonheur d'être guide, de faire partager ma passion pour Claude Monet !

dimanche 25 mars 2007

Projet de jardin

Jardin de peintre, le jardin de Claude Monet à GivernyA quoi ressemblera le jardin cette année ? La question est encore d'actualité pour beaucoup de jardiniers. A Giverny en revanche, voilà bien longtemps que les plantations sont planifiées : la maison de Claude Monet et ses jardins ouvrent dans une semaine. Comme chaque année, l'équipe de la Fondation Monet aura accompli un tour de force en préparant la floraison de dizaines de milliers de fleurs.
Aucun particulier ne peut rivaliser avec les moyens déployés ici, et c'est parfois un peu déprimant de retrouver son modeste jardin après avoir vu les splendeurs de Giverny. Pour se consoler, il faut se dire que Monet n'a pas créé son univers en un jour. Il lui a fallu beaucoup de temps et d'efforts, près d'un demi-siècle, pour parvenir à la perfection formelle que nous admirons aujourd'hui.
Claude Monet a vécu quarante-trois ans à Giverny, une longue période qu'on peut diviser en quatre étapes.
Monet a d'abord été locataire pendant sept ans avant d'acquérir en 1890 la propriété dont le terrain se résume à l'actuel Clos Normand. C'est un verger agrémenté de parterres entourés de buis taillés et traversé par une sombre allée d'épicéas. Les premières années ne connaissent que des transformations légères. Une partie du jardin est dévolue au potager, où la famille se dépêche de planter des légumes pour sa subsistance. Les enfants sont chargés d'arroser en tirant l'eau du puits. Monet sème ses premiers massifs de fleurs.
Devenu propriétaire, le peintre fait bâtir sa première serre pour les orchidées et les plantes exotiques. Sa situation financière s'améliore. En 1892 il est en mesure d'embaucher un chef jardinier bientôt secondé par cinq aides.
En 1893, Monet achète une bande de terrain de l'autre côté de la route et fait creuser un premier bassin aux nymphéas, bassin redessiné en 1901 après l'achat d'une parcelle voisine.
Dernière étape en 1911, après les inondations catastrophiques de 1910, Monet fait agrandir le bassin et transforme son jardin d'eau. Cela fait vingt-huit ans qu'il est arrivé à Giverny.

samedi 16 septembre 2006

Fleurs de fin d'été

la maison de Monet et son jardin en septembreDans le jardin de fleurs de Claude Monet, à Giverny, les vivaces et les annuelles sont à l'apogée de leur croissance.
C'est la saison du gigantisme. Certains dahlias se hissent à deux mètres de haut, en compétition avec les soleils, dont le jaune illumine le jour le plus morne.
Les premiers asters fleurissent en masses de couleur, aux côtés des anémones du Japon. Les cosmos d'un rose tendre affichent la couleur exacte des murs de la maison.
Le dessin des plates-bandes disparaît sous la profusion de fleurs de toutes tailles, dans un enchevêtrement végétal qui noie les contours. On pourrait jouer à cache-cache dans les allées sans même avoir besoin de se baisser.

lundi 21 août 2006

Feuillage panaché

Saxifrage Philadelphus Snowflake et pelargonium panaché, fondation Monet, GivernyC'est un coin des jardins de Monet où presque personne ne va : à droite de l'allée des tilleuls, derrière la verrière du salon-atelier, une zone ombragée forme une impasse. La floraison y est pourtant aussi raffinée qu'ailleurs.
Quelle délicatesse dans cette harmonie verte, ce petit tapis de feuilles vertes frangées de blanc ! Un jardinier a pensé que ce serait bien de rappeler ces tons dans la potée de pelargoniums qui prendrait place à côté.
C'est l'un des petits bonheurs que réserve la visite dans les jardins de Monet, à condition de prendre son temps, tranquillement. Si on va trop vite, on sentira l'harmonie d'ensemble, mais on risque de passer à côté des détails.

