mercredi 8 mai 2013

Le jardin de Giverny tel qu'il est en ce moment, éblouissant de couleurs...
Dix mille bulbes de tulipes, de jacinthes des bois, de fritillaires, de camassias, étincellent dans les massifs, au dessus des pensées, des myosotis, des pâquerettes pompons et des giroflées.
C'est lumineux, vif, doux aussi, comme jamais.
En cette époque de l'année où le regard parcourt encore toute l'étendu du jardin de Claude Monet, celui-ci apparaît comme une immense prairie de fleurs éclatantes, gorgées d'eau et de soleil.
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lundi 15 avril 2013
A l'heure de la floraison des cerisiers fleurs sur le parking du musée, voici l'état d'avancement du chantier des futures toilettes publiques de Giverny.
On en est à la charpente, l'air résonne de coups de marteau.
La livraison devrait intervenir vers le milieu de saison, et après 33 ans d'attente on espère que l'inauguration sera à la hauteur de l'évènement !
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vendredi 20 juillet 2012
Si vous n'avez pas mis les pieds à Giverny depuis deux ans, vous ne reconnaîtrez pas cet endroit. C'était naguère une propriété rurale assez délabrée, située entre la fondation Claude Monet et le musée des Impressionnismes.
Cet emplacement stratégique et sa disponibilité ont valu une seconde jeunesse à l'ancienne maison Boutisseau. La vieille bâtisse qui abritait un pressoir et ses annexes ont pris du galon. On y trouve maintenant une terrasse, une boutique cadeaux, des plantes, de la brocante et même, tout au fond, une maison du tourisme.
Oui, la vitrine régionale qui doit donner envie aux visiteurs de Giverny de prolonger leur séjour en Normandie ou en Ile de France, c'est cette grange derrière les parasols.
Cet improbable emplacement de la maison du tourisme de Giverny en fond de cour a été l'objet d'une vive polémique, au moins autant que le curieux montage financier qui sous-tend le projet. Le bon sens voudrait que les visiteurs ne puissent pas manquer le local où on va les renseigner. A Giverny, ils devront commencer par se renseigner pour trouver le local.
Combien en pousseront la porte ? 1 sur 50 ? 1 sur 100 ? C'est clair, il fallait une maison du tourisme, mais étant donné le coût de celle-ci pour le contribuable, ce même contribuable est en droit de se demander si elle n'aurait pas été plus efficace ailleurs.
Quant aux professionnels du tourisme, ils s'étonnent des priorités des pouvoirs publics. Une maison du tourisme, c'est bien, mais... Un demi-million de visiteurs chaque année à Giverny, et toujours pas de toilettes publiques.
C'est sans doute parce qu'à la campagne, on a des buissons.
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dimanche 13 mai 2012
Voici le jardin de Giverny en fin d'après-midi, quand le soleil plus bas éclaire les arbres à l'est du bassin et que les reflets révèlent leurs sortilèges.
L'image inversée du marronnier blanc en fleurs frissonne à côté de celles du saule à osier et du vieux saule pleureur.
Les premiers iris, d'un beau bleu roi, sont là, mais pas encore les premiers nénuphars.
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vendredi 12 octobre 2007
Quand Monet a exposé ses premiers Nymphéas sans références spatiales, il a été si mal compris que ses tableaux ont été accrochés à l'envers...
Il avait supprimé tout ce qui aide le spectateur à s'orienter dans le tableau, la berge, le ciel, les branches, ou comme ici les herbes qui permettent de savoir où sont le haut et le bas.
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mercredi 3 janvier 2007
On inaugure aujourd'hui à Paris le monument aux victimes du crash aérien de Charm el Cheik, survenu il y a tout juste trois ans. 143 touristes français rentraient de vacances en Egypte quand leur avion s'est abîmé dans la mer Rouge.
J'y pense encore souvent. Je rencontre beaucoup de touristes, et il suffit qu'ils expriment de l'appréhension à l'idée de prendre l'avion pour que toute l'angoisse revienne. Changeons de sujet.
Un nouveau monument vient d'être érigé à Giverny. Il a été judicieusement placé derrière l'église, à côté de la tombe des Monet et de celle de la famille van der Kemp. C'et un endroit propice au recueillement.
