Claude Monet ce mal connu
Par Ariane, dimanche 12 septembre 2010 à 21:30 :: Livres :: #1107 :: rss
Parmi les sources écrites dont on dispose à propos de Monet, les plus fiables sont celles rédigées à chaud : les lettres qu'il a adressées ou reçues, les factures et livres de comptes, les actes notariés, le journal tenu par son épouse Alice après la mort de sa fille Suzanne...
Les articles dont Monet fait l'objet de son vivant ne manquent pas d'intérêt, même s'il excelle dans l'art de façonner sa propre légende.
En complément à ces documents, et c'est tant mieux pour notre connaissance du peintre, plusieurs proches de Monet ont fait l'effort de rédiger un livre entier pour le faire connaître à leurs contemporains et à la postérité. Son critique et ami Gustave Geffroy devient son premier biographe, et Georges Clemenceau, Marc Elder ou Jean-Pierre Hoschedé fournissent des témoignages irremplaçables.
Certes ces livres sont écrits dans l'après coup, quelquefois à un âge avancé, ils constituent cependant des sources précieuses auxquelles puisent les historiens d'art.
J'ai lu tant de citations extraites du recueil de souvenirs du plus jeune des beaux-fils de Monet, Jean-Pierre Hoschedé, que je grillais de le découvrir in extenso. Malheureusement "Claude Monet ce mal connu", paru chez Cailler en Suisse en 1960 n'a pas été réédité, si bien qu'il m'a fallu l'aide de l'internet, un peu de chance et de patience pour le trouver enfin.
Je tiens le livre entre mes mains. Ou plutôt les livres, car, allez savoir pourquoi ? il est divisé en deux tomes. C'est un ouvrage broché où sont insérées des pages de photographies en noir et blanc, photos de famille surtout, d'oeuvres parfois.
En 1960 on vendait des livres non découpés, le coupe-papier était un objet pas encore tombé en désuétude.
La personne à qui a appartenu ce livre l'a lu, mais pas entièrement. Les découpes s'arrêtent à la page 152, vingt pages avant la fin. Le deuxième tome, qui concerne les grandes décorations des Nymphéas, ne l'a pas intéressée : il est intact.
Pas d'autres traces du premier propriétaire de l'ouvrage qui en a sans doute parcouru les lignes il y a tout juste un demi-siècle. Je les dévore à mon tour, et j'y trouve un éclairage sur Monet en général largement diffusé entre-temps, mais parfois inattendu.
Derrière ce portrait du peintre esquissé par Jean-Pierre Hoschedé, se dessine en creux un portrait de la personnalité de l'auteur lui-même, attachant dans sa piété filiale, agaçant pour la même raison.
Enfin, dans le pointillé des citations retrouvées ici et là se devine aussi la subjectivité des auteurs de livres sur Monet, qui ont retenu tel détail et laissé de côté tel autre.
Je ferai de même prochainement, en essayant de choisir des précisions inédites.
Mais peut-être qu'elles ne le seront pas, peut-être que j'aurai oublié avoir déjà lu cela quelque part dans la littérature secondaire.
Subjectivité, mémoire, oubli... L'enquête historique est un art difficile où l'on se heurte sans cesse à ces trois-là , en l'occurrence subjectivité, mémoire, oubli de Monet lui-même, de ses proches, des témoins de son temps, des auteurs postérieurs... Et l'on est inévitablement en prise aussi avec sa propre subjectivité, sa propre mémoire, son propre oubli. Ce n'est qu'avec prudence, après recoupement, que l'on peut établir des faits, même en se fondant sur les meilleures sources. Jean-Pierre Hoschedé lui-même, si sincère dans sa volonté de rétablir la vérité sur Monet, si proche du peintre, n'évite pas certaines erreurs non plus.

Commentaires
1. Le lundi 13 septembre 2010 à 02:41, par Carola
2. Le lundi 13 septembre 2010 à 09:26, par Ariane
3. Le lundi 13 septembre 2010 à 13:17, par jazzloup
4. Le lundi 13 septembre 2010 à 21:21, par Emmanuelle
5. Le mardi 14 septembre 2010 à 02:50, par Carola
6. Le mercredi 15 septembre 2010 à 12:45, par Ariane
7. Le mercredi 13 octobre 2010 à 13:20, par Marie K.
8. Le jeudi 14 octobre 2010 à 21:13, par Ariane
9. Le jeudi 14 octobre 2010 à 21:40, par Marie K.
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