jeudi 11 septembre 2008
Dipladenia ou encore displadenia, comme on disait autrefois, ce n'est pas très facile à retenir mais cela sonne bien, quelque part à mi-chemin entre le diplodocus et le gardenia.
Il vaut mieux ignorer l'origine de ce nom de dipladenia qui serait tiré du grec diplos aden, double glande. Avouez que cela manque furieusement de poésie d'aller examiner cette plante dans ses parties intimes, l'ovaire en l'occurrence, pour lui attribuer un nom.
C'est fort joli, un dipladenia, avec ses feuilles luisantes qui rappellent celles des lauriers et ses fleurs en entonnoir rouges, roses ou blanches.
A Giverny un dipladenia monte la garde à l'entrée de la maison de Monet, planté dans l'un des gros pots chinois bleus où le peintre aimait faire pousser des belles frileuses.
Car autant le dire tout de suite, le dipladenia n'est pas de chez nous. Les auteurs ne sont pas tous d'accord sur son origine exacte, placée tantôt en Bolivie, tantôt au Brésil ou en Amérique centrale. Mais ils s'entendent à propos des exigences de la demoiselle, de la chaleur et de l'humidité.
Que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur, il est bien difficile de satisfaire de tels caprices à moins de disposer d'une véranda ou d'une serre. L'humidité, on n'en manque pas en Normandie, mais elle ne rime pas avec chaleur, et dans les maisons il fait bien trop sec.
Il faudrait habiter la Californie pour cultiver facilement les displadenias. Mais là-bas, il ne fait pas assez froid en hiver pour voir fleurir des tulipes au printemps. On ne peut pas tout avoir, et les bignones plus accommodantes ont bien du charme aussi.
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jeudi 17 juillet 2008
Que nous cultivions les volubilis ou ipomées, voilà encore une de ces bizarreries de chez nous qui étonnent les visiteurs venus de l'autre côté de la terre.
Tout comme les agapanthes qui poussent comme du chiendent en Australie, les volubilis sont considérés comme des pestes aux antipodes.
De jolies mauvaises herbes, comme peut l'être notre liseron, mais qu'on ne se risquerait pas à inviter chez soi de crainte de ne plus jamais s'en débarrasser.
Les jardiniers de Giverny n'ont pas ce genre d'inquiétudes. Ils savent qu'ils ne courent aucun danger d'être envahis par les ipomées.
Nous avons pour contrer la volubilité des volubilis une arme fatale : l'hiver. La belle grimpante ne résiste pas à nos gelées.
Il faut la replanter tous les ans à la belle saison, moyennant quoi elle ne tarde pas à partir à l'assaut de tous les supports qu'on veut bien lui fournir, et se garnit bientôt de corolles bleu nuit au centre desquelles rayonne un coeur tout blanc comme une lune.
Celles-ci ornent la pergola aux glycines du Musée d'Art Américain de Giverny, on peut aussi en voir chez Monet accrochées aux supports des clématites.
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jeudi 15 mai 2008
En ce moment on voit enfin à quoi Monet voulait en venir en construisant les supports métalliques qui dominent la partie Est de son jardin fleuri.
Des clématites à petites fleurs en tombent en rideaux fleuris au-dessus de votre tête. D'autres variétés à grandes fleurs s'élancent à leur rencontre le long des pieds des portiques.
On retrouve la sensation de se promener sous des grappes de fleurs que l'on éprouve quand on se trouve sur le pont japonais, environné de toutes parts par les glycines.
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samedi 12 janvier 2008
Malgré les apparences ceci n'est pas un arbre, c'est une liane. Au fil des ans le lierre a entièrement recouvert le pan de mur en ruine qui lui sert de support dans le parc de l'abbaye de Mortemer.
Arrivé au sommet, il n'avait plus nulle part où aller. Le lierre s'est alors dit que c'était le moment de se reproduire et il s'est mis à faire des fleurs. De nombreuses plantes sont ainsi, elles attendent d'être dans une impasse pour fructifier. Sinon, tant qu'elles ont de la place pour s'étaler, elles s'étalent. Finis ta croissance d'abord, leur a répété leur maman.
Rien de plus banal que le lierre, il y en a partout, en ville et en forêt, dans les vergers et jusqu'en bord de mer. Le lierre a été, il est et il sera. C'est une formule qui marche : il nous vient de l'ère tertiaire. D'accord, par rapport à la prêle ou aux fougères, c'est avant-hier, mais c'est tellement avant nous qui sommes arrivés il y a cinq minutes...
En ce temps-là rien n'était comme aujourd'hui. Il faisait doux et humide l'hiver, très chaud et très sec l'été. Dans sa grande sagesse le lierre a donc décidé de faire ses fruits en hiver, parce que cela demande un minimum de pluie de fabriquer des baies, voyez-vous. Il faut se mettre à sa place.
Depuis je ne sais pas si le lierre s'est aperçu que le climat avait varié. Ou s'il aime tellement la tradition qu'il n'a pas envie de changer ses bonnes vieilles habitudes pour si peu. Il continue à fleurir à l'automne, ce qui fait le bonheur des abeilles, et ses baies sont mûres à point au tout début du printemps, ce qui arrange bien les oiseaux.
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mercredi 24 octobre 2007
A Giverny, la maison de Claude Monet et ses voisines sont couvertes de vigne vierge. En ce moment ce manteau vient de virer au rouge, ce qui leur donne quelque chose du Père Noël.