Deux blocs de pierre brute encadrent une pale d'hélice.
Elle appartenait à un avion de la Royal Air Force, un bombardier Lancaster qui s'est écrasé dans la plaine des Ajoux, à Giverny, le 7 juin 1944. Sept jeunes soldats britanniques ont péri. Ils reposent dans le cimetière de l'autre côté de l'église. Leur tombe se repère facilement au drapeau qui flotte au-dessus.
Les débris de l'avion sont restés pendant des années enfouis au milieu du champ où il était tombé. On dirait bien qu'on en distingue encore l'emplacement sur la photo satellite de Giverny.
Et puis, il y a quelques années, une association est venue faire des fouilles. Aucune mention n'est faite de ce groupe de passionnés sur la stèle qui accompagne le monument. Ils ont préféré s'effacer devant le sacrifice de l'équipage du Lancaster, je suppose.
Je me souviens de l'émotion qu'avait suscitée la mise au jour des restes de l'avion. Soixante ans plus tard, la terre où gisait le moteur sentait encore l'huile...
C'est donc une pièce de cet avion qu'il nous est donné de voir sur le monument. Une pale à la courbure aérodynamique, la partie la plus belle de l'avion, celle qui le fait avancer.
Les paradoxes s'accumulent autour de cette pale d'hélice. Paradoxe d'un engin fait pour voler qui s'écrase. Paradoxe d'un équipage composé de courageux soldats venus libérer l'Europe, mais qui transportait des bombes. Paradoxe de jeunes gens plein d'avenir qui ont trouvé la mort à Giverny. Paradoxe de la paix qui a suivi leur sacrifice et celui de tant d'autres, et qui unit aujourd'hui les ennemis d'hier.
La pale a retrouvé tout son éclat d'origine, elle brille avec un beau reflet argenté.
Si on la regarde attentivement, on remarque pourtant que la partie basse de l'hélice n'et pas aussi rutilante que le haut. En s'agenouillant, on voit des traces noires. Des impacts creusés dans le métal. L'histoire de la chute de l'avion se révèle.
On peut mettre les doigts dans ces traces, toucher du doigt l'horreur de la guerre. Après soixante ans de paix sur notre sol, ceux qui n'en ont pas la mémoire savent-ils vraiment ce qu'est la guerre, avec son cortège de sang et de larmes ? Au fond de nous, les jeunes générations, nous sommes incrédules. Comme saint Thomas, nous avons besoin de toucher du doigt les stigmates pour croire. Nous persuader de l'épouvantable.
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dimanche 10 décembre 2006
A quoi ressemble Giverny hors saison, quand les musées sont fermés pour cinq mois ?
Certaines stations balnéaires paraissent mornes en hiver. Rien de tel ici. Quelque chose a changé, oui, mais à peine.
Le grand parking de la Prairie est vide, barrières closes. Ses touffes de graminées continuent de briller dans le soleil, à contre-jour. En face, le parking sous les pommiers accueille quelques voitures du personnel des musées, où le travail continue même en l'absence du public.
Rue Claude Monet, les galeries de peintures ont tiré leur rideau. Le restaurant de la fondation Monet, si joli en saison au milieu des fleurs, est fermé. Personne au Terra Café.
Les rues sont désertes, aussi normalement désertes que dans n'importe quel village des alentours.
A y regarder de près, on sent comme une tension qui se relâche : on est entre soi de nouveau. On a fini d'être observé, photographié. On peut laisser les portails ouverts, on s'autorise un brin de décontraction.
Le village se repose en coulisse et savoure cette détente. Mais l'entracte est long. En avril, les premiers touristes seront aussi attendus que le retour des beaux jours.
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dimanche 3 décembre 2006
On ne lèvera pas nos verres, on ne soufflera pas les bougies, mais c'est une date que je voulais partager avec vous, les internautes : l'association GiVerNet a dix ans. Le 3 décembre 1996, ses statuts étaient déposés à la préfecture de l'Eure.
Ce n'était guère plus qu'une idée alors qui avait germé dans nos têtes, une idée généreuse comme il y en a tant sur la toile : faire connaître la région de Giverny et Vernon par l'internet, en donnant la parole à ceux qui y vivent.
