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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

dimanche 29 août 2010

Dans Marianne il y a Ariane

Monet, Monet, money...  Marianne du 28 août au 3 septembre 2010 L'exposition Monet qui ouvrira ses portes dans moins d'un mois au Grand Palais suscite déjà des articles. Cette semaine, l'hebdomadaire Marianne consacre trois pages à la Monet mania, dans un reportage qui a conduit le journaliste Vincent Huguet à Monetland, comme il dit : comprenez Giverny.
Pour préparer son papier, Vincent Huguet a fureté sur la toile, et il est tombé sur Giverny News, où visiblement ma boutade gentiment ironique sur Carla Bruni l'a amusé.

Woody Allen (...) le 6 août dernier, est venu tourner une scène de son film chez Monet. Un épisode relaté avec un humour ravageur sur Giverny News (http://givernews.com), l'irrésistible blog tenu par Ariane Cauderlier, guide indépendante à Giverny qui épingle les excès du culte. Rappelant les 32 prises nécessaires auparavant, à Paris, pour filmer Carla Bruni "en train d'acheter une baguette de pain rue Mouffetard" ("Ça n'a l'air de rien, mais ce n'est pas si facile quand vous ne l'avez jamais fait. Un vrai rôle de composition.") la bloggeuse aux nymphéas ajoute : "Heureusement, Madame Sarkozy n'est pas venue à Giverny. On aurait risqué d'avoir à fermer les jardins de Monet tout le week-end si ce perfectionniste de cinéaste lui avait demandé, disons, de jouer la belle jardinière et d'arroser un massif."


Sympa, non ? Il est clair que chez Marianne, faire partie de la blogosphère, donc être une voix indépendante, originale et sincère vous fait d'emblée marquer des points.
Merci, monsieur Huguet, ce coup de projo, c'est très aimable à vous.
Mais, comment dire ? je ressens un léger malaise. Si les lecteurs de Marianne ont la curiosité de venir se promener par ici, alléchés par la citation, ils risquent bien d'être déçus de tomber sur des fleurs et des petits oiseaux.
Je ne donne pas dans le sarcasme politique, et à y réfléchir, celui-ci, je le regrette. Car pourquoi Woody Allen s'est-il "acharné" sur Carla Bruni, en lui faisant répéter sa prise 32 fois ? Pour le buzz ? C'est mesquin. Pour humilier notre première dame ? C'est bas. Non, je ne vois qu'une explication, puisque Carla débute il a voulu lui donner un cours de cinéma, patiemment, pour qu'elle soit la meilleure possible. Comme Monet, il a poussé le travail au maximum, jusqu'à ne plus pouvoir ajouter de force au tableau.
Et puis, faut-il le préciser, c'est de la pure fiction d'imaginer la Fondation Monet fermée pendant deux jours. Woody Allen a obtenu une privatisation d'une heure et demi, si je me rappelle bien, sur la moitié du jardin, en fin de journée, quand il n'y a de toutes façons plus personne ou presque : c'est déjà beaucoup. On a le sens du service public à Giverny, pas question de fermer inconsidérément les lieux aux visiteurs, fut-ce pour encourager la création artistique.
Quoi d'autre ? Je ne crois pas épingler les excès du culte. Si culte il y a, je crains fort, au contraire, d'en être l'une des modestes prêtresses, et tout à fait excessive. Un blog entier sur Giverny !
Enfin, ça fait toujours bizarre de se retrouver dans la presse, qu'elle soit écrite, radiophonique ou télévisuelle. J'en ai fait plusieurs fois l'expérience à des titres divers, je l'ai infligée autrefois aux personnes que j'ai interviewées, on se trouve soudainement face à une image de soi vue à travers le prisme de quelqu'un d'autre, qui opère des choix subjectifs.
Voyez la légende de l'illustration, par exemple. Un bonbon rose, moi, j'ai dit ça ? J'ai du mal à y croire, tant, dans le contexte de l'article, l'expression passe pour distanciée et un peu moqueuse.
Vérification faite, oui, bien sûr, c'est dans givernews. C'était à propos de la neige à Giverny, une métaphore filée. "Ici, tout juste un peu de sucre glace. La maison de Claude Monet en devient une confiserie géante, un énorme bonbon rose. "
C'était un regard tendre. Rose bonbon.

