giverny

Giverny News

Le Blog d'Ariane,

jeudi 31 décembre 2009

Saint-Sylvestre

Saint-Sylvestre chez Monet J'étais dans les jardins de Monet ce matin.
Le ciel était couvert, il tombait un petit crachin froid et un vent faible soufflait, brouillant la surface de l'étang où plus un seul nénuphar ne flotte.
Ce ne sont pas les meilleures conditions pour faire de bonnes images, mais c'était beau quand même, parce que les bambous demeurent verts, que le saule paraît presque chaud avec ses longs cheveux blonds, qu'il reste des feuilles pourpres accrochées aux branches, et que le bassin frissonne sa présence.
Au moment de franchir le pont entre les deux années, je vous souhaite qu'il soit peint couleur espérance. Que l'année nouvelle, comme le petit chemin que voici, vous conduise vers des jardins que vous ne voyez pas encore, et qui vous dévoileront leurs beautés à mesure que vous avancerez. Que votre cadre de vie soit accueillant et protecteur. Et que vous soyez chaque matin émerveillé de voir la lumière danser dans l'air et sur l'eau.

A tous, une très belle année 2010 !

mercredi 30 décembre 2009

Attraction universelle

Musée des Impressionnismes Giverny C'est une chance d'habiter un bel endroit, on voit plus de monde. La famille et les amis se laissent plus facilement convaincre de faire l'effort de venir.
Giverny a cet avantage d'exercer une attraction universelle ; il suffit d'une photo, d'un reportage : les jardins de Monet suscitent l'envie de les voir.
Cette petite dame qui marche comme on danse vers l'entrée du musée des impressionnismes de Giverny, c'est ma soeur. Elle et son mari sont passionnés d'art, et bien qu'ils habitent loin, j'ai eu la joie de les guider à l'automne dans les jardins de Monet.
Je feuillette l'album virtuel. Ce n'est pas moi qui tenait l'appareil photo ce jour-là, je suis surprise de me voir pour une fois dans ces jardins que je photographie si souvent, à leurs côtés.
Ma soeur aînée est petite et légère, blonde comme les blés, elle a gardé un air enfantin qui fait fondre tout le monde. Rien ne permet de deviner que nous sommes soeurs.
Je m'attarde sur la photo où elle m'éblouit de son sourire, devant la grande allée du clos normand en pleine splendeur automnale. Toute la joie de cette visite me revient, cette joie qu'on éprouve à découvrir et à faire découvrir, encore plus grande quand on la partage avec des êtres chers.
Bien sûr, dans les projets de se rendre visite, il y a d'abord la perspective des retrouvailles. La jolie balade qu'on fait en plus, qui vient combler un désir de voir, c'est du bonus, le supplément d'attractivité qui emporte la décision de se mettre en route, qui vainc l'inertie.
Je ne saurais m'en offusquer. Ma soeur cadette vient de trouver comment me faire venir chez elle. Résidant pour quelques mois à Angoulême, elle m'a proposé d'aller ensemble au festival de la bande dessinée...

lundi 28 décembre 2009

Un embryon de collection

l'abbé Toussaint de Frédérick MacMonnies Le musée des Impressionnismes de Giverny vient de franchir un cap, sept mois seulement après son ouverture le 1er mai dernier : il vient d'obtenir ses premières oeuvres, un tout petit début de collection.
Trois toiles ont été mises en dépôt, et un dessin acheté.
L'oeuvre la plus importante est la magnifique Grande Vallée IX de Joan Mitchell, exposée cet été sur ses cimaises, qui appartient au FRAC de Haute-Normandie. Elle est laissée à Giverny pour une durée d'un an, et plus, espérons-le, si affinités.
Joan Mitchell, Grande Vallée IXD'autre part la commune de Giverny met en dépôt au musée des Impressionnismes deux toiles, Lupins et pavots de Blanche Hoschedé-Monet et l'abbé Toussaint de Frédérick MacMonnies ; on a pu voir déjà au musée de Vernon ce grand portrait du curé de Giverny au temps de Monet. Ces deux dernières oeuvres font partie des collections du MDIG pour dix ans au moins.
Enfin, le musée a acquis un dessin à la mine de plomb sur papier de Pierre Bonnard, une oeuvre symbolique de l'amitié entre les deux peintres voisins puisqu'elle représente Marthe Bonnard en compagnie de Claude Monet dans la salle à manger de ce dernier à Giverny.

