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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

samedi 31 octobre 2009

Eau vive

Jardin de Monet

Il n'y a pas que le bassin aux Nymphéas pour faire le spectacle dans le jardin de Monet !
Le ruisseau qui contourne l'étang creusé par le maître de Giverny n'est pas en reste.
Les berges débordent de fleurs harmonisées avec soin, qui jouent le naturel avec beaucoup de sophistication.
Du grand art.

vendredi 30 octobre 2009

Chuchotis à chat

Chat dans le jardin de Monet

Tout au bout du bassin de Monet, près du petit pont, l'eau clapote contre la vanne.
Quelquefois des grognements s'échappent du petit barrage mobile qui servait à alimenter à la demande le bassin aux Nymphéas avec l'eau de la rivière, pour ajuster le niveau de l'étang.
Les visiteurs se demandent quel est l'animal caché sous les lattes du pont, un cochon ? un chien ?
Ce bruit de succion qui rappelle celui d'une baignoire qui se vide n'intrigue pas que les visiteurs. Ce petit chat du quartier lui aussi est venu écouter.
Installé sur la grille du vannage au milieu des pétasites, il guette les bruits, moustaches frémissantes.

Il a fait preuve d'une grande patience, mais rien n'y a fait, la bête mystérieuse n'est pas sortie de sa cachette !

lundi 26 octobre 2009

La passerelle

Passerelle de MonetAprès l'ondée, c'est l'heure des farces dans le jardin de Monet.
Le soleil rasant se glisse sous la passerelle pour aller éblouir les nymphéas de l'autre côté.
Le pont japonais, revêtu de sa tenue de camouflage offerte par l'automne, se prend pour les arbres dont il est issu. Il essaie de se fondre dans le décor.
La lumière devient pétillante, réfléchie par les millions de gouttelettes qui traînent encore dans l'air.
Les gouttes s'alignent sous les rambardes en bataillons bien rangés. Suspendues têtes en bas en équilibre, prêtes à se laisser choir, elles défient les lois de la pesanteur.
Les lattes du pont brillent, méditant des traîtrises.
Il ne pleut plus, mais les feuilles des arbres ont gardé des réserves d'averse qui n'attendent qu'une bourrasque pour surprendre l'innocent promeneur.

dimanche 25 octobre 2009

Reflets d'automne

Couleurs d'automne à GivernyL'automne a mis le feu aux frondaisons autour du bassin aux Nymphéas de Monet. Des flammes dansantes plongent dans les profondeurs bleues, chapeautées placidement par les feuilles rondes des nénuphars.
C'est un spectacle éphémère et superbe, ce choc des contraires, la rencontre du chaud et du froid, du mouvement et de l'immobilité, de l'air et de l'eau.
Les jeunes artistes se pressaient nombreux ce matin sur les berges pour tenter de saisir le flamboiement de l'automne.
C'est le moment que je préfère du côté du jardin d'eau, quand, las des gammes de verts qu'il a décliné tout au long de l'été, il se souvient qu'il y a d'autres couleurs et les sort subitement de son chapeau.
Le visiteur étonné découvre un tout autre décor, où chaque arbre révèle soudain un potentiel insoupçonné, comme un sportif qui se surpasse sous la pression de la compétition. C'est donc cela que tu avais dans le ventre ! se dit-on face au taxodium devenu roux comme un écureuil, aux buissons de lilas jaune pâle et aux liquidambars qui prennent des teintes vineuses, rouge, bordeaux ou or.
On ne sera plus là pour assister à la défaite ultime, la chute des feuilles desséchées sur les pelouses ou le bassin, la mise à nu des branches et des troncs. La Fondation Monet ferme dimanche prochain à 18h. C'est donc une image glorieuse qu'on emportera du jardin d'eau de Monet. Le jardin de fleurs, en revanche, a déjà rendu les armes, surpris par un gel nocturne précoce. Créées pour s'opposer en tous points, les deux parties du jardin n'ont jamais été aussi dissemblables.

