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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

vendredi 30 décembre 2011

La petite porte

Giverny, Zach
Voici l'interprétation de Zach d'une photo de la maison de Monet, avec la petite porte d'entrée réservée au peintre.
C'est l'époque de la floraison spectaculaire des massifs de tulipes roses géantes au-dessus d'un tapis de myosotis.
En avril-mai, Giverny est plus rose et vert que jamais.
J'aime bien toute cette fraîcheur qui transparaît dans la touche de Zach.
Vous pouvez découvrir d'autres oeuvres de Zach dans sa galerie, et notamment plusieurs toiles inspirées par Claude Monet et Giverny.
La photo qui a servi d'inspiration est aussi celle de la page d'accueil du site giverny.org.

lundi 26 décembre 2011

Des roses à Noël

Roses à GivernyBien sûr, elles n'ont pas l'opulence de celles qui embaument le printemps. Mais les roses qui décident de fleurir fin octobre, comme celles de cette photo devant le deuxième atelier de Monet tout couvert de vigne vierge rougie par l'automne, ou en plein décembre, tandis que le houx, le sapin et le gui sont à l'honneur, ces roses-là donc ont quelque chose de spécial.
Vaillantes et fragiles, elles affrontent les nuits fraîches en y laissant souvent quelques pétales roussis de froid. Dessous, le bouton est intact, et ne demande qu'un peu de douceur pour s'épanouir.
A Giverny, les jardins offrent quelques-unes de ces téméraires, à la faveur d'un début d'hiver qui n'a rien fait encore pour être pris au sérieux. 15° cet après-midi !
Dans la douceur ensorcelante de ces jours les plus courts de l'année, il était tentant de cueillir un petit bouquet des roses de la Noël et de faire entrer, à côté des étoiles scintillantes et des flocons de papier, un éphémère printemps dans la maison.

mercredi 21 décembre 2011

Des photos à peindre

Jardin de Monet à Giverny sous la neige
Cette photo d'un coin du jardin de Monet sous la neige, au pied de la colline aux arbres déplumés par l'hiver, n'avait à mes yeux rien qui méritât qu'on la publie.
Je ne sais ce qui a décidé mon amie Veronika Stark, pastelliste, à la sélectionner pour s'en servir de modèle.
Elle a transcendé cette photo médiocre et voici la jolie image que j'ai reçue.
Le pastel gras donne un moelleux et une douceur magnifiques au paysage.
Veronika a fait beaucoup d'autres dessins et tableaux de la maison et des jardins de Monet à Giverny. Giverny, copyright Veronika Stark
Plusieurs fois par an, des artistes me contactent pour me demander l'autorisation de peindre d'après les photos de givernews. C'est une grande joie pour moi de voir leur talent et leur sensibilité opérer leur magie, et transformer le plomb en or.
Si vous aussi souhaitez vous inspirer de mes clichés du jardin de Monet, je donne avec plaisir mon autorisation pour les arts graphiques (mais pas pour les retouches par ordinateur). Même si vous n'êtes qu'à moitié satisfait du résultat, je serai toujours ravie de voir votre travail. Et de le publier, ou non, selon votre souhait.
Si vous ne trouvez pas la photo que vous aimeriez sur givernews, n'hésitez pas à m'expliquer ce que vous voudriez. Je peux peut-être la trouver, ou aller la faire.
Bonne création à tous ceux qui dessinent et qui peignent, qui aiment les fleurs, et les jardins de Giverny !

Giverny im Winter (Giverny en hiver), pastel sur papier, Veronika Stark, 2010.

mercredi 14 décembre 2011

Le pan de bois normand

Façades à pans de bois à VernonVernon compte encore 233 maisons à pans de bois, groupées à proximité de la collégiale ou du musée, ou disséminées dans les quartiers plus éloignés du centre ville. Dans le val de Seine, leur style est très sobre : très peu de sculptures, de motifs décoratifs viennent rompre l'alignement régulier des rayures.
Les visiteurs habitués aux pans de bois plus aérés ou plus compliqués d'autres régions de France s'étonnent de cette abondance de verticales. C'est qu'en Normandie, pour ceux qui en avaient les moyens, le chic du chic a longtemps été le tant pour tant.
La règle du tant pour tant est simplissime : il s'agit de voir autant de brun que de blanc, autant de colombes que d'hourdis.
En Normandie, c'est étrange, les colombes sont brunes. Rien à voir avec de paisibles oiseaux. Ces colombes-là cousinent avec les colonnes, elles ont le même aïeul latin columna.
Tout comme les colonnes, donc, la colombe est destinée à se tenir debout. Pour l'aider, on la bloque entre deux pièces de bois horizontales, les sablières. Voilà beau temps qu'on ne pose plus les sablières sur du sable pour mieux leur faire prendre leur place, mais le nom est resté.
Contrairement aux apparences, la colombe ne supporte rien, et surtout pas la sablière haute dans laquelle elle s'encastre par tenon et mortaise. La douce colombe est là pour faire joli et remplir en partie le mur. Le gros costaud qui soutient tous les étages et le toit de la maison, c'est son poteau le poteau.
Enfin, même si on a la folie des verticales, il est vivement conseillé de ne pas omettre quelques pans de bois obliques, sauf si on tient à voir toutes les verticales le devenir, obliques, et la maison se pencher inexorablement vers les voisins.
Ces obliques se nomment soit des décharges, soit des écharpes, selon qu'elles ont un rôle ou non dans la répartition des charges. Pour les distinguer, il faut un oeil de spécialiste, et si comme moi vous ne faites pas la différence, vous préférerez peut-être (surtout quand il fait froid) le terme d'écharpe, plus coquet que décharge, qui a un parfum de scandale dans sa forme sauvage.
Sous les fenêtres, des croix de Saint-André font une heureuse diversion.

