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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

samedi 27 avril 2013

Tulipe sylvestre

Tulipe sylvestreAu milieu des tulipes de culture droites comme des piquets, se détachent les lignes gracieuses de la tulipe sylvestre. Sa tige ploie avec souplesse sous le poids de la tête d'un jaune vif délicatement teinté de vert sur le dehors.
La tulipe sylvestre est aujourd'hui cultivée dans les jardins de Monet et autres parcs botaniques. Mais il y a quelques décennies encore, elle poussait en nappes serrées dans la nature. En Alsace, elle avait fait des vignes son terrain de prédilection. Le passage des charrues avait pour effet de séparer les bulbilles et de favoriser sa reproduction.
Malheureusement pour les tulipes, les viticulteurs ont cessé de désherber à la charrue. L'emploi massif d'herbicides a eu raison des jolies fleurettes. Elles sont devenues très rares, même s'il paraît qu'elles reviennent dans les parcelles cultivées en bio.
C'est une joie pour moi de les retrouver aujourd'hui dans les massifs de Giverny. D'un coup, j'ai six ans à nouveau, et je me faufile entre les rangs de vignes pour cueillir de grandes brassées de tulipes sauvages. Leur nombre dégage un parfum douceâtre qui se mêle à celui des feuilles écrasées. Impossible de ne pas marcher dessus : il y en a partout.
A la maison, on trouve un vase, mais les tiges trop molles laissent les corolles pendre piteusement par-dessus bord. Ca m'énerve un peu, et je ne suis pas sûre d'aimer vraiment ces petites tulipes à la couleur à la fois criarde et verdâtre que les adultes paraissent affectionner beaucoup.
Pourquoi les cueillir alors... Parce qu'elles sont là à profusion et qu'elles marquent le printemps, parce que les petites filles aiment cueillir des fleurs, pour faire plaisir à ma maman... Ces fleurs que je n'aimais pas vraiment me sont devenues chères dans le souvenir, et elles ont aujourd'hui ma préférence attendrie, entre toutes les tulipes somptueuses et sans histoire qui s'épanouissent en ce moment à Giverny.

lundi 11 février 2013

Fée des Neiges

Rosier fée des neiges, iceberg, schneewittchenBlanche-Neige est la fille de la Vierge et de Robin des Bois. Pas pour les frères Grimm, naturellement, mais au pays des roses, un monde parallèle qui cousine avec les contes de fées.
Blanche-Neige, c'est le nom choisi en 1958 par l'obtenteur allemand Kordes pour ce rosier qui allait atteindre la gloire suprême, la distinction ultime, le titre de rose préférée au monde : un hommage rendu à une seule rose chaque année par la Fédération mondiale des sociétés de roses.
Plus exactement, Korbes a baptisé sa jeune beauté à la blancheur virginale Schneewittchen, soit Blanche-Neige en allemand. Pour une raison qui m'est obscure le rosier est devenu Fée des neiges en français, et Iceberg en anglais. Trois noms différents qui surfent sur sa blancheur nivéale, mais qui peuvent prêter à confusion.
A en croire les pros, Fée des Neiges, donc, a toutes les qualités de la terre.
Elle fleurit abondamment jusqu'aux gelées, elle résiste impeccablement à la pluie, elle fait de belles fleurs bien pleines... Ils disent vrais, ces qualités se manifestent sur les sujets plantés dans le jardin de Monet.
Les forums d'amateurs de rose, en revanche, se montrent plus nuancés. Untel pointe le côté grêle des rameaux, tel autre la sensibilité du feuillage aux maladies... Le troisième a la solution : une taille sévère pour obliger le rosier à se développer de la base.
Monet n'aurait pas pu contribuer à ces fructueux échanges, car Fée des Neiges a été obtenue des décennies après sa mort. C'est certainement sa longue durée de floraison qui a été déterminante pour l'introduire à Giverny, puisque le jardin ouvert au public se doit d'être fleuri tout au long de la saison.
Si Fée des Neiges n'existait pas il y a cent ans, Monet n'en avait pas moins, déjà, un choix immense pour fleurir son jardin. A l'Haÿ-les-Roses, on se souvient qu'en 1910 le collectionneur Jules Gravereaux avait rassemblé dans sa roseraie la bagatelle de 8000 types de roses différents, soit toutes les roses de son époque.