Nous ne savions pas que nous étions en train de nous embarquer pour une aventure au long cours. Nous avons construit une caravelle avec trois allumettes.
La création de l'association était l'aboutissement de six mois de travail, autour de la conception d'un embryon de site, nommé giverny.org. Nous y avons mis tout ce que nous aimions dans la région, la maison et les jardins de Monet, les peintres, les moulins, les châteaux, les musées, les sites archéologiques, et tout ce qui nous a paru utile pour les visiteurs, moyens de transport, restaurants, hôtels, gîtes, chambres d'hôtes...
Internet balbutiait en France, il fallait expliquer le web et l'e-mail. Mais internet intriguait. Nous avons rapidement été vingt, trente, cinquante dans l'association.
Le vrai succès de Givernet, ce sont les internautes qui l'ont fait, en venant nombreux, très vite. Au cours de la seule année 2006, vous aurez été un million à surfer sur giverny.org.
Le succès crée des obligations, infléchit des carrières professionnelles. C'est une aventure enthousiasmante, un défi quotidien qui demande technicité, créativité et vista. Il entraîne un bouillonnement de projets, capable de nous occuper quelques décennies encore...
Mais l'aspect le plus exaltant de cette aventure, c'est l'ouverture qu'elle donne sur le monde. C'est ce sentiment d'ouvrir virtuellement nos bras et d'y accueillir la terre entière. L'encouragement des milliers d'internautes qui ont écrit des messages chaleureux dans le livre d'or du site. Autour de nous, le soutien de tant de bonnes volontés, à commencer par la ville de Vernon.
Pour ces dix ans de partage, à tous, merci.
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dimanche 26 novembre 2006
Il se passe des choses à Giverny que les gens du cru ignorent. Un mariage très médiatique vient d'y être célébré dans la plus stricte intimité. Il n'en met pas moins l'Amérique en émoi.
Lorelai et Christopher se sont dit oui après un bref et romantique séjour à Paris. Enfin ! Mais que va en penser Luke, qui est secrètement amoureux de Lorelai depuis toujours ?
Sur internet, on se déchaîne dans les forums. Les avis sont partagés. Un mariage à Giverny entre deux citoyens américains est-il valable ? Les époux ont-ils vraiment compris ce que disait l'officiant dans cette langue exotique, le français ?
On peut s'attendre à la prochaine annulation de la noce givernoise, car la vie de Lorelai et Christopher se nourrit de rebondissements. En effet, le couple n'existe que dans l'imagination des téléspectateurs de la série Gilmore Girls et de ses scénaristes.
La scène aurait pu être jolie, tournée à Giverny ou dans un autre village, mais le producteur n'a pas déboursé un dollar pour ce mariage : il s'est déroulé "hors écran". Bref, on ne risquait pas d'entendre carillonner à Giverny.
Pourtant la nouvelle n'est pas aussi anodine qu'elle en a l'air. Elle révèle quelque chose de l'image que les Américains se font de Giverny. Le village de Monet est devenu un mythe d'un romantisme extrême, au point de supplanter Venise dans un tel scénario.
A quoi doit-on ce phénomène récent ? Aux "jolis" tableaux de Monet, au "joli" jardin mondialement connu, au côté petit village si bien préservé ? A la proximité de Paris ?
Quand on quitte le monde de la fiction pour celui de la vraie vie, se marier à Giverny devient très difficile si on n'y habite pas. Pour un mariage civil, il est obligatoire d'y résider depuis au moins 40 jours. D'ailleurs, il faudra bien tout ce temps pour effectuer les démarches nécessaires, et faire traduire les documents officiels...
Un mariage religieux à l'église catholique demandera encore une bonne dose de détermination pour constituer le dossier préalable. Et si les amoureux ne sont pas catholiques, il faudra qu'ils viennent avec leur propre officiant : le mariage à la chaîne à Giverny n'est pas pour demain.
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dimanche 5 novembre 2006
Aimez-vous les petits chemins secrets ? Celui-ci est caché dans la colline au-dessus de Giverny. Sous vos pieds, il est doux comme un gazon. Des pieds qui seraient vite humides de rosée, mais vous êtes prévoyant, vous portez des chaussures imperméables !
