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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

samedi 19 janvier 2013

Giverny en vidéo

Qlovis production, Claude Monet, Les années Giverny Si vous avez envie de voir des images animées sur le thème de Monet, quatre vidéos de quelques minutes chacunes viennent d'être mises en ligne sur YouTube. Elles sont signées Qlovis Production et vous entrainent du Havre à la gare Saint-Lazare, de Vétheuil à Giverny.
Patrice Velut, le réalisateur, affirme qu'il a puisé dans Giverny News un peu de son inspiration. Il a en tout cas tourné de très belles images, comme le lever de soleil sur le port du Havre ou la neige à Vétheuil.
Jean-François Balmer a prêté sa voix à Monet, et c'est un des moments du film sur les années Giverny que je préfère, cette citation bien connue interprétée avec beaucoup de charisme par l'acteur.
Sinon, n'allez pas croire que Monet faisait chauffer l'eau de son bassin, sauf peut-être le 1er avril...

jeudi 11 octobre 2012

Les camions en moins

Nymphea, pluie Le bonheur aura duré quatre jours. Vendredi dernier, un joli panneau "interdit aux camions" a fleuri à Vernonnet, au bout de la route de Giverny. Quelle joie ! Enfin les poids lourds étaient priés d'emprunter un autre itinéraire, rejoindre Gasny par le plateau du Vexin ! Enfin ils cessaient de vrombir dans les jardins de Monet !
J'avais déjà écrit un billet enthousiaste où je me demandais à qui, parmi nos édiles, nous devions cette bénédiction, quand mardi, le panneau a été retiré.
Bien qu'elle ait eu toutes les caractéristiques d'une signalisation définitive, il faut croire que l'interdiction de circulation des camions était en lien avec les travaux en cours, à savoir la création de brise-vitesse.
Pourquoi ce qui avait été possible pendant quatre jours ne pouvait pas s'inscrire dans la durée ? Le résultat avait été immédiat, beaucoup moins de bruit et de nuisances dans les jardins de Monet. La route qui traverse la propriété du maître de l'impressionnisme avait retrouvé un peu de calme, sans les très nombreux poids lourds qui l'empruntent chaque jour pour gagner Pontoise et s'éviter l'autoroute payante.
Je n'ai rien contre les camions, ils sont indispensables. Mais chaque année, pour 500 000 personnes venues de loin goûter la sérénité de l'univers créé par Monet, ils sont insupportables. Quand il pleut, on ne s'entend plus.
Ô chers maires Noël, conseiller général génial, ministre de la Culture adoré, quand vous descendrez du ciel de vos hautes responsabilités, pensez s'il vous plaît à prendre ou à solliciter une mesure de bon sens, dévier le fret routier de Giverny. Même si les touristes ne sont pas vos électeurs, ils ont droit à la considération.

samedi 8 janvier 2011

Du grain à moudre

Carte postale ancienne, Travaux des Champs à Giverny Cette photo est extraite de l'excellent petit recueil "Giverny en cartes postales anciennes" édité en 1992 par l'association les Amis de Giverny. On y parcourt tout le village à l'époque de Monet : c'est dire l'intérêt de ces documents.
Sur cette photo, donc, on peut observer les paysans de Giverny en train de façonner deux énormes meules dans le clos Morin, là-même où Monet a pris son motif pour la série des Meules quelques années plus tôt. On reconnaît à gauche la mairie de Giverny. Aujourd'hui, quand on se trouve au musée des Impressionnismes ou sur son parking, on est dans l'ancien clos Morin.
Ce qui frappe, c'est la dimension colossale de ces constructions éphémères. L'échelle est donnée par les deux hommes et par le cheval. La meule doit bien faire sept ou huit mètres de haut. Impressionnant, n'est-ce pas ?
L'autre aspect remarquable, c'est la netteté de la meule, sa structure architecturée. Pourquoi les agriculteurs se donnaient-ils tout ce mal ? Parce que c'était là leur trésor annuel, le blé de toute une saison.
Pour parler des toiles de Monet, il convient donc d'employer le terme de meules de blé (grainstacks en anglais) et non pas de meules de foin (haystacks). Je sais, la différence paraît un peu surréaliste aux citadins, si bien que j'avais eu déjà l'occasion de mettre les points sur les épis cet été. Mais la confusion ne date pas d'hier.
Dans "Claude Monet, ce mal connu", Jean-Pierre Hoschedé s'étonne, à la lecture du catalogue de l'exposition Monet de 1952 à la galerie Wildenstein, de