mardi 22 décembre 2009

Le donjon de la Roche-Guyon

Le donjon de la Roche-GuyonVoilà une semaine que le val de Seine est sous la neige, quelques centimètres à peine, mais assez pour métamorphoser le paysage.
Au-dessus de la Roche-Guyon, la route des Crêtes suit le bord de la falaise taillée par le fleuve, offrant de beaux points de vue sur les lointains bleutés.
Un peu en contrebas, on aperçoit le château fort de la Roche-Guyon. Bien que démantelé et ruiné, il a toujours fière allure dans ce site somptueux.
Cela paraît bizarre qu'il n'ait pas été construit tout en haut du coteau. Mais autrefois, sa tour était beaucoup plus haute. Elle s'élevait telle une immense cheminée et dépassait la crête de la colline, permettant de garder un oeil sur l'autre vallée juste derrière, celle de l'Epte. Cette fameuse rivière frontière de la Normandie. On est ici en Ile-de-France.
Des gravures montrent ce donjon démesuré, et c'était bien moche, vraiment, mais on n'était pas là pour faire joli. A la manière d'un périscope, la tour sortait juste ce qu'il fallait de l'ondulation de la colline, et les guetteurs guettaient.
J'ignore si, comme soeur Anne, ils ne voyaient rien venir. L'essentiel se passait quand même de l'autre côté, avec le contrôle de la Seine, et cette grosse chaîne qui stoppait les bateaux. Ceux-ci sentaient peser sur eux toute la menace du château fort, et s'acquittaient du péage sans discuter.

dimanche 20 décembre 2009

Billet de mille

M comme Musée Ce billet est le millième que j'écris pour givernews.com. Si vous cliquez sur le titre, vous verrez le numéro s'afficher.
J'avais d'abord penser à titrer M, comme mille en chiffre romain. Mais j'ai craint de décevoir les admirateurs de Matthieu Chédid, voire de prêter à confusion, même s'il paraît que c'est un porte-bonheur avec des points de suspension.
Le billet numéro mille, c'est une échéance qu'on voit arriver à l'avance. Une jolie occasion de célébrer, qui ne se reproduira plus : je ne crois pas que je persévérerai jusqu'au 10 000ème post, qui nous amènerait aux années 2040 environ. Ce n'est pas que je craigne de manquer d'inspiration, le sujet est inépuisable, mais il est probable que tôt ou tard il soit temps de passer à autre chose.
Alors M, comme Merci. Vous êtes bien plus de Mille chaque jour à venir prendre des nouvelles de Giverny, et c'est le meilleur des encouragements.
Et puis M, en condensé de la ligne éditoriale de ce blog. M comme Monet, M comme Magnifique et Merveilleux. Après avoir égrené surtout les mauvaises nouvelles du monde pendant une décennie, je voulais me concentrer sur du positif. C'est un bonheur de parler de la prodigieuse beauté de Giverny, de la grâce des fleurs, de cet homme hors du commun qu'était Claude Monet, d'art et d'harmonie.
Et en même temps cela ne va pas toujours de soi. Je ne serais pas française si je ne pratiquais pas un peu la lettre R aussi, râler, ronchonner et rouspéter. C'est culturel, on apprend la révolte avec notre premier biberon.
Sauf que vous ne venez pas ici pour des billets de mauvaise humeur, mais pour de petites notes aux couleurs changeantes. Je ne crois pas qu'un blog soit un exutoire, c'est un Média. C'est-à-dire un Multiplicateur de ce qu'on lui confie. Il faut faire attention à la nature des graines que l'on jette au vent.
M, le chanteur, a mille fois raison quand il le résume ainsi :

Je dis aime
Et je le sème
Sur ma planète
Je dis M
Comme un emblème
La haine je la jette


mercredi 16 décembre 2009

Soleil froid

Lever de soleil hivernal à Giverny
Un soleil qui éclaire à peine s'élève au-dessus de Giverny.
Ce soleil froid, c'est l'artiste des belles lumières d'hiver.
Des tons rosés, grisés, dorés...
Où va-t-il chercher tant de douceur ?
C'est un duvet, un velours...
Le soleil d'été frappait, celui-ci effleure.
Mais il est bien trop discret pour ravir la nature aux bras du gel.
Une petite boucle dans le ciel glacé, et déjà le voilà parti, fatigué plus tôt chaque jour.
Perchés sur le rebord de l'année, les arbres endormis guettent le signal.
Il faut encore attendre.
Car bientôt les jours vont à nouveau s'étirer, mais les plantes savent ce paradoxe, que les jours qui rallongent sont aussi les plus froids.

mardi 15 décembre 2009

L'échappée belle

L'échappée belle, Anna GavaldaAnna Gavalda publie un nouveau livre. C'est une grande nouvelle. Ou si vous préférez, un roman court.
La dame aux cinq A n'a pas besoin de moi pour qu'il devienne un best seller, et en plus, il n'y a pas un mot dedans sur Giverny ni sur Monet.
Non, si j'en parle, c'est parce qu'elle y fait un portrait très savoureux d'un guide d'opérette. Voilà déjà celui des visiteurs :

Quand nous sommes arrivés, la dernière visite venait de commencer. (...) Il y avait là quelques touristes égarés, des femmes à la cuisse molle, un couple d'instituteurs recueillis en Mephisto, des familles équitables, des gamins ronchons et une poignée de Bataves. Tous s'étaient retournés en nous entendant arriver.
Vincent, lui, ne nous avait pas vus. Il était de dos et commentait ses mâchicoulis avec une fougue que nous ne lui connaissions pas.