Photo : Un rosier tige Fée des neiges (iceberg) dans le jardin de Claude Monet à Giverny

jeudi 24 janvier 2013

Balsamine

BalsamineSe plaindre de son jardin est un filon intarissable, qui peut devenir comique si on a le talent d'Octave Mirbeau.
La correspondance de l'écrivain avec Claude Monet regorge d'allusions au jardinage et aux fleurs. Mais Mirbeau, si fin jardinier, ne peut se départir d'un sentiment d'infériorité par rapport aux gens qu'il admire et qu'il déifie. Il met souvent une certaine complaisance à l'auto-dénigrement, et son humour finit par avoir des accents touchants. Voici ce qu'il répond à Monet depuis sa propriété des Damps à la mi-juillet 1890, une période où le peintre en pleine crise morale vient de lui écrire qu'il est "foutu" :

Si vous faites une petite interruption dans votre travail, c'est vous qui devriez venir en famille passer une journée ici. Nous essaierions de nous remonter réciproquement le moral, et, quoi que vous en disiez, mon bon Monet, j'en ai bien plus besoin que vous, parce que vous c'est vous, et que moi c'est personne, parce que vous au moins, vous avez la consolation d'un beau jardin, et que moi... Ah ! il se passe dans le mien des choses véritablement extraordinaires. Dieu sait si les plantes étaient mesquines. Eh bien, au lieu de pousser, les voilà qui rapetissent. Chaque jour je constate une diminution de un ou deux centimètres. Et je m'attends, un de ces matins, à ce qu'elles vont rentrer en terre complètement.
Il ya là un phénomène surprenant. La terre a été abondamment fumée ; durant la sècheresse, l'arrosoir a fait rage. Peut-être qu'elles poussent par en bas, et que je vais avoir un jardin souterrain. Et pour comble d'infortune, Vilmorin s'est moqué de moi d'une façon outrageante. Je lui demande des capucines naines, il m'envoie des capucines grimpantes. Je ne sais plus que faire de celles qui me restent, ni comment les diriger. C'est absurde. Et voilà une maladie inconnue qui s'abat sur mes 50 tristes reines-Marguerite. Elles poussent sans feuilles, une hampe dépourvue de tout, une hampe qui ressemble à un bout de bois mort. Comme tout a crevé, pour occuper les places vides, le jardinier m'apporte des balsamines. Des balsamines ! La fleur la plus bête que je sache. Ah ! je suis bien loti, et tout s'acharne pour me rendre fou. Enfin, mon ami, le jardin est des plus curieux, en ce sens qu'il n'y a rien, et que ce qu'il y a est moins que rien. Il faut voir cela.

Et vous, vous reconnaissez-vous en Mirbeau ? Vous arrive-t-il de vous plaindre de vos plantes ?

Photo : La balsamine, "la fleur la plus bête" qui soit, selon Mirbeau.

dimanche 9 décembre 2012

Anémone de Caen

Anémone de Caen Son nom pourrait faire croire que l'anémone de Caen est normande. C'est plutôt un hasard de l'appellation du cultivar, car c'est près de la Méditerranée que l'anémone se sent tout à fait chez elle, au point de pousser à l'état sauvage dans les prairies et les oliveraies. Elle garde quelques traits de caractère de cette origine : l'anémone apprécie le soleil et la lumière et elle n'a pas peur d'un peu de sécheresse.
Depuis au moins vingt-cinq siècles qu'on la connaît, l'anémone a conquis le coeur des jardiniers et des fleuristes qui l'on sacrée anémone coronaire. Sa couronne d'étamines bleues entourant une petite tête sombre coiffée en brosse est irrésistible. Tout autour, l'anémone déploie un jupon de pétale patriotique bleu, blanc ou rouge, ou encore violet.
Quand elle se plaît, dans une terre de jardin alcaline et pas trop riche, en bonne vivace l'anémone de Caen fleurit imperturbablement chaque printemps, et parfois aussi à l'automne. Son tubercule passe tranquillement l'hiver au jardin puis, quand le sol se réchauffe, apparaissent de jolies feuilles dentelées et une fleur unique.
C'est le défaut de l'anémone, cette fleur solitaire qui oblige à la planter en groupe pour un peu d'effet. Si tout va bien, l'anémone se rachète en se mutipliant du pied et de la tête. Après la floraison, des bulbilles poussent autour du tubercule, et peuvent être replantés. Pendant ce temps, le coeur de la fleur s'est transformé en dizaines de graines duveteuses qui n'attendent que la première brise pour s'envoler et se ressemer plus loin. Qaund les anémomètres s'affolent, l'anémone mérite bien son nom de "fleur du vent".