l'ignorance de l'auteur qui, parlant de la série des Meules, appelle celles-ci "d'humbles tas de foin". Qu'il sache donc que les meules peintes par Monet sont, non des "tas", mais de véritables constructions rondes ou carrées constituées, non par du foin, mais par des bottes de céréales, pas encore battues et justement mises en meule, encastrées les unes sur les autres, les épis tournés vers le centre, pour que les intempéries ne puissent atteindre le grain. Ces meules construites dès la moisson restent sur les champs ou près de la ferme dans l'attente des battages d'automne ou d'hiver. D'ailleurs, pour permettre cette attente, un véritable toit de chaume, un peu à la manière de celui des vieilles maisons normandes, les recouvre afin d'empêcher l'eau des pluies de pénétrer à l'intérieur de la meule.
Ces constructions deviennent rares, car les modernes moissonneuses-batteuses les rendent de plus en plus inutiles. D'autre part, rien qu'en regardant les Meules de Monet, on voit tout de suite que ce ne sont pas "d'humbles tas de foin", car ceux-ci, de dimensions réduites, toujours ronds, sont laissés simplement sur le pré, dès la fenaison, pour être rentrés le plus vite possible à la grange ou à l'étable. Excusez ce cours à l'usage des citadins ignorants de la campagne."

Explication limpide ! Jean-Pierre Hoschedé m'est très sympathique dans ce passage, par ses talents de pédagogue, son agacement devant ce qu'il perçoit comme de la condescendance parisienne, son attachement au monde rural et son admiration pour le savoir-faire des cultivants... Il est peut-être né dans un milieu bourgeois, mais il a grandi et vécu toute sa vie à Giverny.
On comprend bien, en le lisant, les raisons qui ont poussé le propriétaire des meules peintes par Monet à vouloir les démonter au cours de l'hiver. Il y a un calendrier à respecter à la campagne, un temps pour faire les choses, et un temps où il faut qu'elles aient été faites.
Ce paysan voulait-il vraiment nuire à Monet, comme on le présente assez systématiquement dans l'histoire de l'art ? Je suis sceptique. Ce n'est pas totalement impossible, mais ce n'est pas certain non plus, pour faire une réponse de Normande.
Et je ne suis pas sûre non plus que Monet ait jugé utile de lui demander la permission de s'installer dans son champ. Tel que je m'imagine Monet, il devait volontiers se comporter en terrain conquis. J'aurais été Givernoise à son époque, je crois que ça m'aurait énervée.

lundi 8 novembre 2010

Dans la rue Claude Monet

Rue Claude Monet, le musée des Impressionnismes GivernyA deux pas de la maison de Monet, le musée des Impressionnismes Giverny fait déborder son jardin jusque dans la rue.
Du printemps à l'automne, une profusion d'iris, de fuchsias, d'asters se dressent ou dégringolent le long de la chaussée, offrant une haie d'honneur colorée aux passants.
A la mi-octobre, le spectacle est plus impressionniste que jamais, et même, néo-impressionniste.
Les petites têtes blanches des asters n'ont-elles pas l'air de répondre aux touches pointillistes de Maximilien Luce, dont l'exposition vient de s'achever à Giverny ?