Vous vous êtes reconnu quelque part ? Devant tant d'ironie condescendante, ce n'est pas gagné.
La suite est très habile. Ses frère et soeurs regardent Vincent jouer les guides et épater son auditoire, alors qu'eux savent qu'il a "inventé tout ce pipeau".
Une telle collection d'idées reçues sur notre métier, que n'importe qui peut se bombarder guide, qu'on raconte n'importe quoi, et de préférence du croustillant, du sordide, du surnaturel, du ronflant, et que le public "sous le charme" gobe et en redemande, un tel ramassis de clichés devrait me faire grincer des dents.
Mais je ne peux pas. C'est quand même très drôle, j'ai la bouche ouverte.

vendredi 11 décembre 2009

L'île aux orties

ile aux orties, Giverny Claude Monet était propriétaire d'un bout de terrain à l'île aux Orties, sur la commune de Giverny. C'est là, au confluent de l'Epte avec la Seine, qu'il a peint ses fameuses Matinées sur la Seine. Il possédait un hangar où il entreposait ses toiles et ses bateaux. Une aquarelle accrochée dans sa chambre le représente.
Voici ce que je peux vous proposer de mieux comme photo de l'île aux Orties, car l'endroit ne doit pas son nom au hasard. Cette zone humide en bordure de rivière est un petit bout de nature sauvage, où les orties atteignent deux mètres de haut, et où les arbres abattus par les dernières tempêtes pourrissent tranquillement, dans un chaos de troncs brisés. Pas très photogénique. A se demander comment Monet a pu décider de le peindre...
Je me suis avancée avec précaution sur ce sol incertain pour approcher du bord de l'eau. Le confluent lui-même est un peu décevant, peut-être parce que ce n'est pas la bonne saison, mais quand la végétation est vigoureuse le lieu doit être inaccessible. L'Epte arrive presque parallèle au fleuve et se jette dedans sans même que les flots de la Seine paraissent remarquer ce renfort.
Les deux cours d'eau sont invisibles sur la photo, la Seine passe en contrebas de la colline et l'Epte juste derrière les arbres.
Ce que l'on voit bien, en revanche, ce sont les boules de gui qui garnissent les branches de cet arbre, le long d'un champ où la prochaine récolte pousse déjà dru.
Cela me rappelle de jeunes visiteurs irlandais, en avril dernier, avant que les feuilles ne poussent aux arbres. "Qu'est-ce que c'est, ces machins ?" avaient-ils demandé. A l'annonce qu'il s'agissait de gui leurs yeux se sont mis à briller. "On viendra avec un camion et on va faire fortune !" ont-ils rigolé. On dirait que le gui n'est pas si courant sur leur île.
Sur celle de Monet, il pousse aussi volontiers que les orties.

mercredi 9 décembre 2009

Rouge-gorge

Rouge-gorge à Giverny
Le jardin de Claude Monet tout vide, c'est le moment que préfère le rouge-gorge pour reprendre possession de son territoire.
Il volette à travers les bambous, sous le grand hêtre pourpre, jusqu'à la glycine du pont japonais. Hop ! Vue imprenable sur le grand bassin aux nénuphars !
Être rouge-gorge à Giverny n'est pas de tout repos, avec tous ces bipèdes à longueur de journée, mais l'endroit offre aussi de nombreux avantages.
La terre sans cesse travaillée par d'aimables jardiniers regorge de nourriture, un vrai pays de cocagne !
Pour boire et se baigner, il y a autant d'eau qu'on en veut.
Pas trop de prédateurs : les chats sont bien nourris.
Les taillis ne manquent pas pour nicher.
Et les barrières de bambou qui délimitent les massifs sont autant de perchoirs tendus aux petites pattes.