De là-haut, la vue est magnifique. Le clocher du village surgit au milieu des prés, tout seul. Où sont passées les maisons ? Derrière lui, la vallée de la Seine se déroule, jusqu'à la colline parallèle à la vôtre, couverte de bois.
De ce côté-ci, c'est plutôt le domaine des prairies et des vergers. Vous apercevrez peut-être le troupeau de brebis qui a pour mission d'entretenir les pelouses calcicoles et d'empêcher que les buissons ne viennent y étouffer les fleurs sauvages protégées.
Protégé aussi, le lézard vert est un hôte farouche de la colline. Mais si vous avez la chance de vous trouver nez à nez avec ce bel animal d'un vert presque fluorescent, cette rencontre extraordinaire va illuminer toute votre journée.
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dimanche 27 août 2006
Les Britanniques fleurissent les tombes de leurs soldats morts au combat avec des coquelicots. Symbole du sang versé, un champ de coquelicots donne une idée de la multitude de vies fauchées en pleine jeunesse pendant la seconde guerre mondiale.
C'est l'anniversaire de la Libération de Giverny, le 28 août 1944. Le village, relativement épargné par la guerre jusque là, a subi de violents combats en août 44.
Au soir du 27 août, la moitié du village était aux mains des Anglais. Mais le lendemain, quand les Alliés ont inspecté une à une toutes les maisons de l'autre moitié, les Allemands s'étaient repliés pendant la nuit. On retient cependant la date du 28 comme celle de la libération de Giverny.
On peut voir au cimetière de Giverny la tombe des sept membres de l'équipage du bombardier Lancaster abattu dans la plaine des Ajoux le 8 juin 44, et une plaque avec le nom des six victimes civiles et des deux victimes militaires françaises de la guerre 1939-1945. A ce bilan, il faut ajouter le lieutenant britannique Peter Edge, tué pendant la bataille pour le contrôle du village. Un carrefour porte son nom. Côté allemand, il n'existe pas de bilan précis des pertes essuyées ce jour là à Giverny.
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jeudi 3 août 2006
Les touristes affluent à Giverny. Ils seraient quelque 500 000 par an à venir visiter la maison et les jardins de Monet.
Vous habitez peut-être un endroit touristique ? Alors vous savez qu'on a vite fait de ressentir une fierté un peu bête à vivre dans un lieu recherché.
Une fierté un peu bête, parce qu'on n'a aucun mérite à cela. Les habitants de la Côte d'Azur sont-ils responsables du soleil et de la mer ? Les Chamoniards ont-ils une part à la majesté du Mont-Blanc ? Les Parisiens sont-ils pour quelque chose dans l'érection de la Tour Eiffel ou la collection de chefs d'oeuvre du Louvre ?
Les Givernois n'ont pas lieu de s'enorgueillir de l'intérêt des touristes pour leur village, ni plus ni moins intéressant que des dizaines d'autres villages des environs. Seule la puissance créatrice de Monet est à l'origine de cet engouement, et rien n'aurait pu en renaître sans la générosité des Américains.
A Giverny, on peut ressentir de la joie à vivre dans les magnifiques paysages de Monet, de l'agrément à visiter ses jardins à volonté. Mais Monet n'a fait que nous apprendre à voir. Partout où il a voyagé, il a peint des merveilles. De la vallée de la Creuse à Antibes, de la Hollande à l'Italie, de Londres à Belle-Ile en Mer.
Nous sommes de passage, tout juste légataires d'un patrimone architectural, culturel, paysager dont nous devons prendre soin du mieux que nous pouvons. Seule la création d'une beauté nouvelle autorise une légitime fierté.
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lundi 24 juillet 2006
C'est comme une présence. A la croisée de deux petites routes, soudain, cette majestueuse croix monolithe.
Elle se trouve en bordure d'un village au nom bien normand, tout près de Giverny : la Queue d'Haye.
La croix paraît mutilée, il semble qu'il devait y avoir une troisième patte en haut.
Telle qu'elle est, elle émeut sous sa parure de lichens. Depuis combien de siècles est-elle dressée au bord de ce carrefour ? Qui l'a érigée ? Qu'elle était sa fonction ?