Peut-être qu'on apprécie mieux la peinture quand on peint soi-même, et peut-être qu'on comprend mieux toutes les subtilités de la composition d'un jardin quand on est expert en jardinage. La maîtrise de l'art apprend à voir. Pour tous les autres qui n'ont pas cette chance, la compréhension soudaine de l'intention qui a présidé à un arrangement donne un instant de joie.
J'aime bien, derrière les fleurs, entrevoir l'être humain qui les a pensées.

samedi 19 août 2006

Un jardin grandeur nature

papillon dans le jardin de Monet à GivernyL'image ne rend que partiellement compte du côté paradisiaque du jardin de Monet à Giverny.
Par une chaude journée d'été, les fleurs exhalent tous leurs parfums. Hmmm ! Leur fragrance invite à de grandes inspirations extatiques...
Les humains ne sont d'ailleurs pas les seuls à qui les senteurs fleuries font tourner la tête. Des dizaines de petits papillons voltigent autour des buissons de phlox et dans les allées bordées de lavande.
De gros bourdons patauds prennent leur envol, les poils des pattes jaunis de pollen. Du côté de l'étang, les libellules zigzaguent au ras de l'eau. Sous la surface, on devine le glissement des carpes.
Les grands arbres qui entourent le bassin aux nymphéas sont le royaume des oiseaux, qui se manifestent en un concert désordonné et joyeux.
Le vent balance les branches des saules, fait frémir les feuilles des peupliers. Va-t-il pleuvoir ? L'averse tambourinera sur les plantes et dans les allées, les gouttes picoteront la surface de l'étang, la pluie ruissellera dans toutes les rigoles.
On a dit du jardin de Monet que c'était "un tableau à même la nature". C'est vrai, Monet l'a composé avec des couleurs et des perspectives comme un tableau. Depuis, la terre, l'eau, le soleil, les plantes en font un coin de nature, qui se moque pas mal d'être un tableau.

mardi 1 août 2006

Massif de géraniums

massif de géraniums et de roses dans les jardins de Monet à Giverny La photo numérique ci-contre, prise cet été devant la maison de Monet à Giverny, me fait penser à l'autochrome de 1923 ci-dessous. Le peintre se trouve dans son jardin, entre deux massifs de fleurs. Sa main qui tient la cigarette reste en suspens pendant le temps de pose prolongé.
On possède plusieurs photos couleur des jardins de Monet. Elles ont le charme inimitable des autochromes, un procédé inventé par les frères Lumière au début du siècle pour capturer la couleur sur des plaques de verre recouvertes de fécule de pomme de terre.
A gauche de Monet, des rosiers taillés en arbres dominent un massif de géraniums (ou de pélargoniums si vous préférez). A droite, des tuteurs de bois servent de support à des plantes grimpantes rouges, sans doute des haricots d'Espagne. A leur base s'étend un massif de pélargoniums roses et rouges bordé de plantes à feuillage gris, peut-être des oeillets.
Monet dans son jardin à Giverny vers 1923, autochromeQuand, à la fin des années 70, il a fallu recréer les jardins retournés à l'état de friche, les jardiniers se sont appuyés sur les photos d'époque, les souvenirs des visiteurs contemporains et des documents d'archives. On peut voir ici avec quelle fidélité l'esprit des jardins de Monet a été restitué.