mercredi 30 juin 2010

Les fidèles de Giverny

Nymphéas et carpe sous les saules, GivernyLa chaleur caniculaire des derniers jours vide le Clos normand de tous ses visiteurs. Le jardin de fleurs de Monet, en plein soleil, est bien trop chaud pour qu'on ait envie d'y rester, alors qu'il fait bon au bord de l'étang aux Nymphéas, à l'ombre des grands arbres.
Concentrés dans la moitié du jardin, les visiteurs s'étonnent de se retrouver si nombreux. Ils questionnent sur la fréquentation, n'en reviennent pas des 480 000 visiteurs en sept mois, et se posent inévitablement la question : qu'est-ce qui fait venir tout ce monde à Giverny ?
Les raisons de l'affluence tiennent à une multiplicité de facteurs qui, pris isolément, ne suffiraient pas à l'expliquer, mais qui se conjuguent tant et si bien que la visite des jardins de Monet devient incontournable.
La plus évidente, qui attire les voisins, les Franciliens et les Normands, est toute simple : le clos normand et le bassin aux Nymphéas sont de magnifiques jardins. C'est un but de promenade consensuel, qui plaît à tout âge. Même si on est déjà venu, on y revient avec plaisir.
Les férus de jardinage, pour leur part, sont attirés par les plantations, les variétés originales, l'organisation des massifs. Peu d'entre eux, pourtant, savent que le jardin est en lui-même une oeuvre impressionniste composée par Claude Monet.
Mais de beaux jardins, il y en a beaucoup d'autres. Ceux-ci jouissent d'une notoriété sans pareille grâce aux meilleurs des ambassadeurs, les tableaux que Monet en a fait . Quand on a vu ses Nymphéas, si on apprend que leur modèle existe toujours et se visite, on a envie de le voir en vrai.
Avoir été le motif obsessionnel des toiles de Monet donne à la visite du jardin du peintre une coloration culturelle, propre à séduire les particuliers comme les organisateurs de voyages. Percera-t-on, au bord du bassin de Monet, le secret des Nymphéas ?
Dans le même registre, les fidèles qui font le pèlerinage à Giverny, selon le mot de Gérald van der Kemp, viennent découvrir un lieu de mémoire. Plongeon dans le 19e siècle, dans le quotidien familier du peintre... Dans la maison, tout est tellement identique à l'époque du maître qu'on croirait presque entendre les pas de Monet, rentrant déjeuner à l'appel de l'horloge du salon.

C'est peut-être cela, au fond, le mystère de Giverny, un lieu à la beauté inépuisable, un jardin qui a une âme.

mardi 16 mars 2010

Giverny Capital

GivernyMalgré sa petite taille, le village de Giverny est souvent associé au mot capitale. De l'impressionnisme, ça va de soi. Plus rarement à capital au masculin.
Des financiers canadiens ont pourtant choisi l'appellation "Giverny Capital" pour nommer leur société de conseil en placements boursiers. Hommage à Monet, certes, qui compte beaucoup d'admirateurs dans le monde, mais pas seulement.
Selon le président de la société, François Rochon, l'art de la gestion de portefeuilles a de nombreux points communs avec le jardinage. Il faut comprendre les conditions environnementales, le sol, la température, l'orientation du terrain, etc. Et prendre soin sans relâche de ses plantations.
Mais surtout, selon lui, le placement requiert, comme le jardin, une bonne dose de patience. Les meilleurs profits se font sur le long terme, de même qu'un arbre met des décennies à pousser.
La société canadienne vient de s'implanter à Princeton, aux États-Unis, et j'ai le plaisir de voir une de mes photos illustrer son beau site internet tout neuf. Depuis le temps que je les connais par Google, cela m'amuse beaucoup.

mardi 2 mars 2010

Bientôt le printemps

GivernyÇa y est, on est en mars ! En mars, en Normandie, après le sommeil hivernal, la nature a la tête de quelqu'un qui sort du lit : ébouriffée et souriante certains jours, grognon et peu amène certains autres.
Le vent de ce week-end a dégagé le ciel. Le soleil brille sur les premières fleurs, les tapis de nivéoles, les crocus, les petites touffes de cyclamens, les ellébores, les bruyères... Une harmonie jaune et violette qui se marie bien avec la première herbe vert tendre.
Partout, les jardiniers sont dans les jardins, heureux de pouvoir s'y activer à nouveau.
A Giverny, le compte à rebours s'accélère. Plus qu'un petit mois avant l'ouverture, avant de revoir les arbres en fleurs !
La photo, quant à elle, n'a que l'apparence du printemps. Elle a été prise en décembre, certains arbres exotiques ayant la bonne idée de fleurir deux fois.