Certains disent que c'est une croix celte. Avant les invasions romaines, la région était en effet occupée par des peuples celtes, les Véliocasses dans le Vexin.
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jeudi 13 juillet 2006
Comment paysager le grand parking de Giverny ? Aux portes des jardins de Claude Monet, difficile de renchérir dans la note fleurie.
Les concepteurs de l'aménagement paysager ont donc pris le parti de trancher résolument. En référence aux prés humides qui s'étendaient là à l'origine, ils ont décliné toute la palette des herbes et des graminées.
Cela donne un jeu de matières duveteuses, fibreuses, lisses ou pelucheuses magnifiées par les rayons du soleil, des couleurs qui passent par tous les verts et les jaunes, et des masses de différentes hauteurs qui créent des volumes évoquant les topiaires.
En été, on peut regretter le manque d'ombre, mais il n'y avait pas d'arbres ici autrefois. Difficile en tout cas de faire mieux en matière d'intégration dans le paysage. Le parking se fond dans son environnement, jusqu'à son nom qui lui va comme un gant : la Prairie.
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dimanche 9 juillet 2006
Il est possible et même facile de visiter Giverny en utilisant les transports en commun.
La gare SNCF la plus proche se trouve à Vernon, à quelque six kilomètres de la Fondation Monet, soit une heure de marche. En saison, une navette est mise en place.
A la sortie des principaux trains venant de Paris, un bus attend les voyageurs à destination de Giverny. Le billet (3 euros) permet d'effectuer autant d'aller-retours qu'on le souhaite dans la journée.
La seule difficulté consiste à bien se renseigner la veille sur les heures de départ des trains de Saint-Lazare, au risque de devoir patienter plusieurs heures, car ils sont rares dans la journée.
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vendredi 7 juillet 2006
Admirez ce magnifique lit de parade derrière sa petite balustrade. On se croirait dans un musée, mais pas du tout : il est possible de dormir dans ce lit ! Il se trouve au château de Bonnemare, à une trentaine de kilomètres de Giverny.
Bonnemare, c'est un château du dix-septième siècle habité par une famille d'agriculteurs. Les propriétaires louent les plus beaux appartements du château en chambres d'hôtes.
En fait de chambres, ce sont plutôt de merveilleuses suites où vous vous croyez dans les châteaux de la Loire, à Chantilly, à Vaux-le-Vicomte, à Versailles...
Salon de musique, boudoir, luxueuses salles de bains, partout des fresques, des stucs, des tapisseries, des rideaux qui dégringolent depuis le plafond, à quatre mètres de haut.
Un week-end à Bonnemare est un bien joli cadeau, qui demande tout de même de casser sa tirelire : 246 euros la nuit et le petit-déjeuner pour deux personnes. Mais c'est un moment privilégié de parcourir le château avec la maîtresse des lieux, qui a grandi là et connaît sa demeure sur le bout des doigts. D'anecdote en historiette, de détail architectural en meuble remarquable, on s'aperçoit soudain que la visite dure depuis deux heures et qu'on n'a pas vu le temps passer.
Au réveil, on prend son petit déjeuner dans l'ancienne cuisine du château. Dans la cheminée qui peut accueillir quatre personnes debout, un tournebroche est entraîné par des poulies mises en mouvement par la convection thermique du foyer. L'inventeur de cet ingénieux système aujourd'hui encore en parfait état porte un nom de code : Leonardo da Vinci.
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dimanche 18 juin 2006
Des messieurs en costumes sombres et porteurs de drapeaux étaient réunis ce matin en plein centre de Vernon, sur la Place de Gaulle.
L'endroit ne sert qu'une fois par an à la commémoration patriotique. D'habitude, les célébrations se passent plutôt dans les carrés militaires des cimetières, devant les monuments aux morts ou à la mairie. Mais il y a quelques années, chaque commune de France a reçu un exemplaire de l'appel du 18 juin du Général de Gaulle, et a été priée de l'afficher bien en vue.
