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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

mardi 31 mai 2011

Sauterelle

Sauterelle sur fleur de pavotVert sur rouge : si cette sauterelle se croit bien dissimulée sur sa fleur de pavot, c'est qu'elle n'a visiblement pas la même vision des couleurs que nous. Les sauterelles seraient-elles daltoniennes ? Ou feraient-elles davantage confiance à leurs antennes qu'à leurs yeux ?
Des antennes longues comme des cannes à pêche, qu'elles brandissent loin au-devant d'elles, des appendices fragiles susceptibles de se casser.
Être sauterelle, c'est aussi avoir une armure pour protéger tout ce qui est tendre à l'intérieur. Et des cuisses puissantes, capables de vous propulser très loin, dans la direction la plus inattendue. Ça ne vous donnerait pas envie d'essayer, d'être une sauterelle pour un jour ou deux ?

mercredi 25 mai 2011

Le printemps des nymphéas

Nympheas, GivernyEffet de la précocité du printemps cette année, les nymphéas sont déjà en fleurs à Giverny. Le plan d'eau de Monet présente son aspect de l'été, avec ses radeaux piquetés de nénuphars colorés.
La glycine au-dessus du pont, en revanche, est fanée depuis deux bonnes semaines. Les visiteurs venus d'outre-Atlantique s'étonnent. Quand fleurira-t-elle ? demandent-ils. Ils sont surpris qu'il soit déjà trop tard pour la voir cette année.
L'hiver a été long et froid aux États-Unis, racontent-ils. Ceux qui viennent des Etats du Nord ont l'impression depuis leur arrivée de se promener dans une région d'une douceur exceptionnelle, une sorte de Riviera normande.
"On va rentrer et il y aura encore de la neige, on en a eu 12 mètres cette année", grognent-ils, tandis que nous clignons des yeux sous le soleil éblouissant et que nous cherchons l'ombre.
Voilà des visiteurs qui vont emporter une idée très spéciale de la Normandie !

samedi 21 mai 2011

Forêt de Bizy

La forêt de Bizy à VernonA tous ceux qui aiment :

la solitude dans la nature,
marcher où bon leur semble,
déjeuner sur l'herbe,
apprendre le nom des plantes,
courir ou laisser les enfants le faire,
pouvoir emmener le chien,
se garer sans se casser la tête,

bref, un vrai moment de liberté et de détente au vert, à dix minutes de Giverny, la forêt de Bizy offre tout cela.
Vous me direz, il y a moins de fleurs, c'est vrai, mais observez qu'il y a beaucoup plus d'arbres !
La ville de Vernon vient d'inaugurer un sentier de découverte sensorielle qui invite à toucher les feuilles et jouer du xylophone, qui explique comment dessiner la forêt, et présente les différentes essences d'arbres qui la composent.
Après le bain de foule de Giverny, une petite balade en forêt, ça ressource...

mardi 17 mai 2011

La roseraie de Monet

Roseraie à GivernyC'est un des coins du jardin de Monet les plus agréables en ce moment : la petite roseraie située à gauche de la maison du peintre est en pleine floraison, en même temps que les rhododendrons et les seringats. Des cascades de fleurs blanches ou roses dégringolent des arbustes et des buissons, mêlant leurs fragrances printanières.
Au bout de la roseraie, le premier atelier de Monet ouvre sa verrière sur ce spectacle, qui s'offrait à l'identique à la mi-juin l'année dernière.
Peu de visiteurs viennent faire un tour dans cette petite allée à l'écart, où un banc amical permet d'admirer à loisir les fleurs et les arbres en espaliers.
Le clos normand s'entoure ici d'un mur très haut, car le jardin de Monet est en contrebas de la rue en raison de la pente de la colline.
Bien protégés des vents, exposés plein sud, les rosiers trouvent ici des conditions idéales pour s'épanouir.