samedi 24 octobre 2009

Le jardin de Monet en 1961

Le jardin de Monet en 1961Le jardin de Monet en janvier 1961, photo Albert Pillon

En janvier 1961, voici comment se présentait le jardin d'eau de Claude Monet à Giverny, trente-cinq ans après la mort du peintre.
Cette photo d'un grand intérêt documentaire a été prise par Albert Pillon, un Givernois émigré au Québec cinq ans plus tôt. Lors d'une de ses visites dans son village natal, il a pensé à fixer sur la pellicule le fameux bassin aux Nymphéas, motif préféré du chef de file de l'impressionnisme.

Si vous agrandissez la photo, vous pourrez apercevoir les arceaux de l'embarcadère aux rosiers, à peu près au milieu du cliché. Ils permettent de situer l'angle de prise de vue et de comparer avec la restitution actuelle du jardin. Le pont, les bambous, le hêtre pourpre sont hors champ sur la droite.
Certes, c'est l'hiver, une époque où la végétation s'efface, mais le jardin paraît net et entretenu. On est loin de la jungle impénétrable, du bassin partiellement comblé, à l'eau noirâtre, que décrira Gérald van der Kemp quinze ans plus tard.
Les arbres échevelés qui se mirent dans l'étang ont l'air d'être des saules, aucun d'eux n'a survécu jusqu'à aujourd'hui. Mais un saule pleureur se devine sur la gauche, ainsi que des rosiers. Le jardin lui-même donne une impression de vide et de simplicité, loin de l'opulence actuelle.
La petite clôture de barbelés bien symbolique ne dissimule rien au regard des promeneurs qui se tiennent sur le talus de chemin de fer, une disposition fidèle à l'esprit de Monet.
J'imagine les passants de 1961, ceux qui croient apercevoir une banale mare de campagne, et ceux qui savent qu'ils ont sous les yeux le motif d'innombrables chefs-d'oeuvre.
Suspendu entre ce qu'il a été et ce qu'il va devenir, l'étang a déjà en lui ce magnétisme qui attirera bientôt des millions d'admirateurs de tous les coins de la planète.

mardi 20 octobre 2009

Expo d'orchidées à Vascoeuil

Orchidée Zygopetalum Titanic

Si comme Monet vous êtes passionné d'orchidées, vous allez vous régaler à Vascoeuil ce week-end. Dès vendredi après-midi commence la 11e "Magie des Orchidées", une exposition florale qui présentera des centaines de variétés différentes dans des mises en scènes spectaculaires, à travers les salles du château. Emerveillement en perspective !
Le matin, on peut s'initier au rempotage, et même venir avec sa propre orchidée. Mais c'est surtout l'occasion d'en adopter de nouvelles, étranges et originales, jamais rencontrées en jardinerie.
Celle-ci par exemple se nomme Zygopetalum Titanic, une obtention de Vacherot et Lecoufle, des orchidéïstes français.
A la voir, il y a bien de quoi se détendre les zygomatiques : un déguisement de clown entoure une bouche qui rit aux éclats, entre un mignon petit nez rose et une barbe de nain de jardin.

