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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

lundi 30 juillet 2012

Rien de nouveau sous la lune

Allée principale du jardin de Monet, GivernyAu pied d'un massif violet où dominent les dahlias, les glaïeuls et les lis, un coussin de capucines orange vient apporter la couleur complémentaire. Bientôt, les fleurs tapisseront toute la surface de l'allée. L'effet est attendu des habitués de Giverny. Mais cette année quelque chose a changé.
Au lieu de la masse verte des feuilles de capucines d'où émergent tout au bout les fleurs éclatantes, comme le montrent les photos des dernières années, voilà que les corolles des capucines ont pris le dessus cet été. On ne voit qu'elles, chatoyantes de différents tons d'orange.
De plus, on sent que la plante n'en a plus pour très longtemps avant d'avoir envahi toute l'allée. La rencontre des deux rangées se fera plusieurs semaines plus tôt que l'an dernier.
Quelle est l'explication de ce mystère ? Le chef-jardinier m'a donné une partie de la clé de l'énigme : les capucines ont été plantées plus tôt cette année. Au lieu d'être semées en place, elles ont été démarrées en serre et repiquées, pour gagner quelques jours d'avance de végétation.
Mais ceci ne suffit pas à expliquer l'abondance des fleurs. Et ce n'est pas la météo fraîche et pluvieuse qui en est responsable non plus.
Alors ? Quand on a épuisé toutes les hypothèses, toutes choses égales par ailleurs, il reste à envisager l'influence du calendrier lunaire.
Au terme de siècles d'observation empirique, les jardiniers ont remarqué que certains jours sont plus favorables que d'autres pour favoriser la croissance des fleurs, ou au contraire des feuilles, des racines ou des fruits.
A la Fondation Monet, on ne jardine pas avec la lune, mais il n'est pas impossible que les capucines de la grande allée aient été semées et repiquées par hasard les jours ad hoc. Ce sera difficile à vérifier, car les dates des semis ne sont pas enregistrées au jour près. Mais cela vaudrait la peine de respecter le calendrier lunaire l'an prochain. Juste pour voir si on obtient le même résultat splendide.

lundi 12 septembre 2011

Une allée de capucines

Giverny, la grande allée du jardin de MonetD'ici quinze jours, voici l'aspect qu'aura la grande allée du jardin de Monet à Giverny : un tapis de capucines avec deux côtés verts et une rivière orange au milieu. La pente du terrain accentue cette illusion de rivière, on a l'impression que les fleurs coulent et s'en vont remplir le bassin aux Nymphéas, de l'autre côté de la route.
Cet effet, l'un des charmes d'octobre à Giverny, est la récompense de six mois de patience et de travail.
Dès le mois d'avril, les capucines sont semées en place. Tous les dix centimètres, au milieu des myosotis, les jardiniers enfouissent une graine grosse comme un petit pois à deux centimètres de profondeur, après l'avoir fait tremper plusieurs heures.
Puisque c'est la rentrée ces jours-ci, un peu de calcul : l'allée centrale mesure 53 mètres de long. Combien de graines de capucines le chef-jardinier doit-il commander pour la garnir de chaque côté ?
Vous avez la réponse ? 53 x 10 x 2 = 1060 graines.
En sachant combien de graines contiennent les sachets de capucines de Lobb, alias Tropaeolum lobbianum, que ce soient les variétés Spitfire ou Lucifer cultivées à Giverny pour obtenir des fleurs de couleur orange, jaune et rouge, on peut calculer le nombre de sachets de graines nécessaires : 27.
Et comme tout cela a un coût, le budget graines de capucines pour l'allée centrale se chiffre à 80 euros environ. L'équivalent de dix billets d'entrée à la Fondation Monet cette année.
Pour parvenir à la poésie, les calculs s'imposent. Le travail aussi. Planter n'est pas tout, il faut ensuite arroser, puis, quand les capucines commencent à pousser et expriment leurs velléités de s'élancer n'importe où, leur expliquer qu'elles doivent se diriger vers le centre de l'allée et nulle part ailleurs.
Dans leur absence de discernement, les capucines partiraient bien à l'assaut des dahlias ou des asters de chaque côté de l'allée. Ce n'est pas du tout ce que l'on attend d'elles.
Les jardiniers surveillent donc leur croissance de près et tirent régulièrement les tiges volubiles vers le milieu du chemin. Pendant quelques heures, les capucines un peu vexées d'être rappelées à l'ordre font la tête, mais elles ne tardent pas à se redresser et à repartir de l'avant.
Enfin, les jardiniers s'imposent une tâche ingrate : couper les feuilles pour qu'on voie mieux les fleurs. A mon humble avis, c'est une corvée dont ils pourraient bien se passer. Les feuilles coupées, ce n'est pas très joli. En plus, elles ne tardent pas à repousser.