Vernon avait une Place de Gaulle, place centrale où se tient le marché deux fois par semaine. Le lieu a paru tout indiqué. Le mémorial patriotique a pris place à côté de la boulangerie et du coiffeur, dans un des endroits les plus passagers de la ville. Certaines années, suivant les hasards du calendrier, les anciens combattants se retrouvent à quelques mètres des marchands de légumes, dans un irrévérencieux téléscopage du passé le plus glorieux et du présent le plus prosaïque. Mais cette année, le 18 juin tombe un dimanche et la place était libre.
Giverny n'a pas de place de Gaulle. S'il était besoin de donner des noms à de nouvelles rues, le village a bien assez de peintres à honorer. L'appel figure au mur de la mairie, où cette photo a été prise.
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jeudi 15 juin 2006

Une idée à prendre si une boîte aux lettres de la Poste orne votre mur : elle devient très romantique encadrée par un rosier rouge grimpant. On imagine aussitôt des lettres enflammées et parfumées...
Cette boîte est la plus proche de la maison de Monet à Giverny. Etait-elle déjà là quand Alice entretenait une correspondance quotidienne avec Claude, pendant ses longues campagnes de peinture ?
Aujourd'hui les lettres postées dans cette boîte ne portent pas le cachet de Giverny, elles sont oblitérées au bureau voisin de Gasny, dont la flamme est à l'effigie de Claude Monet.
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samedi 10 juin 2006
Le panneau orne fièrement la porte de la mairie :"Giverny Claude Monet Site classé Patrimoine national".
Le classement des sites naturels est moins connu que celui des monuments historiques, et pourtant la loi qui protège les paysages - entre autres - date du 21 avril 1906. Elle fête son centenaire cette année, en toute discrétion.
C'est en toute discrétion aussi que le panneau du classement a été placé à la mairie, à l'écart des flux touristiques. Mais il fallait bien le mettre quelque part.
La zone protégée depuis 1985 couvre un secteur qui s'étend sur plusieurs communes autour de la Fondation Monet. Les générations futures auront peut-être encore le loisir d'admirer les paysages qui ont inspiré le maître de l'impressionnisme.
Le classement d'un site comme celui de Giverny ne pose pas question, il va de soi. Mais parfois, l'inscription porte sur des objets beaucoup plus limités : un arbre, un cimetière.
Est-ce dû à un patrimoine régional exceptionnel, comme le proclame la Direction Régionale de l'Environnement de Haute-Normandie ? L'Eure est la championne de France du classement, avec 261 sites et monuments naturels protégés.
Dans un zèle qui les honore, les fonctionnaires du début du 20e siècle se sont empressés d'inscrire de nombreux arbres remarquables du département, parmi lesquels les ifs pluricentenaires des cimetières. Cette frénésie de classement a cessé après la guerre.
Aujourd'hui, on cherche à protéger de vastes zones naturelles et cohérentes. Les projets sont moins nombreux, mais plus ambitieux.
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lundi 5 juin 2006
A en juger par la forte participation des peintres hier à Giverny, le cru 2006 de la fête de la peinture dans l'Eure a été un succès.
Les artistes étaient regroupés près de l'hôtel Baudy, un peu à l'écart de la Fondation Monet. Il fallait donc avoir la curiosité de se promener un peu dans le village pour les voir. Quelques pas récompensés par l'intérêt de découvrir des artistes de talent en pleine création.
Beaucoup de visiteurs n'en auront sans doute pas eu le temps, l'entrée aux jardins de Monet demandant une bonne dose de patience.
Il a fait beau et chaud, une clémence météorologique dont nous avions perdu l'habitude ces dernières semaines. Comme c'était la Pentecôte, plusieurs milliers de Franciliens et de Normands ont eu la même bonne idée : aller visiter les jardins de Monet. Le dimanche de Pentecôte se dispute chaque année avec celui de la fête des mères le privilège du record d'affluence des particuliers. Je crois bien qu'il a gagné cette fois-ci.
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lundi 15 mai 2006
Quand Monet a emménagé à Giverny, le jardin de sa maison s'arrêtait à la route et à la voie ferrée. Par la suite, il a acheté un bout de terre de l'autre côté du chemin de fer pour y creuser son jardin d'eau. Cela ne le dérangeait guère de franchir le ballast pour passer d'un jardin à l'autre, vue la rareté des trains et leur allure modérée. Quant à la route...