vendredi 11 décembre 2009

L'île aux orties

ile aux orties, Giverny Claude Monet était propriétaire d'un bout de terrain à l'île aux Orties, sur la commune de Giverny. C'est là, au confluent de l'Epte avec la Seine, qu'il a peint ses fameuses Matinées sur la Seine. Il possédait un hangar où il entreposait ses toiles et ses bateaux. Une aquarelle accrochée dans sa chambre le représente.
Voici ce que je peux vous proposer de mieux comme photo de l'île aux Orties, car l'endroit ne doit pas son nom au hasard. Cette zone humide en bordure de rivière est un petit bout de nature sauvage, où les orties atteignent deux mètres de haut, et où les arbres abattus par les dernières tempêtes pourrissent tranquillement, dans un chaos de troncs brisés. Pas très photogénique. A se demander comment Monet a pu décider de le peindre...
Je me suis avancée avec précaution sur ce sol incertain pour approcher du bord de l'eau. Le confluent lui-même est un peu décevant, peut-être parce que ce n'est pas la bonne saison, mais quand la végétation est vigoureuse le lieu doit être inaccessible. L'Epte arrive presque parallèle au fleuve et se jette dedans sans même que les flots de la Seine paraissent remarquer ce renfort.
Les deux cours d'eau sont invisibles sur la photo, la Seine passe en contrebas de la colline et l'Epte juste derrière les arbres.
Ce que l'on voit bien, en revanche, ce sont les boules de gui qui garnissent les branches de cet arbre, le long d'un champ où la prochaine récolte pousse déjà dru.
Cela me rappelle de jeunes visiteurs irlandais, en avril dernier, avant que les feuilles ne poussent aux arbres. "Qu'est-ce que c'est, ces machins ?" avaient-ils demandé. A l'annonce qu'il s'agissait de gui leurs yeux se sont mis à briller. "On viendra avec un camion et on va faire fortune !" ont-ils rigolé. On dirait que le gui n'est pas si courant sur leur île.
Sur celle de Monet, il pousse aussi volontiers que les orties.

vendredi 20 novembre 2009

Rue Claude Monet

Rue Claude Monet, GivernyCe n'est pas une surprise, la rue principale de Giverny porte le nom de Claude Monet. Elle chemine à flanc de colline et traverse tout le village de part en part, une balade d'environ deux kilomètres. La maison de Claude Monet (à droite sur la photo) est située presque tout au bout, en face d'un petit parking.
Divine bonne nouvelle, on apprend dans le journal local Le Démocrate que l'agglo a budgété 2,2 millions d'euros pour l'aménagement piétonnier et touristique de la rue Claude Monet à Giverny. Les travaux devraient être réalisés dès 2010. Si c'est en fin d'année, les visiteurs en profiteront au plus tard en 2011.
La nouvelle manque de précision, on ne sait pas quelle est la portion de la rue qui est concernée.
Cet été un essai a été fait de la barrer pour rendre piétonnier le tronçon face au musée des Impressionnismes. C'était très agréable, on regrette seulement que l'interdiction aux voitures n'ait pas été étendue là où elle serait le plus utile, devant la Fondation Monet. C'est plus difficile à cause du parking, mais c'est là qu'il y a le plus de monde, l'entrée et la sortie du musée Monet se faisant directement dans la rue.
Autre bonne nouvelle, Giverny aura enfin des toilettes publiques. Trente ans après l'ouverture de la Fondation Monet, il est temps. On devine dans cette procrastination une saga clochemerlesque. Mais pas seulement : on ne dirait pas comme ça, mais construire cet édicule a un prix stupéfiant. Allez-y, devinez... Non non, beaucoup plus : 226 000 euros ! Le prix d'un rond-point, ou d'une petite maison avec non seulement des toilettes, mais toutes les autres pièces en prime ! Il faut croire qu'il y aura des hectomètres de tuyaux à poser. Emplacement pressenti, ai-je ouï dire, le bas du parking du Musée des Impressionnismes.