samedi 14 mai 2011

Un peu too much

Printemps à Giverny"C'est presque un peu trop". La personne qui fait ce commentaire à côté de moi ne parle pas des allées noires de monde, mais des massifs du jardin de Monet. Ils débordent d'iris, de juliennes des jardins, de pivoines, de roses.
Trop de fleurs ? Voilà un ressenti qui mérite qu'on s'y arrête. Un sentiment d'excès, tempéré par ce presque, et cet un peu. Comme s'il y avait une limite à ne pas franchir dans l'abondance des fleurs, et que le jardin de Giverny en ce moment s'en rapprochait, ayant dépassé le juste bien, mais pas encore atteint la démesure totale.
C'est presque un peu trop, cela appelle l'idée d'un équilibre. L'oeil doit trouver à se reposer entre les massifs. Et non pas s'affoler, sans repère, dans l'exubérance végétale du printemps.
Le regard supporte sans fatigue ce qu'il analyse sans effort. Les grandes zones unies de pelouse ou d'eau, les masses vertes de feuillages, la répétition d'une même fleur façon champ de tulipe ou de colza. Mais la vue se perd dans les zones où la couleur est morcelée en fragments. Notre petit logiciel interne d'analyse d'image boucle, patine, et se montre tout à coup moins performant.
Le regard, instinctivement, cherche un motif plus académique, plus lisse. Le jardin impressionniste de Monet, où chaque fleur est un coup de pinceau et où les massifs chatoient de touches colorées juxtaposées, se heurte à la même incompréhension qu'à ses débuts sa peinture.

jeudi 12 mai 2011

Les pieds sur terre

Nymphéas
Voilà une semaine que les premiers nymphéas sont ouverts, des nymphéas blancs du côté sud-est du bassin : depuis le 7 mai, record de précocité de ces dernières années.
Qu'ils aient des fleurs ou non, on ne se lasse pas de photographier les nymphéas. Il suffit de mettre ses pas dans ceux de Monet pour être d'accord avec lui. Les vues générales du bassin, "c'est bien beau", mais quand le regard s'abaisse et qu'il rencontre les nénuphars, le jeu graphique et coloré devient infini.
A suivre les compositions géométriques qu'ils dessinent, on flotte entre le réel de leurs feuilles et le virtuel des reflets, l'infini du ciel et la proximité du plan d'eau.
L'esprit s'évade, la tête dans les nuages, tandis que le concret des feuilles qui flottent permet de garder, à l'image des nymphéas attachés au fond de l'eau, les pieds sur terre.

dimanche 8 mai 2011

Lever de soleil sous la glycine

Le pont de Monet à GivernySept heures du matin.
Entre l'aube et l'aurore, le bassin de Monet souffle son haleine fraîche et humide en exhalaisons de brumes.
Leurs lentes évolutions donnent vie à la surface.
Des volutes vaporeux s'élèvent.
Leurs formes évanescentes vacillent, vont et viennent au gré d'un souffle de vent.

A sept heures vingt, le soleil surgit derrière la colline, lance ses rayons roses, s'empare des brumes, les empoigne, les fait danser.
Leur valse s'accélère, l'or du ciel les embrase, tout flamboie dans le grand chaudron du bassin de Giverny.

samedi 7 mai 2011

Isatis tinctoria

Isatis tinctoria, pastel des teinturiersCette plante mousseuse couleur fleur de moutarde qui donne du volume aux massifs jaunes de Giverny a un sérieux passif : c'est l'isatis tinctoria, le pastel des teinturiers.
Le pastel, c'est bleu pâle, tendrement délavé, de la couleur du ciel normand en été quand il y met du sien. Une fleur jaune qui donne du bleu ? Voilà un paradoxe que Monet n'aurait pas dénié.
C'est des feuilles de l'isatis que l'on extrait, si l'on y met de la persévérance et du savoir-faire, la teinture qui a fait la fortune de plusieurs régions de France au Moyen Âge, en particulier le Lauragais, dans le Midi toulousain. C'était alors la seule façon d'obtenir du bleu.
Comment nos ancêtres ont-ils fait cette découverte ? Elle force l'admiration, car elle ne peut être fortuite tant la méthode de fabrication est complexe. J'imagine que les plus inventifs de nos aïeux ont multiplié les expériences avec toutes sortes de produits trouvés dans la nature, à la recherche de celui qui allait permettre de teindre les étoffes. Un jour, les efforts de l'un d'eux ont payé, il a découvert une méthode pour extraire l'indigotine du pastel.
Porter des vêtements colorés, vivre dans un monde où les objets ont de multiples teintes, tout cela nous paraît si normal que nous n'y pensons même pas. Il nous faut forcer notre imaginaire à se figurer un monde où seule la nature déploie des couleurs, tandis que les objets de l'activité humaine présentent des teintes monotones. On comprend alors cette fièvre du bleu qui a conditionné l'activité de toute une région, et bâti des fortunes encore visibles dans les beaux hôtels particuliers renaissants de Toulouse.


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