vendredi 6 juillet 2012

Bleu lin

La fleur de linA moins que vous ne soyez en train de surfer depuis votre portable, cette fleur doit vous apparaître nettement plus grosse qu'au naturel, où elle fait la taille d'un ongle, perchée toute seule au bout de sa tige.
En plus d'être d'une petitesse insignifiante, elle se paie le luxe d'une floraison ultra éphémère, quelques heures à peine. Alors, pourquoi la cultiver, en particulier à Giverny ?
Peut-être pour son joli bleu délavé comme le ciel normand, finement strié de sombre.
Ou peut-être parce que c'est une fleur de lin, l'une des cultures emblématiques de la Haute-Normandie.
C'est à la mi-juin qu'il faut aller se balader dans la campagne de l'Eure et de la Seine-Maritime pour admirer les nappes bleues des champs de lin, tout en délicatesse.
Là où le colza fait claquer son jaune jusqu'à la stridence pendant plusieurs semaines, le lin joue l'élégance dès sa floraison.

dimanche 3 juin 2012

Oeillet de poète

oeillet de poète L'oeillet, c'est un petit oeil. L'image n'est pas très parlante avec les variétés unies, mais elle le devient pour les oeillets bicolores, où la couleur dessine une cible.
Le nom botanique de l'oeillet, dianthus, en fait la fleur des dieux, pas moins. Pourquoi est-elle plus qu'une autre dédiée au poète ? Mystère.
Dans le langage des fleurs l'oeillet de poète désigne l'amour. C'est l'une des raisons pour laquelle, blanc comme celui-ci, il a trouvé sa place dans le bouquet de mariage de la princesse Kate. On ne voit pas trop comment elle aurait pu s'en passer, en fait, car le nom anglais de l'oeillet de poète est Sweet William, justement le prénom de son charmant mari.
On se creuse la tête depuis belle lurette pour savoir qui pouvait bien être ce fameux doux William qui a donné son prénom à la fleur. Pour les uns, c'est par ironie, un noble particulièrement cruel. Pour les autres, c'est le Conquérant, à moins qu'il ne s'agisse de Shakespeare (tiens ! tiens ! revoilà le poète !).
Perso, l'explication que je trouve la plus convaincante est celle-ci : william serait une déformation du français oeillet, tout bêtement.
Un billet dédié à la famille royale anglaise, jubilé oblige.

