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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

dimanche 28 octobre 2012

Le bassin à la Toussaint

Bassin de Monet à Giverny

Voici l'aspect du bassin de Monet ce matin.
En cette saison où le soleil est bas, l'étang a gagné une lumière nouvelle depuis la disparition de deux arbres le mois dernier.
Ce nouvel ensoleillement pourrait favoriser une floraison plus tardive des nymphéas.
A voir l'année prochaine, car en matière de microclimat dans les jardins, il est bien difficile de faire des pronostics.

samedi 27 octobre 2012

Reflets en noir et blanc

Reflets en noir et blanc

Du vent, des nuages blancs et le soleil juste derrière : c'est la recette de la nature pour fabriquer des motifs en noir et blanc à la surface de l'étang de Monet à Giverny.
Autant cette surface peut faire office de miroir quand l'air est calme, autant elle s'amuse à se fragmenter en une multitude de touches en virgules dès que la brise l'agite.
L'oeil se laisse captiver par la danse interminable du reflet, par ces lueurs mouvantes accrochées à la masse liquide.
Pas besoin d'une grande débauche de coloris.
Il y a, dans la sobriété de la palette mise en oeuvre, un contraste frappant avec l'opulence ondoyante des formes, qui donne à cette dernière encore plus de présence et d'impact.

vendredi 26 octobre 2012

Faire et défaire

Palais de VersaillesA voir la façade du palais de Versailles, si régulière, ordonnée, aboutie dans son unité, on ne devinerait jamais par quels soubresauts architecturaux le bâtiment en est passé avant de parvenir à ce qu'il est aujourd'hui. On croit être face à l'oeuvre d'un homme mégalomane et visionnaire. On s'aperçoit, en découvrant l'histoire du château, que Louis XIV et ses architectes naviguaient à vue.
Les grands travaux commencés en 1661 vont se poursuivre jusqu'à la mort du roi en 1715. Cinquante-quatre ans de chantier, c'est long et c'est court en même temps étant donnée l'ampleur du bâti. Un mot revient sans cesse : remaniement. On enveloppe des façades, on ferme des terrasses, on démolit des toitures pour les refaire, parce qu'elles n'étaient pas assez gaies. On casse des pièces à peine achevées avec autant de désinvolture que s'il s'agissait de Legos. La chapelle ne cesse de changer de place. Des balustrades, des volières somptueuses, apparaissent puis disparaissent sans remords.
C'est le pouvoir absolu, ce mépris des efforts des autres par pur caprice. Le coût supporté par le peuple fait frémir, le coût de la construction surdimensionnée elle-même et celui du gaspillage.
C'est effrayant, cette fuite en avant d'un roi à qui son orgueil ne laisse pas de repos. Cette anxiété du paraître.
Un petit détail en dit long. Au moment où la galerie des Glaces est bâtie dans le corps central du château, l'architecte Hardouin-Mansart opte pour des ouvertures en plein cintre. Les ailes situées de chaque côté étaient antérieures, et elles avaient des ouvertures rectangulaires. Par respect pour la symétrie, Mansart fait substituer des fenêtres en plein cintre à toutes les ouvertures des façades sur les jardins. C'est coûteux et ça ne sert à rien, mais il ne faudrait pas qu'on puisse trouver un détail à critiquer dans l'agencement général du château.
Si on gratte un peu le vernis, on s'aperçoit du trompe-l'oeil. Dans cinq pièces de l'appartement du Roi, il y a désaccord entre l'intérieur et l'extérieur des fenêtres. A l'intérieur, elles sont restées rectangulaires. Leur cintre est aveugle, il est habillé de vitrages qui donnent sur le mur.