Donc, supposons qu'on décide de bâtir en tant pour tant. On prend de belles grosses pièces de bois qu'on va placer verticalement, les poteaux et les colombes, et on les écarte de leur largeur, ou un chouïa à peine plus.
Quand l'ossature de bois est en place, il reste à combler les vides par un hourdis. Le matériau de remplissage importe peu puisqu'il sera masqué. Il varie selon ce que l'on a sous la main. A Vernon, à cause des carrières de pierre, ce sont souvent de petits triangles de calcaire coincés grâce à un lattis de châtaignier, et noyés dans un mortier à base de terre.
Une alternative traditionnelle est le torchis, mélange à base d'argile, de paille et d'eau. Si vous avez l'intention de mettre la main à la pâte, le torchis vous remerciera en vous faisant les mains douces, argile oblige. Les formules modernes d'hourdis à base de chanvre et de chaux ont de merveilleuses qualités, mais elles ont ourdi un complot contre vos mains. Même éteinte, la chaux brûle encore.
Lorsque l'entre-colombage est bien sec, on le protège avec un enduit de sable et de chaux, soigneusement appliqué en trois couches. En plus de protéger la façade des agressions du mauvais temps, l'enduit a la bonne idée de venir combler les jours qui se sont sournoisement formés le long des pans de bois, à mesure que le matériau de remplissage se débarrassait des litres et des litres d'eau qu'il contenait. Un régime amincissant qui fait flotter le hourdis dans ses vêtements, et ménage des espaces entre lui et les colombes, par où le vent ne demanderait qu'à s'engouffrer.

mardi 13 décembre 2011

Un millénaire et demi

Verrière de l'église Saint-Louis à PoissyUn millénaire et demi, un tel anniversaire n'arrive pas tous les jours. Et pourtant on vient de célébrer les mille cinq cents ans de la mort de Clovis dans l'indifférence quasi générale, hormis à Soissons où Clovis est une star, bien entendu.
L'affaire remonte, donc, au 27 novembre 511. Après une vie trépidante et un règne mené au grand galop, le roi des Francs décède à 45 ou 46 ans. Il est inhumé dans une église qu'il a fait construire avec son épouse la pieuse Clotilde, l'église des Saints-Apôtres. Elle ne tardera pas à devenir l'abbatiale Sainte-Geneviève, dans l'actuel quartier latin. Geneviève est contemporaine de Clovis : la patronne de Paris, si déterminée face à Attila et ses Huns, meurt en 512.
Il s'en passe des choses en quinze siècles. L'abbatiale a disparu, de l'abbaye il reste une tour dénommée la tour Clovis, juste derrière le Panthéon. C'est un hommage posthume : la tour elle-même ne date que du 12e siècle.
Cette tour Clovis règne aujourd'hui sur le lycée Henri IV, et c'est un privilège d'être autorisé à y monter. Le lycée lui-même s'élève rue Clovis, c'est bien le moins.
Si la mort de Clovis n'émeut guère, en revanche son baptême a marqué les esprits. Son mille cinq centième anniversaire avait lieu à la Noël 1996.
Et oui, c'était hier ou presque. Un rapide calcul rappelle que pour une fois, la date du baptême ne correspond pas à celle de la naissance. Clovis, païen, s'est converti au catholicisme à l'âge adulte.
Une verrière de la collégiale de Poissy rapproche dans ses trois lancettes le baptême de Clovis, celui du Christ et celui de Saint-Louis. A gauche, on voit le roi franc, les pieds dans une piscine, en train d'obéir à l'injonction de saint Rémi, à Reims : "Courbe la tête, fier Sicambre !"
Au milieu, c'est Jésus baptisé par saint Jean-Baptiste dans le Jourdain.
A droite, bébé Louis IX est porté sur les fonts baptismaux en l'église de Poissy.
Un tel rapprochement donne à méditer. A première vue, il me choque. Si je peux comprendre la présence de Louis IX, canonisé, aux côtés de Jésus - et déjà avec réticence quand on pense à son intolérance à l'égard des juifs - que Clovis, ce roi brutal, sanguinaire, opportuniste soit élevé à cette dignité, voilà qui surprend !
C'est que Clovis, par son baptême, a été le premier roi des Francs à appuyer le pouvoir monarchique sur le pouvoir ecclésiastique. Saint-Louis s'inscrit dans cet héritage. Son prénom même, Louis, est dérivé de Clovis.