mercredi 2 mai 2012

Erythronium

ErythroniumCes jolies petites clochettes jaunes perchées en haut d'une fine tige d'environ trente centimètres sont celles de l'érythronium.
Le nom vulgaire de cette bulbeuse est la "dent de chien", dens canis, en anglais dogtooth violet, en raison de la forme de son oignon qui ressemble à une canine de canin. La personne qui a inventé un nom aussi peu seyant à cette fleurette devait avoir une dent contre elle. Peut-être parce qu'elle est capricieuse à multiplier, et qu'il faut souvent cinq ans avant que les petites nouvelles ne fassent enfin des fleurs. De quoi décourager les jardiniers amateurs, et imposer des prix élevés aux bulbiculteurs, plus d'un euro par bulbe. Une dent oui, mais une dent en or !
L'erythronium porte aussi le nom nettement plus charmant de lis des bois. Voilà qui met sur la piste de ses préférences au jardin. A l'instar des perce-neige, muguet et autre jacinthe des bois, ce petit lis-là aime être cultivé à l'ombre des arbres. Il fleurit avant que ceux-ci n'ouvrent leurs feuilles, et se trouve douillettement protégé des ardeurs du soleil juste après.
A Giverny, on peut voir les érythroniums dans le massif jaune au pied du mur qui longe la route, où ils trouvent l'ombre nécessaire.
Comme on le voit sur la photo prise à la fin de ce mois d'avril très pluvieux, le lis des bois passe pour un mets de choix chez les limaces. Sinon il n'a presque pas de défauts, une fois qu'on l'a convaincu de s'installer, ce qui semble presque aussi difficile que d'attirer des entreprises sur la zone d'activité de votre commune. Pour avoir une chance de l'amadouer, il vaut mieux l'acheter en pot, le bulbe déteste se dessécher au contact de l'air. Et une fois qu'il a repris, on n'y touche plus. Le lis des bois est casanier.
Il existe en différentes couleurs, la plus facile à se procurer et la plus florifère étant celle-ci, un hybride jaune dénommé Pagode, sûrement par analogie avec ses pétales recourbés.
Ce sont les feuilles maculées de taches rouges qui ont donné son nom botanique à l'érythronium. Il dérive de erythros, l'une des trois façons de dire rouge en grec. Un mot qui fait penser à l'Erythrée, pays de la corne de l'Afrique proche de la mer Rouge.

lundi 21 juin 2010

Liseron

LiseronPris sur le fait en plein élan, le boa constrictor des plantes est à l'oeuvre. La tige du liseron s'est enroulée autour de l'iris et continue sa course vers la feuille qui le surplombe.
Ravi d'avoir trouvé un endroit où s'accrocher, le liseron se prépare à s'y entortiller, pour mieux poursuivre son chemin. Où s'arrêtera-t-il ?
Au début, le liseron n'a pas l'air bien méchant, avec sa tige en bout de ficelle de rien du tout. Pour un peu, on l'inviterait dans le jardin, séduit par le charme de ses fleurettes en coupelles blanches et roses. Mais ses feuilles en forme de flèche devraient inciter à la méfiance. Le liseron a des intentions conquérantes. Et il est rapide.
Sous ses allures chétives cette vivace cache une vigueur d'athlète, des ruses infinies pour s'étendre, une détermination sans faille.
Sa tige, comme un tête chercheuse, bat les alentours en quête d'un point d'appui. Quand elle en rencontre un, malheur ! Elle s'y emberlificote à plaisir, trouvant dans les autres plantes le maintien ligneux qui lui fait défaut. Et que je te serre, et que je t'enserre, mieux qu'avec des serres.
Sous ce garrot, la brave plante qui a accueilli le liseron chancelle. Est-ce ainsi qu'on la remercie de son hospitalité ? Elle subit, la pauvre, de toute la passivité des créatures du règne végétal, dépourvues de bras pour repousser, de dents pour mordre, de jambes pour flanquer des coups de pieds, et même de voix pour crier leur colère. Les plantes souffrent en silence. Leur détresse est muette, sauf à les observer d'un peu près.
Et des observateurs, ce n'est pas ce qui manque dans les jardins de Monet. "Vous avez du liseron ?" s'enquièrent les visiteurs, qui ne tardent pas à s'apercevoir que oui.
Ils s'imaginaient sans doute que par quelque merveille due au professionnalisme des jardiniers de Giverny, à leur vigilance sans faille, le liseron aurait disparu du jardin de Monet, en même temps que les pucerons, les limaces et les escargots.
Cela ne se peut, n'est-ce pas. Même le paradis a son serpent.