Ces temps sont révolus. Aujourd'hui, si la ligne de train a été désaffectée et tranformée en voie verte, la départementale est devenue passante. Pas question de la faire traverser en surface aux visiteurs. On a donc construit des souterrains.
Le plus emprunté, c'est celui de la Fondation Monet. Il permet de faire la visite des deux jardins en passant sous la route. C'est un souterrain coquet, peint en rose et orné de treillage vert. On y descend par de belles marches en pierre de Vernon. Il porte une inscription gravée dans le marbre : "ce passage souterrain a été construit dans l'intérêt du public grâce à une donation de the Hon. Walter H. Annenberg."
Le plus récent, c'est celui du grand parking de la prairie. Lui aussi passe sous la route. Come il se doit si près de chez Monet, il a une vraie tête d'ouvrage d'art. Tout de béton, il répond à un cahier des charges exigeant : il est accessible aux handicapés. Il porte lui aussi une inscription. "Passage souterrain inondable".
Le plus mystérieux est beaucoup moins fréquenté. Chacun connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui sait où il se trouve. C'est "Le" fameux souterrain qui passerait sous la Seine. Rien que ça. Mais pourquoi pas ? Les mythes de souterrains se succèdent tous les 500 mètres le long du fleuve. Ce n'est pas impossible après tout, dans cette région frontalière où le moyen-âge a réussi plus d'un tour de force, tel que la construction de Château-Gaillard en un an, avec ses puits de 100 mètres de profondeur.
Cela paraît même plausible si l'on pense à quel point les collines entre Vernon et Giverny sont un gruyère de galeries. Pendant près de mille ans, on en a extrait la pierre qui a servi à construire quantité de monuments, dont la Sainte Chapelle à Paris.
Si on redécouvre ce souterrain, je me demande s'il portera une inscription, et si oui, laquelle ?
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dimanche 7 mai 2006
De tous les panneaux indicateurs qui flèchent Giverny, c'est celui que je préfère.
Il se trouve sur le plateau entre Vernon et Gasny.
Il y a des panneaux haut perchés, en grappes, qui claironnent l'indication. D'autres, ostensibles, annoncent le musée Claude Monet. Celui-ci chuchote l'information. Au bout de cette route de campagne, se trouve la commune de Giverny. C'est dit en toute modestie, au ras du sol. L'arrière-plan change d'année en année, le plus beau décor est celui du champ de blé - discrète évocation des Meules.
Indiqué de cette façon, Giverny retrouve sa ruralité. Le village de Monet redevient semblable à tous les autres villages, tel qu'il était avant que le peintre ne le distingue.
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vendredi 28 avril 2006
Message terrible au courrier : que faut-il répondre à ces parents douloureusement éprouvés par la mort de leur fils, qui demandent s'ils peuvent répandre un peu de ses cendres dans le jardin de Monet ? En pensant à eux, je suis allée me recueillir sur la tombe de Monet derrière l'église de Giverny. La réponse était peut-être là.
Do you allow scattering of a small amount of ashes at the Gardens? Our 23 year old son died March 15th. He loved Monet. We would like to scatter a small portion of his ashes there.
Thank you.
L. K.
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samedi 15 avril 2006
Je ne connais pas d'autre endroit comme ça : à Giverny, l'enchantement commence dès le parking. Un soin tout spécial a été apporté à tous les parcs de stationnement du village pour qu'ils s'intègrent dans le paysage.
Le plus ancien, celui juste en face de la billeterie de la Fondation Monet, s'étage à flanc de colline au milieu des narcisses. A l'entrée, un viburnum magnifique accueille les automobilistes à coup de boules de neige.
Celui du Musée d'Art Américain ressemble à un verger. On se gare sous les grappes roses des cerisiers du Japon.
Le plus grand, le plus récent, a été aménagé dans la plaine des Ajoux derrière l'étang aux nymphéas. C'est une zone qui devient vite marécageuse. Les paysagistes ont imaginé d'y faire pousser des collections d'herbes et de graminées. Pour l'instant tout est encore ras. Il sera beau cet été.
Ce billet, écrit à 17:34 par Ariane dans la catégorie Giverny a suscité :
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