vendredi 30 septembre 2011
Le salon bleu
A gauche de l'entrée de la maison de Monet s'ouvre le salon bleu. Autrefois, c'était un séjour. Aujourd'hui, les visiteurs traversent rapidement la pièce, comme s'il s'agissait d'une antichambre.
On est frappé, dans les maisons bourgeoises du 19e siècle, par la petitesse des volumes. Impossible d'imaginer recevoir dans ce salon. Mais à la campagne, on recevait autour de la table, dans la salle-à-manger.
A part le sol fait de carreaux de ciment dans le goût de l'époque, tout est bleu dans la pièce. Monet avait fait peindre les meubles, les murs et le plafond en bleu pâle. Son mot d'ordre : de la couleur partout, à saturation, presque à l'excès. Des couleurs claires et gaies.
Peints ton sur ton, les meubles se fondent dans les murs. La bibliothèque, un buffet cauchois dans lequel trônent les livres de jardinage, et l'horloge ont l'air de faire partie d'un tout uniforme.
Les deux bleus durs font ressortir le bleu doux des estampes japonaises, dont la collection se poursuit d'une pièce à l'ordre à travers une grande partie de la maison.
Par la fenêtre étroite entre un jour parcimonieux. Après le bain de lumière du jardin, il fait sombre dans ce salon ombré par les ifs.
Assailli par toutes ces perceptions visuelles insolites, le visiteur tente d'imaginer la vie de famille dans ce petit salon. Cette fois l'image paraît plus conventionnelle. Alice assise sur le canapé, peut-être en train de coudre ou de lire, avec ses enfants en train de jouer à côté...
Les petites photos disposées ça et là dans le salon ne nous dévoileront rien sur l'usage qui pouvait être fait de cette pièce. Elles racontent des scènes qui se jouent ailleurs, Michel sur un véhicule à moteur qu'on n'ose appeler une automobile, Jacques posant dans son garage, la petite-fille d'Alice avec une poupée... Chacune d'elle apporte davantage de questions que de réponses.
Ce billet, écrit à 20:56 par Ariane dans la catégorie Maison de Monet a suscité :



Les araignées se montrent plus industrieuses que jamais ces derniers temps. Chaque nuit, elles tissent des milliers de toiles dans le jardin de Monet. 
Ce qu'on attend d'un guide, c'est qu'il vous fasse découvrir des choses que vous n'auriez pas vues sans lui. Un vrai challenge pour les conférenciers bénévoles des 