jeudi 26 août 2010

Néanmoins

Feuilles de nénuphars Il y a des mots qui dorment dans un coin de notre mémoire. Un vocabulaire passif, que nous comprenons mais ne pensons pas à utiliser.
Jamais, en anglais, je n'emploie le mot nevertheless. Toutefois, quand une de mes clientes l'a prononcé hier, sa traduction m'est revenue, comme une fiche sortie d'un classeur : néanmoins.
Les mots ne manquent pas pour exprimer l'opposition, à commencer par mais. Néanmoins, c'est une opposition, mais atténuée, une réticence, une réserve.
Si nevertheless est bien long pour un adverbe, un peu traître à prononcer pour des francophones avec son th au milieu, et que je n'ai pas dans la langue de Shakespeare la finesse d'expression qui le ferait préférer parfois à but ou however, je me demande en revanche pourquoi, comme beaucoup de mes compatriotes, je boude néanmoins.
L'alignement de hiatus et de nasales n'en fait pas un très joli vocable, c'est vrai. Il me semble pourtant que c'est le sens caché du mot qui retient de l'employer.
Néanmoins : nez en moins. On n'a envie d'amputer personne. Et néant moins, les profondeurs négatives de l'insondable, n'en parlons pas, c'est carrément déprimant !
Alors qu'en anglais nevertheless claque comme une devise : jamais le moins, (donc toujours le plus) voilà qui ne manque pas de panache.
J'avoue que la subtile mathématique rhétorique du moins qui apparaît dans les deux langues m'échappe. Serait-ce que l'on retranche quelque chose à la proposition précédente ? Ou que l'on fait mine au contraire de ne rien y retrancher ? Si vous avez une explication, je suis tout ouïe, oreilles en plus.
Enfin, pour ceux qui se demanderaient quel rapport il y a entre cette image de feuilles de nénuphars et mes interrogations linguistiques, j'aime beaucoup cette photo, c'était si beau de voir les nymphéas creusés d'une goutte en coeur scintiller d'éclats d'or, d'argent et de lapis-lazuli. Néanmoins, j'avais une réticence à la publier parce que les feuilles ne sont pas tout à fait propres, il s'y accroche un peu de mousse. Re-néanmoins, n'est-ce pas cette mousse, justement, qui retient les rayons de lumière ? Et le bassin de Monet n'est-il pas d'autant plus admirable de ce qu'il magnifie l'ordinaire, voire l'ordure, pour en faire de l'or, comme le fumier au pied des roses ?

Les choses ayant souvent plus d'un sens, je dédie ce billet à N., nez de la parfumerie parti outre-Manche, qui laisse un vide derrière elle.

lundi 23 août 2010

Camouflage

Chenille sur iris Si certaines chenilles arborent des couleurs voyantes, comme pour faire croire aux prédateurs éventuels qu'elles sont toxiques, d'autres ont une stratégie de survie bien différente.
Regardez celle-ci, par exemple, qui arpente le rebord d'un iris du jardin d'eau de Claude Monet. Ne dirait-on pas une excroissance de l'iris lui-même ?
Sa teinte, subtil camaïeu de jaune et de vert, est copiée avec une exactitude que bien des peintres pourraient lui envier. Et l'analogie entre la larve et le végétal ne s'arrête pas là : la chenille a le même aspect translucide dans la lumière. Suprême raffinement, vous verrez en agrandissant la photo qu'elle pousse le bouchon jusqu'à aligner de petits points sombres à intervalles réguliers le long de son corps, à l'image des segments que l'on voit sur la tige d'iris.
L'hypothèse darwinienne trouve ici son illustration. Des mutations successives ont fait ressembler certaines chenilles de plus en plus à la plante hôte, et les chenilles les mieux camouflées sont aussi celles qui ont le mieux survécu.
Le point faible de cette technique de survie par le camouflage, c'est le mouvement. Tant qu'elle est au repos, la chenille se fond dans la nature. Mais si elle s'avise d'avancer, son curieux pas glissé la dénonce immédiatement. Qui a déjà vu un iris faire des boucles ?

vendredi 20 août 2010

Roses blanches

Rosier blanc devant la maison de Claude MonetAoût voit remonter les rosiers de Giverny.
La floraison estivale est moins spectaculaire que celle de juin, mais bien présente tout de même.
La petite roseraie derrière les tilleuls a retrouvé sa raison d'être, avec ses buissons parfumés qui attendent les visiteurs les plus curieux.
Au-dessus de la grande allée, le beau rosier grimpant abricot a déjà semé une nouvelle fois ses pétales au pied des ifs.
Devant la maison, les rosiers blancs rayonnent. L'association de leurs fleurs immaculées avec le vert des feuillages et des boiseries est si fraîche, si éclatante, qu'elle donne envie de planter des roses blanches dans son jardin, en oubliant définitivement la larmoyante chanson de Berthe Sylva qui leur colle aux pétales.

