giverny

Giverny News

Le Blog d'Ariane,

mercredi 31 août 2011

Monet dans Secrets d'histoire

Stéphane Bern dans l'atelier de l'hôtel BaudyStéphane Bern dans l'atelier de l'hôtel Baudy, photo France Télévision

France 2 diffusait hier un long documentaire sur Claude Monet, présenté par Stéphane Bern dans son magazine Secrets d'histoire. (Il n'est plus possible de le visionner en ligne, mais le CD est disponible).
L'émission est excellente, avec beaucoup de bons intervenants historiens d'art comme Philippe Piguet, Marianne Alphant, Pascal Bonafoux...
Et puis, magie de la télé, on entre partout : dans la maison de Monet à Vétheuil, dans les archives du marchand de tableaux Paul Durand-Ruel, dans la salle de l'actuel Office de Tourisme de Rouen d'où Monet a peint les Cathédrales, chez Clemenceau, dans la chambre de Monet à l'hôtel Danieli à Venise...
Les vues aériennes de Giverny, au-dessus du jardin ou de l'église, sont magnifiques. Le reportage a été tourné au printemps, à l'époque des tulipes et des juliennes, il offre de jolis plans du jardin.
Surtout, le documentaire est une mine d'informations, très vivantes, même si le format de Secrets d'histoire oblige à des impasses sur des pans entiers de la vie de Monet. Il faut bien faire des choix...
Je serai heureuse de connaître vos réactions sur cette émission.

samedi 27 août 2011

Le cimetière inconnu

Cimetière allemand de Champigny-la-Futelaye, Eure Cimetière allemand de Champigny-la Futelaye, Normandie, Eure.

On célèbre un peu partout le souvenir de la Libération ces jours-ci. A Vernon, c'était hier. Les drapeaux sur les monuments, les plaques pavoisées et fleuries des hommes tombés dans les rues, accessoirement le bouchon consécutif au rassemblement des anciens combattants et des officiels devant le mémorial à l'entrée du pont sur la Seine, tout cela rappelait à chacun la date historique.
Saisis au milieu de leurs occupations, en train d'aller quelque part, les citoyens que nous sommes ont eu ainsi l'occasion de penser pendant quelques instants à ceux dont la vie s'est arrêtée trop tôt, pour que nous puissions vivre libres et en paix.
Le souvenir de la Libération est encore très vif en Normandie, et ce d'autant plus que l'on se rapproche des plages du Débarquement. C'est plus qu'une page d'histoire, c'est devenu une part de la culture normande. Partout, des stèles, des musées, des chars. Et des cimetières.
Le cimetière américain de Colleville-sur-Mer est le plus connu, et certainement l'un des endroits les plus visités de Normandie. Émouvant et grandiose comme un Requiem, il est installé sur les lieux mêmes du combat, Omaha-la-sanglante... Plus de 9000 croix blanches s'alignent dans cet immense jardin du souvenir, admirablement entretenu par les Américains.
J'ai déjà eu l'occasion de parler de l'excellent centre d'interprétation, et du symbolisme omniprésent dans le cimetière. L'hommage vibre partout, dans une sorte de glorification post mortem des soldats morts au champ d'honneur.
C'était étrange, avec ces souvenirs de Colleville en tête, de visiter aujourd'hui le cimetière allemand de Champigny-la Futelaye, où reposent 19709 soldats de la Wehrmacht.
Peut-être connaissez-vous celui de la Cambe, dans le Calvados, le plus grand de France avec ses 21 000 tombes allemandes, qui reçoit 800 000 visiteurs par an. Champigny-la-Futelaye est presque aussi grand, mais infiniment moins connu.
Je viens de découvrir avec stupéfaction son existence dans le département de l'Eure, à une petite heure de route de Giverny. Il se trouve en rase campagne à cinq kilomètres de Saint-André-de-l'Eure.
Tout paraît sobre ici. Du recueillement sans mise en scène. Une pierre tombale, croix de pierre basse, pour quatre hommes. Pas de mausolée gigantesque, juste une salle de prière dépouillée, minérale, et des stèles portant le nom des communes où ont eu lieu les affrontements les plus meurtriers.
Le parking est entièrement vide. Je suis seule avec les vingt mille morts.
Je lis leurs prénoms, si souvent les mêmes, Whilhelm, Otto, Werner, Kurt, Karl, Fritz, Georg, Heinz, Heinrich, Berthold, Horst, Ernst, Anton, Friedrich... Ils sont presque tous nés dans les années vingt.
Beaucoup sont tombés en août 44, une véritable hécatombe. Je calcule leur âge. Celui-ci était à quatre jours de son anniversaire, il aurait eu 19 ans.
De temps en temps, une tombe marquée "ein deutscher Soldat", un soldat allemand, non identifié.
Il règne ici, me semble-t-il, une impression d'accablement. Est-ce celui du sacrifice inutile, la mort dans la défaite ?
L'association qui entretient le cimetière le fait pour oeuvrer pour la paix. Elle atteint son but : peu de lieux de mémoire font haïr la guerre aussi bien que celui-ci.
Je suis repartie indignée par la désinformation qui règne autour de ce cimetière allemand. Comment se fait-il qu'il soit si mal connu ? Dans mon édition, le guide Gallimard de l'Eure, par exemple, n'en souffle mot.
Il ne fait pas bon être à l'écart des circuits touristiques.
Il ne fait pas bon être l'ennemi d'hier.
Même si, pour les familles en deuil, la douleur est toujours la même.