jeudi 6 novembre 2008

Nicandra Physaloides

Nicandra PhysaloidesOn ne sait pas trop par quel bout photographier cette plante parfois haute comme un homme qui égrène ses grâces au bout de ses rameaux.
Pour illuminer son abondante verdure, le nicandra allume chaque jour d'éphémères petites fleurs mauves au coeur blanc de-ci delà parmi les feuilles. Les corolles épanouies font face au soleil pour mieux se faire admirer, non sans une pointe de vanité. Si fragiles elles se croient éternelles, avec l'insouciance de la jeunesse. Dès le soir, regardez ce qui se passe ! Leur pétiole se recourbe, leurs pétales se replient. Elles ont appris la modestie, elles baissent les yeux, la mine déconfite.
Leurs froufrous ne servaient qu'à séduire les insectes. Les voilà grosses sans le savoir.
Leur descendance mûrit sous les sépales qui enflent et gonflent comme de petits lampions. Ils dissimulent une baie bourrée à craquer de graines qui n'aiment rien tant que de se ressemer partout dans votre jardin.
Malgré sa ressemblance avec l'amour en cage, le délicieux physalis, il ne faudrait pas s'aviser de goûter aux fruits du nicandra qui cousine paraît-il avec la redoutable belladone.
C'est donc du regard que l'on goûte aux charmes de cette plante qui cache ses trésors sous le plus léger bouclier qui soit.

lundi 1 septembre 2008

Hydrangea

hortensia bleuCe n'est un secret pour personne, l'hydrangéa (ou hortensia si vous préférez) change de couleur selon la nature du sol. En sol très acide il est bleu, ailleurs il est rose, ce qui révèle un goût certain pour les coloris layette. Pourtant il semblerait que ce ne soit pas entre des pétales d'hortensia que naissent les bébés, même si ce serait assez chou. Et regardez quel petit nid douillet cela ferait !
Je manque à vrai dire de précisions sur la conception potagère et florale des poupons, si vous avez été mieux renseigné que moi par vos parents n'hésitez pas à m'apporter enfin les éclaircissements qui m'ont toujours fait défaut.
On apprend en revanche tout ce que l'on pourrait souhaiter savoir sur les hortensias en parcourant le site web de la plus grande collection de cette fleur au monde. La collection Shamrock se trouve à Varengeville-sur-Mer, en Seine-Maritime, et présente pas moins de 1200 variétés différentes. De quoi faire tourner la tête ! Si la visite vous tente, dépêchez-vous, le jardin est ouvert jusqu'à la fin septembre.

samedi 23 août 2008

Riche idée

Nom des fleurs dans les massifs de Saint-MarcelLa ville de Saint-Marcel, à côté de Vernon, a décidé de ne pas fleurir idiot.
Dans chaque massif municipal on trouve un panonceau explicatif qui détaille les variétés de plantes fleuries présentes dans le parterre. Connaissiez-vous le nom latin de l'oeillet (dianthus), saviez-vous à quoi ressemblent des gazanias ?
Il y a parfois dans certaines démarches municipales une volonté didactique. Les noms de rue, par exemple, sont parfois assortis d'explications. On situe en deux mots un personnage, un lieu. Des dates, un grade, une fonction, un métier... L'intention est claire, hommage, devoir de mémoire.
Ici, avec les petits panneaux au milieu des fleurs, on est plutôt dans le domaine du service. Vous voulez savoir comment s'appellent ces belles fleurs ? Voici leur nom.
La pancarte souligne du même coup la diversité des plantes choisies, leur beauté, leur bonne santé. Une façon discrète de mettre en avant le travail des jardiniers municipaux.

mercredi 13 août 2008

Cosmos

Fleur de CosmosEn toute simplicité, cette fleur s'appelle Cosmos.
Quand on porte un nom aussi démesuré, tout l'art consiste à garder des dehors modestes.
Aussi le cosmos s'applique-t-il à ne pas en faire trop. Ses pétales ne la ramènent pas, ni par l'ampleur ni par le volume, un petit plissé tout simple, pas de froufrous superflus. La tige est toute fine comme un trait de crayon, le feuillage, une brume légère qui ne fait d'ombre à personne.
Côté couleur le cosmos a une préférence pour les roses vifs ou le blanc frais, les deux se mêlant parfois à la façon d'une aquarelle.
Surtout le cosmos a oublié d'être capricieux, et sa culture enfantine le fait aimer des jardiniers débutants qui découvrent avec lui le bonheur de se créer un univers.