mercredi 24 octobre 2012

La fin des moulins

Vieux Moulin, Vernon Autrefois, sur les ponts, il y avait des moulins. Souvent on ne sait pas très bien quand leur construction a commencé, ni quand ils ont cessé de fonctionner. A Vernon en revanche, ces deux évènements sont précisément datés.
En 1196, Philippe-Auguste, qui vient de s'emparer de Vernon, fortifie le pont sur la Seine. Pas question de moulin alors : le pont est un ouvrage militaire, sis à la frontière du Duché de Normandie, à deux pas des Andelys où Richard Coeur de Lion est en train de bâtir Château-Gaillard.
Tout change en 1204 : après la mort du roi d'Angleterre, le roi de France prend la forteresse andelysienne et envahit la Normandie.
Plus besoin d'un pont fortifié au milieu du royaume de France ! Philippe-Auguste récompense ses compagnons les plus fidèles en leur octroyant des concessions de moulins et de pêcheries sur les arches du pont de Vernon. Un acte passé en 1204 au bénéfice d'un certain sieur Platras est arrivé jusqu'à nous.
La meunerie en Seine s'est poursuivie jusqu'au 19e siècle, très exactement jusqu'au 29 octobre 1849. La veille, elle faisait encore vivre une dizaine de familles, grâce à cinq moulins qui ressemblaient beaucoup à notre Vieux Moulin, le dernier rescapé. Du jour au lendemain, les meuniers sont privés d'emploi. Le courant manque pour faire tourner les roues et les meules, car on vient de mettre en eau le barrage de Notre-Dame de l'Isle, en aval de Vernon.
Ce barrage est le tout premier ouvrage construit sur la basse Seine. Beaucoup d'autres viendront.
En 1849, le fleuve n'est pas encore régulé. Il est plus large et moins profond, tout encombré d'îles. En été, le tirant d'eau est de 80 cm à peine. L'aménagement de la Seine va permettre de faciliter la navigation et de limiter les effets des crues. Le chenal recreusé sera plus profond. Les matériaux rejetés sur les côtés vont créer de nouvelles berges.
Le seul hic avec le barrage de Notre-Dame de l'Isle, c'est qu'on a omis de prévoir une indemnisation pour les meuniers vernonnais. Ceux-ci entament alors une extraordinaire bataille juridique contre l'Etat, qui va les mener deux fois devant la cour de Cassation et deux fois devant le conseil d'Etat, et qui fera jurisprudence. Les tout derniers soubresauts de l'affaire sont datés de 1869... vingt ans plus tard. Mais l'histoire finit bien, les meuniers auront gain de cause et seront indemnisés rétroactivement.
Et le Vieux Moulin ? Nommé moulin Duvivier, du nom de son dernier propriétaire et meunier, il daterait de 1478. Situé du côté "calme" de la Seine, il a échappé à la démolition. Il a eu la chance de rester habité assez longtemps pour se maintenir en place jusqu'aux années 1970. Il était alors bien fragile. Mais la conscience patrimoniale, qui est allée grandissant au fil du temps, était devenue assez forte pour que la ville de Vernon se lance dans son sauvetage.

Merci à Jean Baboux, du Cercle d'Etudes Vernonnais, dont la conférence sur "la fin des moulins du pont de Vernon" est à la source de ce billet.

samedi 13 octobre 2012

Pastel de Monet

P095 Pont de Waterloo, Claude Monet 1901, pastel sur papier, collection particulière Pont de Waterloo, Claude Monet, 1901, pastel sur papier, collection particulière

Les oeuvres sur papier de Claude Monet, ce qu'il est convenu d'appeler des dessins, ne sont pas aussi connues que ses huiles sur toile. Elles n'en sont pas moins fascinantes, comme celle-ci, issue de la collection Dyke, qu'on peut voir jusqu'au 31 octobre 2012 au musée des impressionnismes de Giverny.
Le pastel permet un travail rapide propre à saisir la lumière d'un instant. Il offre des possibilités de fondus, d'estompe idéales pour les effets de brouillard que Monet aimait. C'est aussi un matériel léger, facile à emporter partout.
A son arrivée à Londres en janvier 1901, Monet doit patienter jusqu'à l'acheminement de ses toiles inachevées expédiées depuis Vernon dans des caisses. Pour tromper l'attente et réapprivoiser les motifs qui s'offrent à lui, le peintre a pris soin d'emballer dans ses bagages à main de quoi dessiner au pastel.
Cet extraordinaire Pont de Waterloo saisi depuis sa chambre au sixième étage de l'hôtel Savoy magnifie la silhouette du pont sur la Tamise enfoui dans le fog. Du rose au bleu, les teintes se fondent en ombres fluides, laiteuses, liquides, où se devinent les arches du pont et les véhicules éclairés qui circulent dessus.
Monet écrit à son épouse Alice que cela l'amuse beaucoup de reprendre les pastels. Il considère ces dessins comme des exercices préparatoires. Une fois les caisses arrivées, le travail est d'autant plus rapide : il a, dit-il,

bien travaillé aujourd'hui, ce qui te fera plaisir. C'est grâce à mes pastels faits promptement qui me font voir comment il faut faire.

Au total le peintre réalise en quelques jours 26 pastels de Londres, qui constituent la série la plus complète et la plus précisément datée des oeuvres au pastel de Claude Monet.

jeudi 11 octobre 2012

Les camions en moins

Nymphea, pluie Le bonheur aura duré quatre jours. Vendredi dernier, un joli panneau "interdit aux camions" a fleuri à Vernonnet, au bout de la route de Giverny. Quelle joie ! Enfin les poids lourds étaient priés d'emprunter un autre itinéraire, rejoindre Gasny par le plateau du Vexin ! Enfin ils cessaient de vrombir dans les jardins de Monet !
J'avais déjà écrit un billet enthousiaste où je me demandais à qui, parmi nos édiles, nous devions cette bénédiction, quand mardi, le panneau a été retiré.
Bien qu'elle ait eu toutes les caractéristiques d'une signalisation définitive, il faut croire que l'interdiction de circulation des camions était en lien avec les travaux en cours, à savoir la création de brise-vitesse.
Pourquoi ce qui avait été possible pendant quatre jours ne pouvait pas s'inscrire dans la durée ? Le résultat avait été immédiat, beaucoup moins de bruit et de nuisances dans les jardins de Monet. La route qui traverse la propriété du maître de l'impressionnisme avait retrouvé un peu de calme, sans les très nombreux poids lourds qui l'empruntent chaque jour pour gagner Pontoise et s'éviter l'autoroute payante.
Je n'ai rien contre les camions, ils sont indispensables. Mais chaque année, pour 500 000 personnes venues de loin goûter la sérénité de l'univers créé par Monet, ils sont insupportables. Quand il pleut, on ne s'entend plus.
Ô chers maires Noël, conseiller général génial, ministre de la Culture adoré, quand vous descendrez du ciel de vos hautes responsabilités, pensez s'il vous plaît à prendre ou à solliciter une mesure de bon sens, dévier le fret routier de Giverny. Même si les touristes ne sont pas vos électeurs, ils ont droit à la considération.

