mercredi 28 mars 2012
Magnolia
La douceur printanière des derniers jours fait s'ouvrir l'une après l'autre les fleurs les plus précoces, comme les premières étoiles qui s'allument après le coucher du soleil. Chaque jour on peut constater les progrès du printemps. Après les ficaires, les forsythias, les narcisses et les jonquilles, les premiers pissenlits, voici que se mettent à briller les magnolias.
Il y a tant d'espèces de magnolias qu'il n'est pas simple de se retrouver dans la nomenclature. Parmi ceux qu'on voit le plus souvent, on peut distinguer deux constellations, qui gravitent autour du magnolia grandiflora et du magnolia stellata.
Ce latin de jardin est tellement transparent que j'ose à peine insister. Magnolias à grandes fleurs et magnolias étoilés.
Les grandes fleurs du grandiflora ont une apparence étrange, exotique, avec leur forme de tulipe et leurs pétales épais qui ont l'air capables de résister à toutes les agressions, celles des coléoptères pollinisateurs comme celle du froid nocturne, toujours susceptible de surprendre les boutons si pressés de s'ouvrir au sortir de l'hiver. Mais depuis vingt millions d'années que le magnolia est sur terre, on peut supposer qu'il sait ce qu'il fait.
A l'allure altière et singulière du magnolia grandiflora, je préfère l'aspect ébouriffé et bouffon du magnolia stellata.
On dirait des rubans attachés ensemble par un pompon, flottant au vent. Des marottes telles qu'en brandissaient les fous du roi. Les fleurs sont si nombreuses qu'elles s'empilent, se chevauchent et recouvrent totalement les branches, comme sur cet arbre photographié devant l'église de Vernon.
Les premiers visiteurs de Giverny devraient encore profiter de la floraison des magnolias du jardin de Monet. Ils trouveront un grandiflora très imposant derrière le deuxième atelier, visible de la rue, et plusieurs stellata au jardin d'eau. Parmi les arbres qui font la ronde autour du bassin aux nymphéas, ils font partie des rares qui sont déjà passés au vestiaire et ont vêtu leur parure printanière.
Ce billet, écrit à 22:12 par Ariane dans la catégorie Arbres a suscité :

Kembra Pfahler photographiée par E.V. Day à Giverny
Maurice Denis, Avril (les Anémones) 1891, collection particulière.
Il est toujours intéressant de découvrir comment on fabrique les objets qui nous entourent. Comment, par exemple, on été produits vos lacets de chaussures si impeccablement tressés ? Les embrasses des rideaux, à la torsion parfaite ? La mèche des bougies de votre gâteau d'anniversaire ?
La corderie Vallois a fonctionné pendant un siècle, jusqu'en 1978. Sa transformation en musée l'a figée dans son état initial, qui plonge le visiteur dans la réalité de la condition ouvrière au temps de Zola ou de Monet. On respire l'odeur de graisse répandue en permanence sur les machines, ont entend leur bruit assourdissant, on perçoit le danger de blessure.
Fleurs de topinambours, Claude Monet 1880, huile sur toile 100 x 73 cm, National Gallery of Art, Washington, D.C. États-Unis.
Si votre dernière lecture des Misérables remonte aussi loin que la mienne, vous avez probablement oublié que Victor Hugo situe une partie de l'intrigue à Vernon. Pour faire simple, c'est là que demeure le père de Marius. 
La Fondation Monet ouvre dans un mois exactement, le 1er avril, et il est d'ores et déjà possible