jeudi 15 mars 2012
Topinambour
Fleurs de topinambours, Claude Monet 1880, huile sur toile 100 x 73 cm, National Gallery of Art, Washington, D.C. États-Unis.
A la fin de l'année 1880, le paysagiste Claude Monet habite Vétheuil quand il peint plusieurs natures mortes et bouquets de fleurs d'automne : peut-être est-ce l'effet du mauvais temps qui l'oblige à rester à l'intérieur, ou peut-être le désir de se diversifier en proposant autre chose que des paysages, dans l'espoir de réaliser de meilleures ventes. Les temps sont difficiles.
Entre deux averses, Monet va faire un tour dans son jardin de Vétheuil et cueille de pleines brassées des grandes fleurs que celui-ci lui offre en septembre-octobre. Il peint des dahlias, des mauves, des asters, des chrysanthèmes. Et des topinambours.
C'est du moins le nom que porte cette toile, Fleurs de topinambours.
Qui l'a baptisée ainsi, Monet ou un marchand ? Sans aucun doute ce sont des hélianthes, un genre qui regroupe des dizaines d'espèces, mais s'agit-il vraiment de topinambours, alias helianthus tuberosus, les hélianthes cultivées pour leurs tubercules ? Si c'est le cas, alors les topinambours étaient beaucoup plus florifères qu'aujourd'hui.
Je sens que la question vous laisse de marbre. Elle m'importe, car je vous parle d'expérience. Séduite par ce tableau, je me suis mis en tête de cultiver des topinambours l'an dernier dans un coin de mon jardin.
Le topinambour revient timidement sur le devant de la scène culinaire. Soixante-dix ans après la guerre, il a toujours une réputation sulfureuse qui lui colle à la peau, en compagnie de son âme damnée le rutabaga.
Si vous en avez goûté récemment, vous savez que c'est délicieux, un goût qui fait plus que rappeler l'artichaut, qui est exactement semblable au fond d'artichaut le plus délicat. Évidemment, il faut aimer. Et surtout consommer avec modération.
On se lasse vite de certains légumes, c'est peut-être ce qui a causé tant de tort au malheureux topinambour. Non rationné pendant l'Occupation, il revenait trop souvent au menu. En trop grande quantité.
Bien décidée à faire fi de ces préjugés d'un autre âge, au printemps j'ai mis en terre six pieds de topinambours.
J'ai vu les tiges poindre, s'étoffer, grandir, se hisser, se hausser, se hâter de s'élever à n'en plus finir. Quatre mètres, quatre mètres cinquante. Une prouesse technique, un exploit, un numéro de cirque qui méritait des applaudissements, qui faisait s'arrêter les passants. Mais de fleurs, point.
L'automne vint, et tout en haut d'une tige interminable, une corolle timide s'ouvrit. Je retenais mon souffle, espérant toujours un bouquet de soleils en plein ciel.
Il n'y eut pas d'autre fleur. Les feuilles fanèrent et noircirent. Sous les tiges desséchées, un coup de bêche révéla d'étonnants tubercules en forme de fleurs, à la peau rose et ridée.
Les six pieds ont donné des kilos et des kilos de topinambours. C'est donc pour cela qu'on en mange toujours trop ! J'en ai distribué à tout le monde, y compris au livreur de machine à laver. Mais pas deux fois, il ne faut pas abuser des bonnes choses quand il y a du météorisme dans l'air.
Cette année, si les topinambours veulent bien éviter de repousser spontanément, je planterai des hélianthes.
Ce billet, écrit à 23:50 par Ariane dans la catégorie Fleur et tableau a suscité :


C'est un regret qu'on a surtout à l'époque de la floraison des iris, au mois de mai. Car en ce moment où ils sont défleuris, revenus à la forme d'un poireau et en train d'être taillés courts, l'explication paraît évidente. Vous imaginez la grande allée bordée de moignons d'iris pendant tout l'été ? 



C'est l'une des plus belles plantes à bulbe actuellement en floraison dans les jardins de Claude Monet à Giverny. Tout en haut d'une tige interminable qui peut atteindre soixante centimètres, une couronne de clochettes est accrochée sous une touffe de fines feuilles en bataille. Ces campaniles hirsutes se nomment des fritillaires.
Les fritillaires ont quelque chose de rare et de spectaculaire qui étonne. Pourquoi sont-elles si peu connues du grand public ? Elles ne sont pas une découverte récente des horticulteurs. Voilà bien longtemps qu'elles ont été introduites de Turquie.
S'il est une plante fleurie qui accompagne traditionnellement les fêtes de Noël, c'est bien le poinsettia. Avec ses bractées rouges en forme d'étoile, il est tout indiqué pour cette période de l'année.
Un massif de fleurs vu presque à la verticale, sans référence à ses limites : on a l'impression que le tableau
Des tournesols épanouis, Monet fait des zones vibrantes, des capteurs solaires. Touche douce et caressante, fond travaillé de rose, de mauve, de violet : malgré les couleurs vives des fleurs jaunes, des feuilles vertes, de la nappe rouge, l'ensemble exhale une beauté comme féminine. C'est le côté yin des tournesols, qui s'exprime dans un tableau à l'ambition avant tout décorative.
Des clématites blanches qui semblent courir sur le sol : voici l'un des deux tableaux de clématites peints par Claude Monet en 1887. Les fleurs occupent presque toute la toile. Certaines sont coupées par les bords du tableau, dans un cadrage de style photographique. Le sujet est traité davantage en paysage qu'en nature morte.

Depuis quelques jours les tulipes sont en pleine floraison à Giverny. C'est une fleur que Monet aimait beaucoup, propre aux effets de couleurs.