mercredi 18 août 2010

Un joyeux fouillis

Fleurs d'été à GivernyAoût a semé un grain de folie dans les massifs de Giverny.
Les fleurs soigneusement classées par couleurs, patiemment organisées pour être aussi différentes que possible en taille, forme, texture, s'épanouissent si joyeusement qu'elles font oublier tout l'art du jardinier et du peintre concepteur du jardin.
C'est le règne de l'exubérance, qui culminera à l'automne dans un tel épanchement floral que certains auteurs parlent de la violence du jardin de Monet en fin de saison.
On n'en est pas encore là. Pour l'instant, le mot qui vient à l'esprit des visiteurs francophones, c'est celui de fouillis.
Si je m'étonne, fouillis, vous trouvez ? ils s'empressent d'ajouter le qualificatif "organisé" au substantif dépréciatif, soit par crainte de s'être laissé aller à un crime de lèse-majesté, soit qu'ils sentent qu'il règne ici un ordre d'un autre genre que celui habituellement admis, dont la logique leur échappe mais où, qui sait, certains se retrouvent peut-être.
Ce qu'il faut de rigueur pour arriver à ce fouillis-là ! La sélection des variétés qui vont s'harmoniser, l'étiquetage minutieux des semis, la plantation savante selon la taille future des tiges, l'habile mélange des formes de fleurs...
Tout cela paraît difficile à percevoir et même à saisir. En dépit de mes explications circonstanciées, d'aucuns n'ont-t-ils pas comparé les merveilleuses floraisons impressionnistes de Giverny à une jachère fleurie ?
Inspiration, expiration, ça donne l'occasion de sentir le parfum des fleurs.
Redevenue aussi zen qu'un jardin japonais, je reconnais que les jachères fleuries présentent elles aussi un mélange de fleurs, (admirez ma diplomatie) mais que celui-ci s'obtient en mêlant les graines et en les jetant à la volée dans un champ. Ici chaque fleur est d'abord cultivée en serre puis mise en place individuellement, à la main.
Se peut-il qu'on ne fasse pas la différence entre la haute-couture et la confection, entre le pain industriel et celui du boulanger ?
Et dans quels domaines, certainement très nombreux, suis-je moi-même si peu avertie que je ne distingue pas l'exception du tout-venant ?

vendredi 13 août 2010

Après la moisson

Round ball
Les balles rondes ou parallélépipédiques produites mécaniquement ont depuis longtemps remplacé les meules chères à Claude Monet. Mais leur géométrie continue à séduire les peintres.
Dans les champs de blé tout juste moissonnés, elles s'alignent à intervalles réguliers sur le chaume court, et leur blondeur s'harmonise au bleu du ciel.
Après des mois cheveux au vent, la terre s'est fait faire une coupe à ras.
Dans l'Eure, les moissonneuses batteuses terminent la récolte des dernières parcelles, dans des nuages de poussière. Les grains de blé détachés au fur et à mesure des épis s'entassent dans les remorques, tandis que les tiges, devenues paille, quitteront le champ un peu plus tard.
La paille des balles rondes deviendra sans doute litière pour le bétail. En Normandie, les élevages ne sont pas loin.
Autrefois les enfants se servaient de ces pailles, creuses et ligneuses à souhait, pour faire des bulles de savon. Il suffisait d'en demander poliment une à la fermière en allant chercher le lait.
L'odeur de la paille de blé est caractéristique, une odeur chaude et un peu irritante qui sent l'été et la moisson. Mais c'est l'odeur des foins que l'on a envie de humer à grandes inspirations, ce parfum délicieux de l'herbe qui sèche.
C'est un bonheur éphémère de juin, quand, à la faveur d'une période de beau temps, les agriculteurs fauchent les prairies et retournent plusieurs fois l'herbe coupée pour la faire sécher au soleil.
Le foin, il finira dans la mangeoire des vaches qui s'en régaleront à la mauvaise saison.
A l'époque de Monet, on en faisait aussi des meules, aux formes molles et incertaines, moins régulières que les meules de blé. Aujourd'hui, le foin lui aussi se stocke en balles rondes ou rectangulaires, d'un vert délavé plutôt que d'un blond paille.