vendredi 5 octobre 2012

Ouverture le 30 mars 2013

Crosses de fougères

L'an prochain, Pâques tombe le dernier week-end de mars.
A cette occasion, la direction de la Fondation Claude Monet a décidé d'avancer la date de réouverture des jardins de Giverny.
Celle-ci aura lieu dès le samedi 30 mars au matin.
On pourra venir savourer les prémices du printemps deux jours plus tôt que d'habitude.






Crosses de fougères sous le vieux saule
Jardin d'eau de Claude Monet
4 avril 2012

jeudi 4 octobre 2012

Les couleurs d'octobre

Giverny, octobre Voici l'aspect du clos normand de Claude Monet en ce moment. Cette photo a été prise dimanche dernier vers 9h30, alors que la brume cédait doucement la place au ciel bleu. Ce sont des ambiances merveilleuses, typiques de l'arrière-saison dans le val de Seine.
Si vous venez dans les prochains jours, vous verrez de magnifiques dahlias, des cosmos, des asters, des roses, des tournesols, des sauges, des zinnias, des bégonias, des pétunias, des géraniums, des capucines, des asclepias, des daturas, des rudbeckias, des coreopsis, des ricins, des amarantes, des cufeas, des impatiences... pour citer les fleurs les plus marquantes. Toutes se déclinent en d'innombrables variétés, aux formes et aux coloris extraordinaires. C'est une fête pour les yeux.
L'automne est très beau à Giverny, à la fois éclatant et doux. Aujourd'hui les lumières sur le bassin étaient incroyables. Les feuillages se parent de jaune, l'étang frissonne sous la brise, les derniers nénuphars boutonnent en rose le reflet du ciel. Avec les quelques visiteurs qui se trouvaient là, nous avions une impression de privilège. On ne pouvait pas se lasser de regarder ce tableau mouvant.
Vous hésitez encore ? Si vous aimez la générosité, la profusion, la magnificence, l'excès, et la mélancolie tendre de l'automne, venez vite ! Vous aurez tout cela, l'émotion sera là. Mais n'attendez pas, octobre amorce le déclin des fleurs.
Si vous préférez les couleurs tendres, l'aspect net, neuf, bien rangé, patientez plutôt jusqu'au printemps.

lundi 1 octobre 2012

Chardonneret

Chardonnerets dans les tournesols, Giverny Dans le jardin de fleurs de Claude Monet, les tournesols sont arrivés à maturité, une info qui s'est répandue comme une traînée de poudre chez les chardonnerets. Ces petits oiseaux familiers des jardins ne dédaignent pas de varier les plaisirs. Il n'y a pas que les graines de chardon dans la vie.
Les chardonnerets aiment se nourrir dans la convivialité : à plusieurs dans le même bouquet de fleurs, chacun devant son assiette.
Si on rapportait la taille de l'oiseau à celle d'un être humain, la fleur de tournesol serait aussi grande, disons, qu'un tourniquet de square. Cela représente une quantité énorme de nourriture pour ces petites bêtes. Même pas peur ! Avec méthode, le chardonneret cueille l'une après l'autre les graines de tournesol, les décortique habilement de son gros bec prévu pour, laisse tomber l'enveloppe au sol et avale l'intérieur.
Cette manip', effectuée sans hâte, lui prend quelques secondes. Une petite pause, quelques mouvements de tête, et hop ! on passe à la graine suivante.
Comme le chardonneret a de l'éducation, il se tient bien en société. Sa maman lui a appris qu'à table, on met les pieds dans le plat, juste au bord, et que la position la plus chic est tête en bas.
ChardonneretUne fois de plus le monde animal fait la démonstration de son indéniable supériorité sur les humains. Vous vous voyez en train de défaire un bonbon de son papier sans les mains, et de l'avaler en faisant le cochon pendu ? Rien qu'à l'imaginer on sent déjà que ça se passerait mal.
Côté vestimentaire, le chardonneret affiche un penchant prononcé pour le costume d'Halloween. Sous le loup mystérieux qui lui barre les yeux, il porte un masque couleur citrouille, tandis que son dos noir à marques blanches évoque un déguisement de squelette.
Comme d'habitude, c'est le mâle qui en fait un peu trop. La femelle est plus discrète.


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