jeudi 27 juillet 2006

Jardinier à Giverny

vivace d'été, la salicaireEn me promenant dans les jardins de Monet à Giverny, je me suis arrêtée longuement devant la grande allée pour détailler les plantations. Sur la droite, les masses de couleur les plus importantes étaient données par une fleur que je ne connaissais pas. J'étais embêtée : comment faire pour en parler dans mon billet bi-hebdomadaire sur l'évolution de la grande allée ? J'ai attendu un peu, espérant rencontrer quelqu'un féru de botanique, mais les visiteurs présents ne pensaient qu'à se prendre en photo devant la perspective fleurie.
Je commençais le tour du bassin aux nymphéas quand un monsieur qui marchait devant moi a soudain enjambé la frêle barrière de bambou qui sépare les allées des massifs. J'étais stupéfaite d'un tel culot, jusqu'à ce que le monsieur se mette à parler à un jardinier occupé à l'entretien d'une plate-bande en lui donnant des ordres.
L'occasion était trop belle de demander des éclaircissements sur la fleur mystère au chef jardinier. Je lui décris la plante, son emplacement, et c'est à son tour d'être embêté : "Désolé, je ne vois pas de quelle fleur vous parlez : nous avons chacun notre secteur, je m'occupe du jardin d'eau." Je remerciais déjà, un peu déçue, quand il a ajouté :" Je dois y passer, si je vous retrouve en revenant je vous dirai ce que c'est."
Quelques minutes plus tard, qui vois-je arriver à ma rencontre, tournant autour du bassin dans le sens inverse de la visite ? Notre chef jardinier, qui me donne la clé de l'énigme de la fleur mystérieuse : il s'agit d'une vivace, la salicaire.
Je suis confondue de tant d'obligeance. Quelle passion anime cette poignée d'hommes qui réalisent jour après jour l'exploit de faire de ce lieu un jardin extraordinaire !
Leur passion se lit dans les massifs, composés avec une infinie recherche, puis entretenus avec sollicitude. Les jardiniers de Giverny sont des virtuoses à qui on a confié un Stradivarius : le domaine créé par Monet. Sur cet instrument enchanté, ils jouent d'infinies variations, avec la contrainte de garder un jardin merveilleusement fleuri tout au long des sept mois d'ouverture.
Non contents de réussir quotidiennement ce tour de force, ils restent sensibles à l'intérêt et à l'admiration des visiteurs. Je ne dis pas qu'il faut les accabler de questions et les empêcher de travailler. Mais que les jardiniers soient aimables, c'est aussi l'un des charmes de Giverny.

vendredi 9 juin 2006

Rosier grimpant

Rosier grimpant dans le jardin de MonetUne harmonie de fin de printemps règne en ce moment à Giverny. Le jardin fleuri qui s'étend devant la maison de Monet est éblouissant de couleurs.
Les rosiers grimpants savamment taillés et conduits en arbres, en arceaux, en tonnelles, en haies, déversent leur pluie de fleurs, en écho aux pivoines, leurs cousines des plates-bandes.
Les supports des clématites maintenant défleuries s'illuminent à nouveau de la floraison des roses.
Les variétés sont choisies pour s'échelonner. Alors que certaines resplendissent, d'autres, couvertes de rangs serrés de boutons, promettent des délices futures.
C'est une des caractéristiques du jardin de Monet. Le coeur tressaille devant le spectacle qui constitue le clou du moment, la glycine au-dessus du pont japonais, l'allée des iris, les rideaux de clématites, les rosiers-arbres... Mais en même temps, on a toujours l'impression d'arriver trop tôt ou trop tard pour quelque chose.
Le goût de la collection propre à Monet devient une nécessité pour donner à voir tout au long des sept mois d'ouverture. Si bien que pour admirer toutes les roses, ou tous les iris, il faudrait venir chaque semaine tout au long de leur période de floraison.

samedi 13 mai 2006

Maison caméléon

Le ciel était un peu laiteux ce matin. La réverbération du soleil sur les ardoises de la maison de Claude Monet à Giverny fait disparaître le toit.
Avec les murs couverts de vigne vierge, le massif de tulipes qui reproduit le rose du crépi, la maison a l'air de faire partie du jardin, de s'y fondre comme un végétal plus gros que les autres.
Cela ne trompe l'oeil qu'un instant, jusqu'à ce que le regard s'arrête sur le fronton triangulaire et son oeil de boeuf. C'est ce petit détail d'architecture qui donne la clé de l'image.
En peinture, le titre de l'oeuvre joue parfois ce rôle. Dans le bol de lait de Bonnard, la lumière attire l'oeil vers la fenêtre ensoleillée, comme si cela devait être l'essentiel du tableau, mais le titre décode ce qui se joue dans l'ombre de la pièce, la femme et son bol, et le chat qui attend.


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Ariane.

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