samedi 28 avril 2007

Tulipes multiples

Tulipes à plusieurs têtes dans le jardin du Musée d'art américain à GivernyOn n'arrête pas le progrès : voici que les tulipes se mettent à avoir non pas une fleur au bout de la tige, mais trois, quatre, cinq, tout un bouquet.
J'ai photographié celles-ci dans le jardin du Musée d'Art Américain de Giverny. Les jardiniers ont sélectionné des fleurs bicolores de différentes teintes. L'effet obtenu avec ces tulipes multiples est celui d'une masse colorée beaucoup plus dense qu'avec des tulipes traditionnelles.
Elles sont associées ici avec des pensées orange et des giroflées jaunes.

dimanche 22 avril 2007

Violette

violette des boisDans les forêts de Normandie, les violettes ont jailli en touffes colorées qui se mêlent aux anémones des bois.
En faire un bouquet demande une bonne dose de patience, mais il en faut bien plus encore si on veut en cueillir pour les croquer. C'est irrésistiblement joli dans une salade verte ou une salade de fruits.
La violette a la saveur douce des bonbons de Toulouse - la ville rose a fait de cette fleur parme son emblème.
Tout est délicat chez la violette, son parfum, sa teinte passée, la courbure de sa tige et même son maquillage raffiné. Regardez bien ! Son coeur est un oeil bordé de longs cils et de fard à paupière.
Il faut s'approcher tout près pour découvrir ces coquetteries, si contradictoires avec l'idée qu'on se fait d'un fleur qui symbolise la modestie...

Violette rime avec Colette. Quand j'étais collégienne en classe de sixième, nous avions eu en dictée ce texte de l'écrivaine :

"Violettes blanches et violettes bleues, et violettes d'un blanc-bleu veiné de nacre rose. Ô violettes de mon enfance ! Vous montez devant moi, toutes, vous treillagez le ciel laiteux d'avril, et la palpitation de vos petits visages innombrables m'enivre."
Je cite de mémoire, c'est peut-être un peu transformé. Mais la nostalgie émerveillée de Colette fait tellement écho à la mienne ! Merveille du retour du printemps, merveille de l'écriture poétique et de l'observation juste de cette grande dame.
Chaque année quand reviennent les violettes je me récite ces mots avec gourmandise, et le regret d'avoir oublié, si je l'ai jamais su, de quel ouvrage sont tirées ces lignes. Et puis il y a quelques mois, j'ai trouvé dans le grenier une vieille édition des Vrilles de la vigne de Colette. Cachées dans les pages jaunies qui sentaient le vieux papier, elles étaient là, les violettes... Depuis, le livre est retourné dormir dans son carton. Vous me pardonnerez de ne pas aller le réveiller.

samedi 14 avril 2007

Tulipe

deux tulipesLes tulipes sont de grandes stars. Elles posent comme personne, avec leurs grosses têtes pensives qu'elles courbent doucement tout en haut d'un très long cou.
Quand elles sont plantées serrées et que leurs têtes se touchent, elles font irrésistiblement penser à un geste de tendresse, à un baiser.
Leur texture fondante a quelque chose du bonbon. Le pastel excelle à rendre leurs fines stries où la lumière se perd.
Approchons-nous. Il suffit de s'asseoir à leur hauteur pour que leurs pétales de satin ou de soie deviennent chair palpitante.
J'ai rencontré un jour un peintre fasciné par cette similitude. Il peignait des tulipes en fin de floraison, en train de fâner, et cette évocation de la décrépitude avait quelque chose d'aussi poignant que dérangeant.

Le matin, les parterres de tulipes sont des rangées de mains jointes quémandant le soleil. L'après-midi, prière exaucée, elles s'ouvrent sur des trésors intimes.
Qu'un coup de vent fasse tomber un pétale, et c'est tout cet intérieur secret qui se dévoile, suspendu en plein ciel comme ces maisons partiellement démolies où il ne reste plus qu'un mur des anciennes pièces, dont on devine encore l'attribution à la couleur des papiers peints.