mardi 8 décembre 2009

Boîte

Boite à chapeauUne belle boîte posée dans le cabinet de toilette de Monet intrigue les visiteurs. Elle a une forme curieuse, elle est faite avec beaucoup de soin, en cuir, et la patine de la matière indique son ancienneté. A quoi sert-elle ?
Oh bien sûr, si vous avez l'habitude de chiner, vous l'avez reconnue tout de suite. On en trouve parfois, vide ou non, avec ou sans leur délicieuse petite clé... Vous avez deviné ?
C'est une boîte à chapeau, mais pas n'importe lequel. Un haut de forme.
C'était à la Belle Epoque le chapeau chic, l'accessoire masculin indispensable dans la bonne société, qui pouvait être gris le jour, mais toujours noir le soir.
Quand il était à Giverny, Monet rangeait certainement son haut de forme dans sa boîte. C'était un chapeau social, citadin. Malgré son goût pour les beaux vêtements, Monet portait un chapeau plus mou dans sa campagne.
Mais, de temps en temps, une cérémonie ou une soirée parisienne lui fournissait l'occasion de tourner la petite clé et d'extraire le chapeau retourné de son cocon de soie.
Monet se devait de posséder un chapeau haut de forme, la marque d'appartenance à la bonne société. Issu d'un milieu bourgeois, marié à une grande bourgeoise, il connaissait les codes, et n'avait nullement l'intention de passer pour un peintre bohème.
A voir la boîte, on se dit que ça devait coûter une petite fortune, un haut de forme. Un vrai gadget bling-bling.

mercredi 2 décembre 2009

Cadran solaire

Cadran solaire, FourgesDans les villages du Vexin, où l'on n'était pas assez riche pour s'offrir le luxe d'une horloge comme à Evreux ou aux Andelys, les cadrans solaires ne sont pas rares sur les murs sud des églises. En voici deux repérés dans la vallée de l'Epte, en amont de Giverny.
A Fourges, où l'église vient d'être restaurée, le cadran solaire porte la date de 1764. Il est placé non pas sur le mur mais sur un contrefort en angle, sans doute parce que l'église ne pointe pas vers l'est réel.
Les heures sont indiquées en chiffres romains qui se prolongent par des chiffres arabes plus espacés et plus lisibles. Surtout le cadran a droit à une inscription à la mode antique, dans un latin transparent : "INUTILE SINE SOLE", inutile sans soleil, une lapalissade qui fait sourire. Son auteur était peut-être un peu dépité par le climat normand !

Cadran solaire, Berthenonville Dans un autre genre, à Berthenonville, ce cadran solaire très original est soutenu par un ange en plein vol. Cette disposition lui confère une élégance certaine et justifie le décalage par rapport au plan du mur, qui n'aurait pas été très esthétique sans cela.
Y a-t-il eu compétition avec celui de Fourges ? Les deux églises ne sont pas très éloignées l'une de l'autre. Assez dissemblables dans leur plan, elles se rejoignent non seulement par la présence d'un cadran solaire, mais aussi par cette belle pierre jaune qui se patine en un gris subtil, un matériau bien différent du calcaire de la vallée de la Seine.

mardi 1 décembre 2009

Eglise inachevée

Chapelle de château sur EptePerdue au milieu des champs, la chapelle du cimetière de Château sur Epte a une drôle d'allure. On dirait qu'on en a coupé un bout.
Je n'ai pas trouvé d'infos sur cet édifice, me voilà donc réduite aux conjectures, et cette impression que le bâtiment est tranché est si forte qu'il m'est venu l'idée qu'il avait peut-être été partiellement démoli à la Révolution, dépeçage qui se serait arrêté juste à temps pour nous laisser la partie encore debout.
L'explication paraît toutefois bien peu probable. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin sur un bâtiment aussi petit ?
Il semble plutôt qu'on a ici un exemple d'une vision très familière il y a quelques siècles, celle d'une église inachevée. Ce n'est plus si courant.
La plupart des édifices religieux ont eu le temps d'être plus ou moins terminés depuis le siècle lointain où ils ont été commencés, et pour nous qui les observons au 21e siècle ils offrent un aspect fini. Les quelques rares églises qui se construisent encore sont bâties avec des méthodes modernes en un temps record, on n'a pas une impression de chantier interminable. Il faut la vaste entreprise de la Sagrada Familia de Barcelone pour retrouver cette impression d'étalement des travaux dans le temps, à l'échelle de plusieurs générations.
Ici, à l'époque où la France "se couvre d'un blanc manteau d'églises", à en croire la belle baie gothique, les paroissiens de Château-sur-Epte ont uni leurs efforts pour bâtir cette chapelle. Ils ont eu de quoi construire l'abside. Et puis, plus rien. Gel définitif des travaux après la première travée.
Que s'est-il passé ? Le village a-t-il été dévasté ? Les efforts se sont-ils portés ailleurs ? Si vous le savez, merci de me laisser un petit mot d'explications ! Telle qu'elle est, la chapelle de Château sur Epte ne manque pas d'une bonne dose de mystère.


Copyright :

Cher lecteur,
ces textes et ces photos
ne sont pas libres de droits.

Merci
de respecter mon travail
en ne les copiant pas
sans mon accord.
Ariane.

Références :

Syndication