jeudi 25 août 2011

La lutte contre les taches

Le bassin de Monet sous la pluieIl a fait un temps superbe aujourd'hui à Giverny, et comme d'habitude les visiteurs étaient nombreux à se photographier sur le pont du bassin aux nymphéas.
Au milieu d'eux, accoudé au parapet, j'ai été surprise d'apercevoir l'un des jardiniers de la Fondation Monet. S'était-il subitement métamorphosé en touriste ? Les apparences étaient trompeuses : en réalité, il était en plein boulot.
De cette position en surplomb, le jardinier évaluait la disposition des îlots de nénuphars à la surface de l'étang. Ce n'est pas simple d'obtenir une impression de naturel, tout en contrôlant la prolifération des plantes.
Les jardiniers du bassin se préoccupent constamment de la taille de ce qu'ils nomment "les taches" de nymphéas.
Il faut retirer des feuilles presque tous les jours pour éviter l'envahissement.
C'est mieux si les radeaux restent détachés, bien formés, ne se mélangent pas.
Et puis, il faut respecter l'alignement.
Là, j'ai ouvert de grands yeux. Un alignement ? Où donc ? J'avais en mémoire une photo des débuts du jardin, où les nymphéas étaient rangés comme à la bataille, et je trouve cela tellement plus joli qu'il n'y en ait pas, d'alignement...
Eh bien si, voyez-vous ! Il est en diagonale ! Un rangement tout en rondeur, comme le reste du jardin d'eau...
"Ça a l'air naturel, mais rien n'est laissé au hasard !" a souri le jardinier avant de retourner à son bateau, les défauts qu'il est le seul à voir enregistrés dans sa tête.

mardi 23 août 2011

Hydrangéas de collection

Hydrangea de la collection ShamrockJe viens de voir les plus beaux hydrangéas de ma vie. Ces petites merveilles s'épanouissent dans "le jardin des Hortensias", à Varengeville-sur-Mer, en Seine-Maritime, à quelques kilomètres de Dieppe.
Corinne Mallet, spécialiste du genre, y a planté sa collection de quelque 1200 hydrangéas différents. C'est, dit-elle, la plus grande collection au monde, distinguée en France par le titre de collection nationale.
Je n'ai pas eu la présence d'esprit de lui demander pourquoi elle a nommé sa collection "Shamrock", comme le trèfle irlandais. Pour se porter chance ? En tout cas l'endroit, à la terre curieusement acide en plein plateau calcaire du pays de Caux, plaît aux hydrangéas.
Ils prospèrent à l'ombre des paulownias, offrant leur diversité étourdissante aux promeneurs. Inflorescences rondes, plates, en cornets, pétales plats ou frangés, en forme d'étoiles, empilés les uns sur les autres comme les brochettes de l'apéro, étamines contrastantes, duveteuses, branches gracieusement ployées, lianes parties à l'assaut des arbres, bouquets denses...
Il y a un ordre derrière ce foisonnement. A l'entrée, Corinne Mallet explique comment elle a classé chaque hydrangéa : par continent, selon qu'il s'agit d'une espèce trouvée dans la nature ou d'un hybride obtenu par la main de l'homme, par date d'introduction, etc.
Plan du jardin à la main, on déambule, fasciné par les curieuses feuilles en forme de chêne américain de variétés d'outre-Atlantique, par l'exotisme des fleurs japonaises que Corinne Mallet va chercher sur place, par l'inventivité de la nature.
Comme on aimerait, en partant, pouvoir emporter un hydrangéa à planter dans son jardin en souvenir de la visite !