jeudi 14 janvier 2010

La grande allée vêtue de blanc

Giverny, Grande allée sous la neige
Dans le jardin de Monet endormi sous ses draps blancs, tout n'est que promesse et espoir.
La vie, bien cachée, attend son heure.
Le long de la grande allée, les vivaces mijotent des départs en flèches, les bulbes sont prêts à lancer leur offensive de couleurs.
Dès que le gel desserrera son étreinte.
La neige, déjà, a fondu aujourd'hui, dévoilant une herbe roussie et humide qui s'ébroue.
Après le coup de froid, il suffira d'un peu de vent tiède pour réveiller la terre, et faire déteindre le rose et le vert de la maison de Monet sur tous les alentours.
Je dédie ce billet à tous les amoureux de Giverny qui vivent au Canada, un pays où l'on en sait long sur le froid et l'attente, sur l'infinie patience de l'hiver.

lundi 12 octobre 2009

La grande allée de Giverny

Grande allée, GivernyDepuis plus d'un mois, les capucines recouvrent la grande allée du jardin de Monet.
Une coulée de fleurs orange serpente sur le gravier, au milieu d'un tapis de feuilles vertes.
Les asters mauves moussent de chaque côté pour le bonheur des abeilles, tandis que les hélianthes continuent de dresser leurs têtes jaunes.
"C'est super joli !" s'exclame-t-on dans toutes les langues.
C'est un peu la carte postale de Giverny en fin de saison, cette allée, et un bel endroit pour se prendre en photo si on aime être dans le cliché.
Environné de toutes parts par les floraisons, avec sa maison à l'arrière-plan, on est vraiment au coeur du décor voulu par Monet.

mercredi 15 octobre 2008

Rivière de capucines

Jardin de Monet à Giverny Il faut venir à Giverny en septembre ou en octobre pour voir la grande allée du jardin de Monet envahie par les capucines.
Les fleurs de tous les tons d'orange apparaissent surtout au bout des tiges, à l'endroit où celles-ci se rejoignent après avoir jailli des massifs de chaque côté de l'allée.
A regarder les fleurs de capucine de près, on remarque leur forme de capuchon qui leur a valu leur nom.
Réunies en grand nombre comme ici elles dessinent une rivière d'une teinte étonnante qui serpente entre deux berges vertes.
La pente légère du terrain accentue l'effet.
Sur les côtés les masses abruptes des dahlias, des asters, des hélianthes et des soleils forment des falaises, figurant des collines creusées par le flot.
C'est, en miniature et en couleurs fauves, le paysage de la vallée de la Seine.

jeudi 17 avril 2008

Fleurs d'avril

grande allee Si vous vous demandez si le jardin de Monet est déjà bien fleuri, voici l'aspect qu'il a en ce moment.
Des flamboiements de tulipes, des collections de pensées de toutes les couleurs imaginables, des giroflées au délicat parfum, des bataillons de narcisses, des scilles, des jacinthes capiteuses, des myosotis bleus blancs roses, des fritillaires spectaculaires, des aubriètes discrètes, des pâquerettes touffues, des cerisiers et pommiers du Japon en pleine floraison, des muscaris, des hellébores, des primevères sauvages et cultivées...
Que celles que j'oublie me pardonnent ! Toutes elles chantent le printemps comme les oiseaux sur les branches. Eux aussi sont tous là, les pinsons, les mésanges, les rouges-gorges... Hier on a entendu le coucou.

dimanche 14 octobre 2007

Douceurs d'automne

GlycineDepuis le pont japonais du jardin de Monet, la grande allée qui s'étend devant sa maison apparaît de l'autre côté de la route, dans l'exacte continuité du pont.
Les fleurs des glycines qui recouvrent la passerelle ont fait place à des gousses de graines. L'une d'entre elles pend comme le battant d'une invisible cloche.
Une visiteuse m'a confié qu'elle aimait bien le toucher duveteux des gousses de glycine. L'automne est prodigue de ces douceurs tactiles, la peau des coings, les épis légers des graminées, l'intérieur des bogues de marrons... La finesse de ces velours étonne le bout des doigts.
Jusqu'à l'air qui se fait ouateux dans la brume matinale, léger et doux dans l'après-midi, pour nous laisser rêver au bord de la saison...