mercredi 14 octobre 2009

Tondeuse à tondre

Moutons à GivernyLes moutons sont de retour à Giverny. Ou plutôt les brebis. Depuis les jardins du Musée des Impressionnismes, on entend leurs clochettes tinter, un son pastoral qui replonge dans les siècles passés.
Ces moutons ont l'air bien paisible à première vue, n'est-ce pas ? Ne vous y fiez pas. C'est un commando en mission spéciale, avec la bénédiction de Greenpeace.
Les brebis ne le savent pas, mais elles sont mandatées par les pouvoirs publics, elles ont signé pour le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie. Elles donnent leur assentiment à chaque coup de dents.
Leur tâche dangereuse consiste à repousser un redoutable envahisseur armé de pointes en tous genres, la horde des ronces, des aubépines et des prunelliers.
Cela n'a l'air de rien dit comme ça, mais ce sont des ennemis qu'il vaut mieux prendre au berceau, sinon on s'expose aux pires dangers. Comme les Vikings, ils se plaisent tant en Normandie qu'il n'y a rien à faire pour les déloger. Et une fois qu'ils sont là, tels Attila, rien ne repousse derrière eux.
Il ne faut pas moins que la mâchoire patiente des moutons pour en venir à bout.
On pourrait, bien sûr, laisser la nature reprendre ses droits. En se rapprochant de Vernon, on peut voir ce que cela donne sur la côte Sainte-Catherine, un milieu retourné à l'état de friche et redevenu protecteur pour de nombreuses espèces animales.
Mais les pâturages, qui existent sur ces coteaux depuis le Néolithique, ont du bon aussi. Ils permettent la pousse de toute une flore spécifique des milieux calcicoles, et du même coup l'installation d'une faune d'insectes et de lézards particuliers.
On fauche aussi les prairies, mais les brebis ont de nombreux avantages, c'est plus cool, et en plus on peut les traire, les tondre et les manger pour les remercier des services rendus.
Heureusement, ça non plus, elles ne le savent pas.

dimanche 28 juin 2009

Champ de coquelicots

Champ de coquelicots à Giverny Faites pousser un champ de coquelicots à Giverny, à côté d'un parking, et voilà ce qui arrive : une nuée de paparazzi vient immortaliser le spectacle !
Monet reste associé à sa célèbre toile du musée d'Orsay où l'on voit son épouse Camille et leur petit Jean avancer au milieu d'une prairie envahie de coquelicots. Le tableau s'appelle "Les Coquelicots à Argenteuil". Inutile de dire qu'il n'a pas été peint à Giverny.
En revanche, Monet a bel et bien représenté ce champ-ci, ou un autre pas loin. La ressemblance avec la toile "Champ aux coquelicots" de l'Art Institut de Chicago est frappante, même si Monet s'est avancé pour peindre le champ de coquelicots dans l'autre sens, avec la colline de Giverny à l'arrière-plan.
Quelle joie de retrouver ce motif de Monet ! Et coup de chapeau à l'agriculteur qui a pris l'initiative de ne pas trop traiter son blé, pour que les coquelicots s'y développent. Car il y a du blé entre les coquelicots ! Les fleurs sont venues toutes seules de surcroît.
Les agriculteurs façonnent le paysage en donnant leur couleur à tout un patchwork de parcelles, jaune colza, bleu lin, vert maïs, assemblées par des haies et des chemins. Un manteau multicolore lancé par un géant sur les épaules des collines, digne de la haute-couture.