jeudi 12 août 2010

Woody Allen à Giverny

Clair de lune à GivernyMidnight à Giverny

Rien de tel que le cinéma pour transformer un lieu en camp retranché. Woody Allen était en tournage à Giverny vendredi dernier : barrières, police, déviation, il fallait montrer patte blanche pour rentrer chez soi.
Chez Monet, le jardin d'eau était inaccessible en fin d'après-midi. Selon l'hebdomadaire Paris-Normandie, le réalisateur n'a passé que deux heures à Giverny. Une scène assez courte et assez facile sans doute, pour laquelle les acteurs aguerris qu'il a engagés n'ont pas eu besoin de s'y reprendre à 36 fois, j'imagine.
Non, j'exagère : 32 fois seulement. Vous avez suivi les exploits de Carla Bruni pour ses débuts au cinéma sous la direction de Woody ? Trente-deux prises pour acheter une baguette de pain rue Mouffetard ! Ça n'a l'air de rien, mais ce n'est pas si facile quand vous ne l'avez jamais fait. Un vrai rôle de composition.
Heureusement, Madame Sarkozy n'est pas venue à Giverny. On aurait risqué d'avoir à fermer les jardins de Monet tout le week-end si ce perfectionniste de cinéaste lui avait demandé, disons, de jouer la belle jardinière et d'arroser un massif.
Évidemment, j'irai voir Midnight in Paris quand il sortira. Comme beaucoup de Français, Woody Allen est l'un de mes réalisateurs préférés. Bien que je ne sois pas certaine qu'il brosse un tableau très flatteur de notre capitale. Le réalisateur new-yorkais est tellement sûr de son public en France qu'il se permet des remarques un peu aigres-douces, bien faites pour plaire aux Américains. Qui aime bien châtie bien, n'est-ce pas.
En ce qui concerne Giverny, Woody est un habitué des lieux, m'a-t-on confié. C'est certainement un plus qu'il associe les jardins de Monet à un film sur Paris. Qu'il en dise du bien ou du mal, ce sera toujours une irremplaçable publicité.

mardi 10 août 2010

Georges Guynemer

Panorama de Château-Gaillard"C'est une vue qui donne envie de voler."
Aux Andelys, le panorama que l'on découvre depuis les coteaux de la Seine embrasse toute la grande boucle du fleuve et se perd à l'ouest, où l'horizon se fond dans la brume. Le ciel s'étire, immense au-dessus de cette immensité.
La phrase de ma collègue m'a fait l'effet d'une révélation. Se pourrait-il que ce paysage si grandiose ait fait naître des rêves d'envol ? En tout cas l'histoire des Andelys est étrangement liée à celle de l'aviation. A des époques différentes, trois hommes s'y sont rendu célèbres par leurs exploits aéronautiques, coïncidence étonnante dans un bourg de quelques milliers d'habitants.
C'est d'abord Jean-Pierre Blanchard, natif des Andelys, qui s'illustre en traversant le premier la Manche en ballon, en 1785. Blanchard est célébré au Petit-Andely par un monument, une rue et une plaque sur sa maison natale.
Plus près de nous, l'Andelysien Marcel Lefèvre est un héros de la Seconde Guerre mondiale. Pilote de chasse, il faisait partie du fameux escadron Normandie-Niemen qui s'est battu sur le front russe. Marcel Lefèvre est mort au combat après 14 victoires aériennes. Grâce à son frère un musée, le Mémorial Normandie-Niemen, lui rend hommage ainsi qu'à ses compagnons d'armes.
Entre les deux s'intercale un mythe. Georges Guynemer, l'as de la Première Guerre mondiale, entré de son vivant dans la légende.
Le lien de Guynemer avec les Andelys est plus ténu. Né à Paris à la Noël 1894, il a été baptisé au Thuit, commune voisine des Andelys où sa famille possédait un château et 280 hectares de terres. Si Guynemer a ressenti ici l'appel du paysage ouvert sur le ciel, cela s'est produit quand il était tout enfant : sa grand-mère devenue veuve vend le château alors que Georges n'a que six ans.
Le père et l'arrière-grand-père de Georges Guynemer étaient tous deux officiers, mais son grand-père a été un temps sous-préfet de Louviers. Sa grand-mère la sous-préfète, dont le journal nous est parvenu, qualifie Le Thuit d'endroit "le plus beau et le plus ennuyeux du monde".
On dirait que cette beauté a agi à la manière des sirènes. Séduits par l'ampleur du paysage, Blanchard, Guynemer et Lefèvre ont appris à voler, ce qui leur a valu la gloire. Mais ils s'y sont brûlé les ailes. Tous trois sont morts trop jeunes à cause de leur passion.
Peut-être se disaient-ils que mourir dans les airs, c'est raccourcir le chemin vers le ciel.