samedi 18 août 2007

Exubérance à Giverny

GivernyA Giverny, la fin d'été dresse des murailles de fleurs dans le clos normand. Les massifs donnent une impression de luxuriance, que les jardiniers s'emploient à canaliser.
Près de la Grande Allée, des roses répondent au ton de la façade. Elles sont d'un rose un peu plus soutenu car plus proche de nous. En peinture, les couleurs vives sont au premier plan, elles sont plus pâles à l'arrière-plan. On retrouve cette même règle dans la composition des massifs de Claude Monet.

mardi 17 juillet 2007

Composition et perspective

Giverny Une route a l'audace de couper les jardins de Monet en deux. Sur la gauche de la départementale 5 quand on vient de Vernon, s'étend le jardin fleuri, sur la droite, le jardin d'eau.
Les touristes s'en étonnent, et pour tout dire s'en offusquent. Comment est-ce qu'on a pu laisser faire une chose pareille ! Qu'est-ce qu'on attend pour la dévier ! Au mieux ils regrettent que le passage des camions vienne troubler la paix du jardin.
La réponse est toute simple : la route a toujours été là. Elle est très ancienne, et portait au temps de Monet un nom qui fleurait bon l'Ancien Régime : le chemin du Roy.
Il n'est pas question de la dévier, le paysage est protégé.

Après avoir aménagé le clos fleuri, Claude Monet a eu l'opportunité d'acheter une parcelle de terrain de l'autre côté de la route, où il a créé son jardin d'eau. Puis il s'est porté acquéreur d'une deuxième parcelle, nettement plus grande, qui lui a permis d'agrandir l'étang aux nymphéas.
La porte du jardin d'eau fait face à celle du clos fleuri. Pour se rendre au bord de son bassin, ce que Monet faisait plusieurs fois par jour, il lui fallait traverser non seulement une route, mais encore une voie ferrée.
Le petit train à vapeur ne gênait guère Monet. Il était si lent qu'on pouvait, dit-on, le héler pour qu'il s'arrête et vous prenne à son bord.
Cette petite ligne de Pacy-sur-Eure à Gisors a disparu depuis, transformée en voie verte sur une partie de son parcours. Disparue aussi, la nécessité de traverser la route, aujourd'hui un passage souterrain permet d'aller d'un côté à l'autre en toute sécurité.

Bref ! Quand Monet a décidé de créer un autre jardin en face du premier, la question s'est posée à lui de réunir les deux visuellement.
J'ai pris une photo de printemps parce que cela se voit mieux, surtout si vous l'agrandissez. Regardez bien au-dessus de la porte du jardin, tout en bas de la grande allée, on aperçoit une glycine mauve en fleur. C'est celle qui recouvre le pont japonais du jardin d'eau. Monet a placé la passerelle exactement dans le même axe que la grande allée. Et le chemin se poursuit par-dessus le pont, à travers la bambouseraie, jusqu'à l'autre extrémité du jardin d'eau.
La peinture est affaire de couleur mais aussi de composition. Cette ligne qui relie les deux jardins en est l'axe fort. Perpendiculaire à la route, elle forme une croix avec elle.

mardi 1 mai 2007

La grande allée du jardin de Monet

La grande allée du jardin de Monet près de ParisLe meilleur moment pour apprécier les jardins de Monet à Giverny, c'est le matin dès l'ouverture, dans la lumière vaporeuse de la vallée de la Seine, ou comme ici, le soir après une journée de soleil, quand les ombres s'allongent et que les jardins se vident. Le ciel perd alors sa teinte laiteuse pour devenir franchement bleu.
Les toutes premières roses grimpantes sont en fleurs sur les arceaux qui enjambent la grande allée, de même que les premiers iris dans l'allée latérale.
La floraison des tulipes touche à sa fin, mais déjà d'autres fleurs se tiennent en embuscade, deux ou trois semaines plus tôt que prévu. Le muguet est bien au rendez-vous du premier mai, mais le manque d'eau l'a empêché de bien pousser.
Dimanche l'orage a fait des siennes. Il a plu pour la première fois depuis un mois, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, mais hélas en plein après-midi, et avec quelques grêlons très désagréables pour les visiteurs.
Aujourd'hui, le soleil est revenu, imperturbable, on se croirait en Provence. Bon d'accord, avec quelques degrés de moins sûrement. Tout de même, quand on arrive dans la fraîcheur du jardin d'eau ombragé de grands arbres, on s'aperçoit qu'il faisait chaud au milieu des massifs du clos normand. Le marchand de glaces à la sortie ne perd pas son temps.


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