dimanche 17 mai 2009

Nuit des musées

Nuit des musées à GivernyPour la nuit des musées, les deux sites de Giverny, à l'accès exceptionnellement gratuit, ont joué les prolongations jusqu'à 21 heures hier soir. L'aubaine a été mise à profit par plusieurs centaines de visiteurs, dont beaucoup de familles.
Ce n'était pas encore la nuit noire, mais la tombée du jour, l'heure où l'on commence à allumer les lampes. La maison de Claude Monet avait un air chaud et accueillant de gros chat tiède tapi au milieu des fleurs.
Dans la pénombre les pétales blancs se font plus lumineux que les autres, comme s'ils captaient mieux les dernières parcelles de jour.
Je suis restée longtemps au bord du bassin aux Nymphéas, à guetter les reflets du soleil couchant. L'agaçante pluie des derniers jours avait eu le bon goût de ne pas s'inviter à la soirée en malotrue qui serait venue tout gâcher.
Le plus étonnant, c'était de voir s'inverser la tendance habituelle, où la plus grande partie des visiteurs vient voir les jardins de Monet. Cette fois, c'était vers le musée des Impressionnismes que la foule se dirigeait. Les reportages télévisés des derniers jours n'y étaient sans doute pas pour rien. Le musée avait aussi joué à fond la carte événementielle en proposant visite guidée et atelier pour les enfants gratuits.
L'occasion aura permis à un public différent de découvrir cette superbe exposition Monet et les célèbres jardins sous un éclairage inhabituel. Vivement la prochaine.

vendredi 3 avril 2009

La lumière bleue

lumière matinale sur le bassin de Monet à GivernyLa lumière qui nous baigne nous paraît toujours aller de soi. Il faut un regard extérieur pour nous faire sentir sa qualité propre. C'est pourquoi j'ai été très heureuse d'avoir l'occasion d'échanger avec un photographe brésilien.
Ce que j'aime avec les photographes, c'est qu'ils ne vous regardent pas comme un ovni quand vous leur demandez, comment trouvez-vous la lumière aujourd'hui ? D'où qu'ils viennent sur la planète ils vous répondent très sérieusement, sans éluder d'un "très belle" qui n'engage à rien.
Donc, pour Fernando Grilli, la lumière de Giverny est très bleue, riche en tons de l'extrémité froide du spectre. "Au Brésil, dit-il, la lumière tire vers le jaune et l'orange. Les couleurs sont franches, tranchées. Le vert est vraiment vert, le rouge vraiment rouge. Ici, elle est beaucoup plus riche en nuances, en tons pastels, toute une gamme fantastique de couleurs intermédiaires."
Il faisait un grand soleil, cette semaine, juste le temps où l'on se dit, en France, que c'est le moment de faire des photos. Pourtant, l'instant que Fernando a préféré, c'est celui où un nuage a voilé le soleil. "Toute une quantité de nuances sont apparues dans les reflets sur l'étang, c'était extraordinaire."

vendredi 13 mars 2009

La lumière de Giverny

La Seine à Vernon, effet du matinLa lumière de Giverny est-elle différente d'ailleurs ?
Un peu comme un microclimat, il semble bien que oui. On y retrouve les tendances du climat régional agrémentées de quelques petites particularités.
Pour les grandes lignes, on constate une forte variabilité du temps dans cette zone frontalière entre la Normandie et l'Ile de France. Elle se traduit par des changements très fréquents de luminosité, où le soleil joue à cache-cache avec des nuages plus ou moins épais et nombreux.
Les entrées marines venues de la Manche se conjuguent avec l'humidité de la vallée de la Seine. Le fleuve exhale selon l'heure et la température des vapeurs, des brumes, des brouillards qui font un écran devant le soleil, tout en diffusant subtilement son éclat.
Comme l'a bien rendu Monet dans ses Matinées sur la Seine, il flotte aux premières heures de la journée une lumière gris-bleu, rosée, argentée. Puis, quand le soleil est moins rasant, que la brume se dissipe, les couleurs deviennent plus franches.
Le fleuve fait rebondir la lumière dans la vallée. Giverny bénéficie de cet effet dans le lointain, et surtout d'une exposition plein sud qui lui fait profiter de chaque rayon. Pendant la journée le soleil fait le tour du jardin de Monet, l'éclairage vient de la gauche le matin, de la droite le soir. Ce n'est pas pour rien qu'on cultivait de la vigne ici autrefois.