jeudi 8 février 2007

Forsythia

ForsythiaLe nom même du forsythia sonne comme une invitation à le forcer. C'est un jeu : en février, quand les bourgeons tout gonflés semblent n'attendre que le premier rayon tiède pour éclater, on cueille quelques tiges. A l'intérieur, le forsythia, berné, ne tarde pas à exploser de couleur.
Les premières fleurs du printemps sont jaunes, les primevères, les jonquilles, même les tulipes sauvages qui tapissaient les vignes, à l'époque où le désherbage se faisait sans herbicides, à la charrue. Le forsythia n'échappe pas à la règle. C'est un jaune qui réchauffe, une petite boule de soleil dans chaque jardin.
Promenez-vous en mars dans un quartier résidentiel, et cherchez les maisons qui n'ont pas de forsythia. Tous les jardiniers, ou presque, en ont planté un, sans la moindre réticence à l'idée de copier sur les voisins.
Pas seulement parce que c'est un arbuste d'une culture enfantine, qui s'accommode aussi bien d'un oubli complet que d'une taille maniaque : le forsythia est un must. Il répond à l'impatience que nous éprouvons dans l'attente du printemps. Sa floraison précoce est un cri de joie muet : "l'hiver se termine !"
Son heure de gloire terminée, le forsythia rentre dans l'ombre. Les feuilles prennent le relais des fleurs fanées. Elles offrent un écran de verdure agréable mais si banal qu'on oublie la plante le reste de l'année. On peut lui redonner de l'intérêt en y faisant grimper des pois de senteur, dans une floraison rose du plus bel effet.

vendredi 2 février 2007

Perce-Neige

Perce-neigePour qu'on ne la confonde avec aucune autre, la Perce-Neige s'est tamponné un petit coeur vert sur la corolle. Elle est si rare à l'état sauvage qu'il paraît qu'il faut, si on en trouve dans les bois, se demander s'il n'y a pas quelque maison en ruine à proximité.
Toutes les perce-neige sont en fleur à Giverny. Elles n'ont pas eu besoin de pousser de la tête quelques centimètres de poudreuse, ici les perce-neige ont rarement l'occasion de justifier leur nom. Mais elles sont si précoces qu'il arrive qu'il neige alors qu'elles fleurissent. L'effet produit par leurs clochettes blanches encapuchonnées d'un manteau blanc est ravissant, additionné d'un je-ne-sais-quoi de satisfaisant pour l'esprit.
La Perce-Neige a un caractère facile et des moeurs sociables. Elle n'aime rien tant que vivre en bandes, et on dirait qu'elle a davantage d'amis chaque hiver.
Elle a choisi, dans l'année, la pire saison pour fleurir, celle dont aucune autre fleur ne voulait. Bonne fille, elle s'accommode des jours courts, de la fraîcheur et de l'absence d'insectes. Si l'année était une journée, la Perce-Neige serait la première levée.
Quand elle se plaît quelque part, la Perce-Neige se multiplie. Elle est capable de coloniser de grandes surfaces de pelouse en sous-bois, qu'elle blanchit comme un tapis.
La Perce-Neige tire son énergie de son petit bulbe, d'où elle sort son pique-nique à l'heure voulue. Je la soupçonne pourtant de se multiplier aussi par graine. Sinon, comment a-t-elle fait pour venir se glisser entre les marches de l'escalier ? Chaque année je reste baba de la voir surgir entre les pierres, toute faraude. Ah ah ! semble-t-elle dire, tu ne me croyais pas capable de pousser là, pas vrai ?
Derrière son caractère enjoué, la Perce-Neige cache pourtant une pointe de vacherie : c'est son pluriel. Quand j'étais enfant, ma marraine habitait "Résidence des Perce-Neige". Je me souviens du jour où elle m'a dicté son adresse, et où j'ai consciencieusement mis un s à perce et à neige. Son air moqueur : "eh ben dis donc, l'orthographe !" J'ai appris depuis la règle : dans les noms composés, les verbes sont invariables. Quant à neige, le sens voudrait qu'on ne l'accorde pas, il n'y a qu'une neige à percer. Le dictionnaire admet les deux, des perce-neige ou perce-neiges, quelle liberté grisante !
Je ne voudrais pas que vous ayez une idée fausse de ma marraine. Au demeurant, c'était une fée, comme il se doit pour une marraine. Je sais maintenant que ce jour-là, en m'obligeant à l'exigence avec moi-même, elle m'a fait un cadeau. Au milieu de toutes les fleurs du jardin d'Eden où elle se promène aujourd'hui, je lui dédie la fraîcheur d'un bouquet des premières perce-neige.