jeudi 8 décembre 2011

Monet à Poissy

La maison habitée par Claude Monet à Poissy, YvelinesClaude Monet a habité la ville de Poissy, dans les Yvelines (on disait alors la Seine-et-Oise) de décembre 1881, date où il quitte Vétheuil, à avril 1883, où il emménage à Giverny.
Poissy est situé sur la rive gauche de la Seine à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Paris. La ville est célèbre pour avoir vu en 1214 la naissance et le baptême du roi Louis IX, autrement dit Saint-Louis. Aujourd'hui, le bon roi est toujours omniprésent dans la cité où son nom est utilisé par toutes sortes de commerces.
La maison que Monet loue à Poissy pour y vivre avec ses deux fils, sa compagne Alice Hoschedé et les six enfants de celle-ci s'élève au bord du fleuve, face à une île. Elle s'appelle inévitablement la villa Saint-Louis.
C'est une demeure bourgeoise typique de l'époque, presque aussi large que longue, couverte d'un toit d'ardoises percé de lucarnes.
Elle porte une plaque discrète sur laquelle on peut lire : "Je ne veux que peindre la beauté de l'air. Ici vécut le peintre Claude Monet de décembre 1881 à avril 1883. Hommage de la Ville de Poissy."
Quand on voit cette belle et vaste bâtisse admirablement située au bord de l'eau, sur une placette à deux pas du centre ville et de la gare, on se dit que Monet a bien choisi sa maison. Lui qui aimait tant l'eau et la nature, il avait tout pour être heureux ici. Les motifs ne devaient pas manquer, la Seine et l'île en face, le pont, la belle église et ses deux clochers romans... On imagine les quatre bateaux de la famille amarrés en bas du talus, prêts à servir pour partir peindre.
Mais en fait, Monet va très peu produire à Poissy. Quand on a des tourments, aucun séjour ne saurait être agréable. Malgré le charme du lieu, Monet passe le moins de temps possible dans la maison, il fuit "cet horrible Poissy" où il se sent de trop.
La situation est devenue très ambiguë depuis qu'Alice et lui ont quitté Vétheuil. Vivre sous le même toit est très compromettant. S'il est maintenant veuf, elle est toujours la femme d'Ernest Hoschedé, et tiraillée entre son devoir d'épouse et ce que lui dicte son coeur. Monet, qui vit dans une douloureuse incertitude, passe donc beaucoup de temps à peindre sur la côte d'Albâtre, à Pourville ou à Etretat.
Et puis, bientôt, il faut quitter Poissy. Fidèle à son habitude, la famille y vit au-dessus de ses moyens. Monet est incapable de payer le loyer de cette maison cossue, et ce sera encore son marchand Paul Durand-Ruel qui devra le secourir pour lui permettre de déménager à Giverny.

dimanche 4 décembre 2011

Vue de Vétheuil

Vétheuil en mai A vingt kilomètres de Giverny en direction de Paris, voici le village de Vétheuil, vu au mois de mai depuis le hameau de Lavacourt sur la rive gauche de la Seine.
Monet s'y retire en 1878, dans une petite maison en location qu'il partage avec la famille Hoschedé.
Quand Monet jette son dévolu sur le village de Vétheuil, c'est l'été, il cherche de jolis motifs à peindre et un endroit où vivre à bon marché. Les trois années passées à Vétheuil, si elles sont difficiles sur le plan financier et affectif, vont être très productives. L'église, le fleuve, les îles, Lavacourt, les champs de coquelicots offrent à Monet une multitude de motifs, puis se seront les glaçons sur la Seine gelée.
On aperçoit sur la photo le toit de la maison de Monet, c'est la deuxième en partant de la gauche. Elle se trouve au pied du manoir à tourelle qui appartenait à la propriétaire de la maison, et qui fut habité plus tard par la peintre américaine Joan Mitchell.
Plusieurs autres artistes ont aussi séjourné à Vétheuil, sans pour autant que le village ne devienne une colonie.
Entre la route et la Seine, s'étendait le jardin en pente où Monet cultivait des tournesols, et qu'il a peint à plusieurs reprises. De là il n'avait plus que quelques pas à faire pour retrouver son bateau amarré au ponton.


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