jeudi 25 décembre 2008

Calendrier de Giverny

calendrier 2009 GivernyJoyeux Noël, chers lecteurs !
La nouvelle année approche, aussi, pour vous remercier de m'accompagner tout au long des mois, permettez-moi de vous offrir ce calendrier de Giverny que j'ai préparé à votre intention.
Il est téléchargeable en format pdf, vous n'aurez plus qu'à l'imprimer sur votre plus beau papier. Si vous en avez sous la main je vous recommande le papier photo, le résultat est bien meilleur.
Ensuite, deux agrafes en haut et un petit bout de ficelle, et votre calendrier sera prêt à accrocher au mur !
Si vous préférez acheter un calendrier de Giverny tout fait, (et économiser votre encre par la même occasion) vous en trouverez un ici, avec les mêmes photos mais plus grand.
De belles fêtes à vous tous !

lundi 19 mai 2008

Comme un lundi

Marchande de glaces à GivernyTout Giverny vit au ralenti le lundi : c'est le jour de fermeture des musées. Le dimanche soir on se salue d'un "bon lundi !" comme on dit bon dimanche ailleurs. Et quand tout le monde repart en grommelant sur le sentier du boulot le lundi matin, on s'offre une petite grasse mat'. C'est aussi décalé que de prendre ses vacances en hiver.
Hier la marchande de glaces avait l'air fatiguée. A cause du lundi de Pentecôte (ouvert) on a tous quinze jours non stop dans les pattes. "Demain c'est lundi !" lui dis-je pour l'encourager.
Cela fait 25 ans qu'elle est là, Mauricette, avec ses glaces maison. Les parfums de crème glacée sont délicieux, mais ce qui me bluffe le plus, c'est le cône. Maison, lui aussi. De la gaufrette roulée qui n'a rien à voir avec le carton mou des glaces industrielles.
Giverny oblige, à l'intérieur de la camionnette les prix des glaces sont indiqués en français et en anglais. Vous savez comment on dit boule en anglais ? Scoop.
J'ai bien cherché sur internet, il n'y a personne qui parle de la marchande de glaces de Giverny. Ce que je vous dis là, c'en est un, de scoop.

dimanche 11 mai 2008

Sondage express

Le pont japonais et sa glycine dans le jardin de Monet à GivernyLe journal local de Vernon "Le Démocrate" s'est livré dans son édition de cette semaine à un petit sondage auprès des touristes de Giverny. Six personnes prises au hasard dans les rues du village de Monet ont répondu à la question "Qu'est-ce qui vous attire à Giverny ?"
Tel est du moins le titre de l'article. Mais la question était peut-être plutôt "qu'avez-vous préféré à Giverny ?" à en juger par les réponses. Peu importe.
Les résultats de ce micro-trottoir sont sans grande surprise. La beauté des jardins de Monet revient dans presque toutes les réponses, les touristes notent aussi l'intérêt de sa maison, du Musée d'Art Américain, du paysage bucolique et de l'architecture du village.
Ce qui frappe, c'est leur enthousiasme. Je ne sais pas si le journaliste l'a suscité en leur demandant s'ils avaient aimé leur visite, ou si c'est l'expression spontanée de leur ressenti. "C'est fabuleux", dit l'une. "C'est fantastique !" renchérit l'autre. "C'est magnifique !" s'exclame un troisième. Si le sondage avait porté sur l'indice de satisfaction, nul doute qu'il aurait été élevé.
Comme le veut la loi du genre, les personnes interrogées pour ce sondage express ont décliné leur identité, leur âge, leur ville d'origine et leur métier. Je me souviens très bien de ce que l'on ressent quand on pose ce genre de questions à ceux que l'on interviewe, cette impression d'être indiscret tout en sachant qu'on doit le faire parce que c'est le métier qui veut ça.
C'est indiscret, mais en même temps en tant que lectrice, aujourd'hui, je suis curieuse de lever un tout petit coin du voile d'anonymat qui recouvre les centaines de personnes que je croise tous les jours dans les jardins de Monet. Pour six d'entre elles je peux mettre un nom sur un visage, savoir ce que ces personnes font dans la vie et d'où elles viennent. Ce n'est pas grand chose, mais c'est assez pour les distinguer de tous ceux qui n'ont pas répondu au sondage et qui resteront pour moi à jamais des inconnus.