jeudi 7 septembre 2006

Perilla nankinensis

Perilla nankinensis, périlleLa pérille de nankin est une plante condimentaire qui nous vient tout droit du Japon. Elle est à la cuisine nippone ce que le persil est à la nôtre, mais ce sont plutôt ses qualités décoratives qui l'ont fait adopter depuis peu par les jardiniers européens dans les massifs.
Au potager du château de la Roche-Guyon, elle est plantée si serrée qu'elle forme une masse dense verte et pourpre.
Ses feuilles finement dentées et sa taille rappellent l'ortie, tandis que sa couleur évoque les salades rouges. Au Japon, on consomme les feuilles crues ou séchées, en tempura, avec du tofu, des sushis... On utilise aussi les graines et l'huile qui en est extraite.
Le week-end prochain (du 8 au 10 septembre 2006), on pourra en cueillir et y goûter à l'occasion de la "Fête du jardin gourmand dans le verger-potager du château de La Roche-Guyon". Les massifs de sauge sclarée, de cerfeuil musqué, de pérille de nankin et d'agastache vont venir parfumer des salades à accompagner d'un petit vin d'aspérule. La jardinière Noémie Vialard vous donnera les recettes et de bons conseils pour cultiver les aromatiques en pot.
Le potager du château de la Roche-Guyon est ouvert tous les jours de 10 h à 17 h jusqu'au 5 novembre.

samedi 24 juin 2006

Rose orange

Rose orange dans les jardins de Monet à GivernyDans les jardins de Monet à Giverny, ce buisson de roses se taille un beau succès. Impossible de passer à proximité sans entendre des exclamations d'admiration dans toutes les langues. C'est la star, tout le monde le prend en photo.
C'est sa couleur qui remporte tous les suffrages. Ce rose un peu saumonné, un peu orange. Original, non ?
Si vous voulez retrouver ce rosier lors de votre prochaine visite, vous ne pouvez pas le rater, il se trouve entre la maison de Claude Monet et la boutique.

mercredi 7 juin 2006

Champ de coquelicots

coquelicots à GivernyEtonnant destin que celui du coquelicot : de mauvaise herbe, de fleur des champs indésirable, le voici devenu icône. Il a suffi pour cela de quelques coups du pinceau magique de Monet.
Cette photo a été prise dans le pré qui borde le musée d'art américain de Giverny.
Le MAAG organise des ateliers de peinture, et la prairie fleurie est l'un des sujets favoris des élèves. Bleuets et coquelicots s'y poussent du col, en petites touches de couleur pure au milieu du vert.
Mais les fleurs n'ont plus rien de sauvage. Partout les herbicides ont fait disparaître les champs de blé envahis de coquelicots. Pour recréer le spectacle des étendues de coquelicots chères à Monet, il a fallu les semer.

vendredi 2 juin 2006

Les orchidées de Giverny

Les orchidées de GivernyLes collines calcaires qui s'élèvent au-dessus de Giverny et de Vernon récèlent des trésors. C'est l'endroit de la vallée de la Seine où l'on trouve le plus d'orchidées sauvages : on en a identifié 35 espèces, toutes protégées.
Elles connaissent en ce moment leur pic de floraison. Les plus faciles à repérer sont les orchidées pyramidales, d'un rose vif et d'une forme caractéristique, qui aiment pousser en stations de plusieurs fleurs.
Celle-ci, également commune, est une orchidée pourpre. Elle peut dépasser les 80 cm.
On peut partir à leur recherche le long du chemin qui relie Vernon et Giverny, et à travers la colline. C'est un émerveillement de les observer de près, avec leurs airs de grandes dames réduites à l'état de miniatures, leurs couleurs et leurs formes sophistiquées. Le bouquet sera photographique seulement, car il est interdit de les cueillir.


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