dimanche 8 août 2010

Vernon, soleil couchant

Coucher de soleil sur la Seine, VernonSi les cités américaines se caractérisent par la silhouette de leurs gratte-ciel, leur skyline, on chercherait en vain, dans bien des villes françaises, l'ombre d'une tour de plus de dix étages.
Ce sont les édifices du Moyen Âge qui ressortent. A Vernon, la collégiale Notre-Dame se dresse à l'horizon, encadrée à gauche par le clocheton de la mairie, à droite par les drapeaux de la tour des Archives.
Sur l'autre rive, la Seine vient lécher les prés de Vernonnet, formant une petite plage de sable désormais accessible par un sentier de randonnée.
C'est presque l'angle choisi par Monet pour sa première vue de la collégiale, avant qu'il opte pour une série dans l'axe de l'église.
Un coucher de soleil sur un plan d'eau a toujours un effet apaisant. Les cygnes glissent, le temps s'écoule. Qu'ailleurs il y ait la guerre, des forêts qui brûlent, des gens qui souffrent, tout cela paraît difficile à croire.
Et puis, un moustique vient vous vrombir aux oreilles, désagréable messager de l'imperfection du monde.
Il est temps de rentrer.

mardi 3 août 2010

Maximilien Luce

Expo Maximilien Luce, Musée des Impressionnismes GivernyAprès le parcours impressionniste "Au fil de la Seine" qui réunissait de nombreux maîtres ayant travaillé sur les bords du fleuve, le musée des impressionnismes Giverny revient à une exposition monographique. Jusqu'au 31 octobre 2010, c'est le peintre Maximilien Luce qui est dans la lumière.
Comme Joan Mitchell l'an dernier, Luce a un lien géographique avec Giverny, puisqu'il a fini ses jours à Rolleboise, à une dizaine de kilomètres, et qu'il y est enterré.
Mais c'est avant tout son style qui fait de lui un peintre de la lumière, et le place dans la mouvance de Claude Monet. De 18 ans plus jeune (il est né en 1858), il fait partie des néo-impressionnistes en compagnie de Seurat, Signac et Cross, tous trois ses amis.
Le musée des impressionnismes n'a eu cette fois aucun mal à réunir les oeuvres présentées, dans l'intention de retracer toute la carrière artistique de Luce. Toutes les demandes de prêts ont été acceptées, ce qui fait de la rétrospective givernoise une sorte de parcours idéal dans l'oeuvre du peintre.
A voir l'époustouflante collection de chefs d'oeuvre, la maestria de Luce dans le traitement de la lumière, on comprend le désir du musée de rendre à Luce la place qui lui revient. Comment un tel peintre a-t-il pu rester dans l'ombre, ne jouir que d'un succès relatif ?
La réponse se lit dans les tableaux, les dessins et les gravures exposés. Luce a eu le tort d'être un artiste engagé, un fervent défenseur des plus faibles, peu avare de son talent pour lutter du côté des syndicalistes ou des anarchistes, pour dénoncer les répressions de la Commune, pour faire sentir la fatigue accablée des Poilus. Pas vraiment les meilleurs prémices pour se faire un nom auprès des collectionneurs, principalement bourgeois ou aristocrates.
Au fil de l'exposition, la personnalité de Luce transparaît. Autant Monet s'immerge dans le paysage, la représentation de la nature, autant Luce n'a d'yeux que pour l'homme. C'est un merveilleux portraitiste. Et même dans ses paysages, la présence humaine est quasi constante. Il s'enthousiasme pour le Paris haussmannien en pleine effervescence de construction, tout comme pour les aciéries du Pays Noir belge, qui lui donnent l'occasion de décrire avec lyrisme la beauté de l'effort humain.
Ce n'est qu'à la fin de sa vie que, retiré à Rolleboise, il retrouve une certaine sérénité pour évoquer la douceur des bords de Seine.


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Ariane.

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