D'autres photos de Shamrock dans le blog d'Aifelle

samedi 20 août 2011

Un goût d'été

Arrosage à GivernyTiens ! C'est encore l'été ! On avait failli l'oublier, à force que la saison galope avec toujours ses trois semaines d'avance depuis le printemps, faisant déjà s'épanouir les fleurs de septembre, à force surtout de temps gris et frais qui n'avait rien d'estival.
Et voilà que soudain la canicule s'est abattue sur Giverny cet après-midi. On sursaute, mais oui, au fait, c'est le mois d'août !
Les robes légères ont refait leur apparition dans les allées du jardin, où les visiteurs ne stationnent qu'à l'ombre.
Les fleurs ont droit, aux petites heures du matin, à l'arrosage automatique, minuscules filets d'eau à leurs pieds, amples jets d'eau dans les airs.
Mais déjà, ce soir, l'arrosage automatique du ciel a pris le relais.

mardi 16 août 2011

Monet dans les collections suisses et à Marmottan

Claude Monet, Poirier en fleurs, 1885, huile sur toile 65 x 81 cm, collection particulière Peut-être que j'arriverai encore à aller voir l'exposition Monet qui se déroule en ce moment et jusqu'au 20 novembre à Martigny, dans le Valais suisse. Pour vous situer l'endroit, imaginez le lac Léman, en forme de quartier d'orange, avec Genève à la pointe ouest. Martigny se trouve à l'opposée, dans la vallée qui prolonge la pointe est.
L'endroit est grandiose. La ville de Martigny s'étend au fond d'une vallée glacière toute plate, entourée de hautes montagnes. On est près du Mont-Blanc, à deux pas des pistes.
La fondation Pierre Gianadda a rassemblé 70 toiles connues et moins connues de Claude Monet. 26 ont été prêtées par le musée Marmottan. Les autres, celles qui intéresseront davantage les habitués du musée parisien, proviennent de collections publiques et privées suisses.
La Suisse n'est pas seulement le pays des banques, c'est aussi celui des musées. Monet y est largement représenté, et c'était une riche idée de réunir les oeuvres dispersées dans les différentes collections de la confédération helvétique.
A Martigny, c'est certain, l'exposition Monet réserve la double émotion de voir en vrai des tableaux très connus, et d'en découvrir d'autres qui ont moins fait parler d'eux.
Ce gâteau est agrémenté de 45 cerises : la fondation Claude Monet a prêté une partie des estampes japonaises collectionnées par le peintre, qui ne trouvent pas place sur les murs de sa maison à Giverny. Comme d'habitude, un régal de finesse.
Si vous voulez un avant-goût de l'exposition, Tania en parle très bien ici, et vous suggère même une autre expo à voir pour faire d'une pierre deux coups.