dimanche 2 décembre 2007

Les moutons de Giverny

laineUn mouton est passé par là, un peu de sa toison est resté accroché aux épines de cette ronce.
Dans les collines au-dessus de Giverny, on peut voir de temps en temps un troupeau de moutons en train de paître.
Il a pour vocation d'entretenir les prairies, ces fameuses pelouses calcicoles à la flore si particulière, qui sans eux deviendraient rapidement une friche impénétrable.
C'est le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie qui gère ces troupeaux placés sous la responsabilité d'un berger. En fait de moutons ce sont plutôt des brebis, de jolies brebis de race solognote avec le corps blanc et la tête et les pattes foncées.
Un peu partout sur leurs lieux de pâture ou de passage on trouve de petites touffes de poils laineux et frisés arrachés par les épines. Elles feront le bonheur des petits oiseaux au printemps quand ils voudront préparer un nid douillet pour leurs petits.

jeudi 25 octobre 2007

Porte de cave

Porte de caveLa plupart des maisons de Giverny possèdent une cave. Cela vient peut-être du passé viticole du village, même si ce n'est pas le seul usage d'une cave, loin s'en faut.
Les caves sont souvent des constructions en pierres de taille très soignées, voûtées, assez hautes pour qu'on s'y tienne debout. La maison de Monet a la sienne, de même que sa voisine la maison du Hameau.
C'est dans cette demeure fréquentée il y a un siècle par plusieurs peintres de la colonie américaine que se trouve cette curieuse porte de cave.
Le haut de la porte qui s'inscrit dans l'arrondi de la voûte se rabat, ce qui permet selon les besoins d'aérer ou de fermer en cas de gros écarts de température.
Vous aurez remarqué au passage le délicat bleu pâle qui orne toutes les huisseries, et que l'on retrouve dans certaines peintures de Frieseke exécutées dans ce jardin.

vendredi 3 août 2007

Ombrelle

Femme à l'ombrelle à GivernyOn ne voit plus guère cet accessoire de mode indispensable à l'époque de Monet, quand les femmes voulaient à tout prix éviter de hâler leur visage.
Aujourd'hui, le bronzage donne bonne mine. Mais les plus romantiques des visiteuses de Giverny l'utilisent encore pour se protéger de la grande chaleur et des coups de soleil.
Cela leur donne un certain charme qui n'aurait pas déplu à Monet. L'ombrelle est un élément essentiel de plusieurs de ses tableaux, comme les deux "Essais de figure en plein air" du Musée d'Orsay.

samedi 17 février 2007

Le village de Giverny

Vue générale du village de Giverny depuis la collineNoyé dans un restant de brume matinale, voici le village de Giverny vu depuis la colline qui le surplombe.
A gauche, le bâtiment vivement éclairé par le soleil est le grand atelier de Monet, celui où il a peint les Grandes Décorations du musée de l'Orangerie à Paris.
Au milieu de l'image apparaît le pignon de la maison d'habitation de Monet, dont on distingue la façade rose. Dans le prolongement, le deuxième atelier forme le coin du domaine.
Le jardin de Monet s'étend à peu près jusqu'à la rangée de peupliers. Derrière, on aperçoit le parking de la Prairie, vide de véhicules en cette saison, et la plaine des Ajoux.


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