Il y en a de toutes sortes, des vignes vierges vraies et fausses, à crampons, à vrilles, soigneusement taillées ou un peu envahissantes.
La vigne vierge fait aux maisons le pelage des caniches, avec toilettage obligatoire plusieurs fois par an. Mais quel luxe de leur offrir cette flamboyante parure végétale !
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samedi 29 septembre 2007
Bignone rime avec mignonne, et c'est justice : cette grimpante est une des plus jolies qui soient, doublée d'un caractère conciliant, ce qui ne gâte rien.
A Giverny, celle-ci pousse sur la clôture du jardin de Monet le long de la route, en plein soleil : la seule exigence de la belle est d'être bien exposée au sud. Moyennant quoi elle s'élance à l'assaut des supports au rythme d'un mètre par an au moins, et produit de pleins bouquets de trompettes aux teintes cuivrées jaune, orange ou rouge.
Groupées comme ici, on dirait d'anciens avertisseurs pour voitures automobiles, ou des gramophones en miniatures prêts à chanter ses mérites.
La renommée de ces joyeuses trompettes a eu le temps de se répandre depuis que cette native d'Amérique a traversé l'Atlantique sous Louis XIV. Son nom dérive de celui de Bignon, bibliothécaire du roi.
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jeudi 19 juillet 2007
Avez-vous déjà vu des kiwis "dans l'arbre" ? Ils sont les fruits d'une longue liane qui accepte de produire sous le climat normand. Ceux-ci poussent dans un coin du jardin de Monet à Giverny, et je suis sûre que presque tous les visiteurs repartent sans les avoir vus. Ils ombragent la petite ruelle Leroy qui dévale à droite de la maison depuis la rue Claude Monet.
La floraison printanière est jaune, de grosses fleurs parfumées qui bourdonnent d'insectes pendant quelques jours. Puis, avant qu'on ait eu le temps de faire ouf, arrivent les fruits duveteux. Ceux de chez Monet deviennent moins gros que les maousses de Nouvelle Zélande, mais ils sont très bons m'a-t-on dit. On les récolte en septembre et on les laisse mûrir à l'intérieur encore quelques jours, avant de les déguster et de faire le plein de vitamines en prévision de l'hiver.
Bon d'accord, j'entends d'ici les grincheux, qu'est-ce que ces kiwis viennent faire dans un jardin qui se veut une restitution du 19ème siècle ? Mais voyons, c'est pour faire plaisir à Monet. De là-haut, sûr qu'il se félicite de cette initiative. Gourmand et fin jardinier comme il était, fanatique de plantes exotiques, cela ne fait pas de doute qu'il aurait aimé les accueillir dans son jardin, histoire d'épater son monde.
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mercredi 9 mai 2007
Comme tous les visiteurs s'y arrêtent pour admirer le point de vue sur l'étang aux nymphéas et se prendre en photo (Monet le faisait déjà), le pont japonais du jardin d'eau de Giverny est souvent noir de monde. Mais il suffit de lever les yeux et on ne voit plus que les glycines, encore plus belles quand leurs longues inflorescences sont traversées par la lumière du soleil.
Si vous trouvez cette image un peu petite, allez voir en grand la glycine mauve et la glycine blanche de Monet à Giverny.
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jeudi 26 avril 2007
Dans le jardin d'eau de Monet à Giverny, deux glycines ornent le pont japonais qui enjambe la rivière. A l'autre extrémité du bassin, une glycine ancienne leur fait pendant.
Elle revient de loin. Très exactement du fond du bassin.
Le pied de glycine avait fini par tomber dans l'étang, qui s'est peu à peu comblé après la mort du maître des lieux.
Au moment de la restauration du jardin, à la fin des années 1970, on a réussi à sauver la glycine plantée par Monet en la tirant du bassin avec une grue.
Son tronc a disparu, il n'en reste plus que l'écorce. Et pourtant, malgré son grand âge, elle fleurit toujours généreusement à chaque printemps.
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dimanche 17 septembre 2006
Des corolles bleu ciel qui se détachent sur un fin feuillage vert pâle, aux feuilles en forme de coeur : à la fin de l'été, les ipomées donnent joyeusement l'assaut à n'importe quel support. Ici, elles encadrent avec poésie la porte d'entrée de la maison de Monet à Giverny.
Les volubilis se retrouvent ailleurs dans le clos normand, la partie la plus fleurie du jardin. Les grandes armatures métalliques qui servent de support aux clématites, puis aux roses, et forment de spectaculaires rideaux de fleurs au printemps, connaissent une troisième floraison, plus discrète, avec le velours profond des volubilis qui s'enroulent sur les piliers. Les corolles se déclinent en violets et pourpres, poudrés de pollen pâle laissé par le passage des insectes sur les étamines.
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lundi 3 juillet 2006
Une séduisante sirène sous la fenêtre de la chambre de Claude Monet, à Giverny : ce rosier à fleurs simples, jaune pâle, se nomme Mermaid (sirène en anglais). Il devait plaire beaucoup au maître des lieux pour avoir droit à cet emplacement privilégié.
Tout le long de la terrasse, des rosiers grimpants s'appuient sur des armatures métalliques placées le long de la balustrade, formant une guirlande fleurie à la maison.
Ce n'est pas vraiment une pergola, il manque les croisillons qui formeraient le toit de verdure. Mais vus du jardin, les rosiers grimpants qui courent devant la maison en donnent l'illusion.
Les murs en eux-mêmes sont recouverts de vigne vierge. Ils flambloieront à l'automne, quand les roses seront passées.
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