Claude Monet, Poirier en fleurs, 1885, huile sur toile 65 x 81 cm, collection particulière

dimanche 14 août 2011

Jardin des plantes de Rouen

Jardin des plantes de RouenL'année dernière, à l'occasion du festival Normandie impressionniste, un pont de bois à la Monet a été construit dans le Jardin des Plantes de Rouen. Pas plus japonais que celui de Giverny, il est peint en bleu clair. Les visiteurs ne peuvent pas y monter.
Le Jardin des Plantes est un bel endroit pour rendre hommage au chef de file de l'impressionnisme : Monet y avait ses entrées.
Le deuxième séjour de Claude Monet à Rouen pour peindre la cathédrale a lieu en 1893. C'est l'année où commence, en même temps, la création du jardin d'eau de Giverny.
Monet a beau être entièrement absorbé par son travail, il ne peut s'empêcher de penser de temps en temps à son cher jardin. Aux démarches à faire, aux travaux de terrassement qu'il surveille de loin, et, le plus agréable, au fleurissement futur.
Le 16 février, à peine arrivé, Monet écrit à son épouse à Giverny :

J'ai pu ce matin, après avoir travaillé, faire ma visite à M. Varenne au Jardin des Plantes. Très aimable, M. Varenne, et je pense avoir pas mal de choses de lui ; il m'a offert un pied de ce beau bégonia grimpant que j'apporterai dimanche. Nous avons visité toutes les serres, c'est superbe, quelles orchidées ! c'est épatant ! Quand aux plantes pour les jeunes botanistes, à ma prochaine visite il me présentera au jardinier-chef qui ne doit donner des plantes que sur l'ordre de M. Varenne, mais il me dit qu'il serait bon que les enfants me donnent une sorte de liste des genres et des familles qu'ils désirent ; ils pourraient faire cette liste avec le curé. Il m'a donné pas mal de bons conseils sur bien des choses. Enfin ce sera une bonne connaissance. Il m'a dit d'aller partout comme chez moi. Voilà.

Les jeunes botanistes dont parle Monet, ce sont les deux plus jeunes des enfants, son propre fils Michel Monet et celui d'Alice, Jean-Pierre Hoschedé. Inséparables, ils sont âgés d'une quinzaine d'années et se sont mis avec enthousiasme à la botanique, avec la complicité de l'abbé Toussaint, le curé de Giverny. Monet se réjouit évidemment de cette passion qu'il encourage.
Un mois plus tard, le 15 mars, Monet a refait une visite au Jardin des Plantes et fait moisson de spécimens rares. Il annonce à Alice :

J'ai expédié ce matin les plantes du Jardin des Plantes. Qu'on les mette en jauge en ayant bien soin des étiquettes que Blanche sera bien gentille de refaire. Je n'ai rien pu joindre pour les petits, j'ai trouvé ces plantes toutes préparées et n'ai eu que le temps de courir chez un jardinier les faire emballer.

Mais Monet ne peut distraire que bien peu de temps de son travail. Dix jours plus tard, il ajoute tout en bas de sa lettre quotidienne à sa femme, après la signature :

Je n'ai pas eu de loisirs pour voir les jardins ni le Jardin des Plantes.

C'est sa dernière allusion au jardin botanique de Rouen.

samedi 13 août 2011

Bauta

Bauta, jardin des plantes de RouenCette pierre dressée dans le jardin des plantes de Rouen, qui fait vaguement penser aux menhirs d'Obelix, est un bauta : autrement dit une pierre commémorative runique en norvégien. En 1911, elle a été offerte à la ville de Rouen au nom du peuple norvégien par le "Normands Forbundet" de Christiania.
Il y a cent ans, Norvégiens et Rouennais commémoraient le millénaire de la Normandie, dont on célèbre cette année, sans doute avec moins de faste, le mille centième anniversaire.
La pierre, qui fait bien cinq ou six mètres de haut, présente des bas-reliefs figurant boucliers, épées, éclairs, c'est-à-dire selon l'artiste de l'époque, les difficultés des Vikings "menacés par les périls du ciel et de la mer". Là, le lecteur français sursaute, étranger à cette admiration et cette mansuétude à l'égard d'envahisseurs qui ont tout de même semé la désolation sur leur passage.
Mais tout cela est bien loin, mille ans après. On peut bien passer l'éponge. D'autant qu'une autre surprise attend le lecteur de la plaque commémorative insérée dans le bauta : la date d'inauguration.
Par une coïncidence qui touche à la prescience, la pierre symbolisant le débarquement des Vikings en Normandie a été dévoilée officiellement un 6 juin. Le 6 juin 1911, 33 ans jour pour jour avant le D-Day.

lundi 8 août 2011

Giverny sous la pluie

GivernyJe vais vous faire une confidence, à vous qui êtes des esthètes : c'est sous la pluie que le jardin de Monet est le plus beau.
Ce n'est pas seulement parce que les ondées font fuir les visiteurs, et que le jardin, soudain, s'offre à vous presque seul. Avantage appréciable, certes, mais rien au regard de la métamorphose du lieu.
Alors, voilà. Il ne pleut pas très fort en général à Giverny. Au moment des premières gouttes, vous êtes allé vous asseoir sous le grand saule au bout de l'étang.
Les branches qui s'agitaient tout à l'heure ont fini de se balancer. La pluie chante doucement autour de vous en piquetant les frondaisons.
L'intensité lumineuse a baissé. Les yeux se reposent sous l'écran des nuages, dans la lumière argentée qu'ils diffusent.
Devant vous, sur l'étang, des cercles d'abord épars, puis de plus en plus nombreux se dessinent, et leur rondeur répond à celle des feuilles de nymphéas. Animé de cette géométrie sans cesse renouvelée, le bassin est plus hypnotique que jamais.
Il fait doux.
Sous la pluie, chaque feuille se met à briller, lustrée d'argent.
Les fleurs font des points lumineux encore plus intenses que d'habitude.
Tandis que l'humidité envahit l'atmosphère, l'ambiance se met à changer.
Vous sentez le végétal se détendre autour de vous.
En tendant l'oreille, on entendrait les plantes soupirer d'aise.
Vous respirez la bruine fraîche aux odeurs de terre et d'herbe froissée.
Un oiseau passe, rapide.
Vous êtes bien, occupé seulement à être là, parcelle de la nature autour.
Pelotonné dans la tiédeur, sous le saule, vous regardez tomber la pluie sur le jardin de Monet.

mardi 2 août 2011

De l'usage des fleurs sauvages

Massif d'été à GivernyC'est un fait établi, Monet aimait inviter les fleurs sauvages dans son jardin.
Au printemps, on pourrait croire qu'elles sont là par accident, les primevères jaunes, les violettes des bois, les pâquerettes les plus communes, épargnées lors du désherbage par la main compatissante du jardinier.
Plus tard viennent les centaurées, ces gros bouquets de fleurs bleues assez spectaculaires pour qu'on les tolère, et les coquelicots, respectés comme l'une des fleurs fétiches de Monet.
Mais quand arrive l'été, et qu'au milieu des lis et des dahlias les plus extraordinaires émergent des molènes, ce bouillon blanc de nos grands-mères, des reines des prés, des tanaisies, des achillées, des verges d'or, on est amené à se poser des questions. Ce n'est plus le fruit du hasard, c'est un système.
Pour le fin connaisseur de Giverny Derek Fell (The Magic of Monet's Garden, Ed. Frances Lincoln), il ne fait pas de doute que Monet herborisait dans la nature pour semer dans ses massifs les graines recueillies sur les talus et dans les prés.
Le but n'était pas de se procurer à bon compte de quoi remplir le jardin : on sait que Monet se montrait prodigue dès qu'il s'agissait de fleurs. L'idée était plutôt d'amener la nature chez soi, cette nature que Monet aimait par-dessus tout. D'éviter le côté artificiel des jardins trop bien arrangés.
Précurseur des jardins d'aujourd'hui, qui font la part belle aux fleurs spontanées, Monet aimait que son jardin n'ait pas l'air apprêté, mais qu'au contraire il permette de s'immerger jusqu'au vertige dans la verdure et les fleurs.
A l'image des connexions que le peintre a imaginées entre les deux jardins, le clos normand est un lien entre la maison, qui protège l'homme, et l'immensité de la nature sauvage.


Copyright :

Cher lecteur,
ces textes et ces photos
ne sont pas libres de droits.

Merci
de respecter mon travail
en ne les copiant pas
sans mon accord.
Ariane.

Références :

Syndication