lundi 19 octobre 2009

Une impression forte

Chateau-GaillardChâteau-Gaillard tire son nom de son aspect redoutable. La forteresse conçue par Richard Coeur de Lion était si bien pensée, perchée sur son piton rocheux, avec ses murs immenses et très épais, ses fossés larges et profonds, qu'elle paraissait imprenable.
Pour faire définitivement forte impression sur ses contemporains et surtout sur ses ennemis, le duc de Normandie n'a pas lésiné sur les moyens. Il a même, avant l'heure, usé d'arguments psychologiques de dissuasion.
Voyez-vous les rayures blanches et brunes sur ce mur ? La place forte est entourée de remparts de dix mètres de haut composés de deux sortes de pierres différentes. La pierre blanche est du calcaire du val de Seine, la brune vient des côtes de la Manche.
L'appareillage très régulier met en valeur l'alternance des matériaux, dans un but décoratif.
Oui, décoratif ! Toute l'astuce est là. Ces pierres que l'on fait venir de loin, à grands frais, montrent la puissance de Richard Coeur de Lion.
Elles disent au roi de France, regarde ! Je suis le roi d'Angleterre, je règne sur la Normandie et l'Aquitaine, mon domaine s'étend de l'Ecosse aux Pyrénées. Je suis si riche que je peux me permettre des fantaisies décoratives sur cette citadelle. Ne t'y frotte pas, toi qui n'es qu'un roitelet, tu ne fais pas le poids.
Le bas du mur a perdu son parement de pierres taillées. Il laisse apparaître le remplissage de petits morceaux de pierres et de mortier qui formait la masse entre les deux chemises de pierres lisses.
Cet aspect ruiné n'est pas dû à la seule usure du temps. C'est un démantèlement volontaire, autorisé par Henri IV. Le château avait perdu son rôle militaire dans la France unifiée, mais il servait de repaire à des bandits. Le roi a donc autorisé des congrégations religieuses à venir s'y servir en pierres pour réparer leurs abbayes. Les moines ont pris les pierres du bas, et ils ont laissé celles du haut du mur.
Tout en haut, on aperçoit les fines archères par lesquelles on lançait des volées de flèches sur l'ennemi, pour tenter de le tenir à l'écart.

mercredi 14 octobre 2009

Tondeuse à tondre

Moutons à GivernyLes moutons sont de retour à Giverny. Ou plutôt les brebis. Depuis les jardins du Musée des Impressionnismes, on entend leurs clochettes tinter, un son pastoral qui replonge dans les siècles passés.
Ces moutons ont l'air bien paisible à première vue, n'est-ce pas ? Ne vous y fiez pas. C'est un commando en mission spéciale, avec la bénédiction de Greenpeace.
Les brebis ne le savent pas, mais elles sont mandatées par les pouvoirs publics, elles ont signé pour le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie. Elles donnent leur assentiment à chaque coup de dents.
Leur tâche dangereuse consiste à repousser un redoutable envahisseur armé de pointes en tous genres, la horde des ronces, des aubépines et des prunelliers.
Cela n'a l'air de rien dit comme ça, mais ce sont des ennemis qu'il vaut mieux prendre au berceau, sinon on s'expose aux pires dangers. Comme les Vikings, ils se plaisent tant en Normandie qu'il n'y a rien à faire pour les déloger. Et une fois qu'ils sont là, tels Attila, rien ne repousse derrière eux.
Il ne faut pas moins que la mâchoire patiente des moutons pour en venir à bout.
On pourrait, bien sûr, laisser la nature reprendre ses droits. En se rapprochant de Vernon, on peut voir ce que cela donne sur la côte Sainte-Catherine, un milieu retourné à l'état de friche et redevenu protecteur pour de nombreuses espèces animales.
Mais les pâturages, qui existent sur ces coteaux depuis le Néolithique, ont du bon aussi. Ils permettent la pousse de toute une flore spécifique des milieux calcicoles, et du même coup l'installation d'une faune d'insectes et de lézards particuliers.
On fauche aussi les prairies, mais les brebis ont de nombreux avantages, c'est plus cool, et en plus on peut les traire, les tondre et les manger pour les remercier des services rendus.
Heureusement, ça non plus, elles ne le savent pas.

lundi 12 octobre 2009

La grande allée de Giverny

Grande allée, GivernyDepuis plus d'un mois, les capucines recouvrent la grande allée du jardin de Monet.
Une coulée de fleurs orange serpente sur le gravier, au milieu d'un tapis de feuilles vertes.
Les asters mauves moussent de chaque côté pour le bonheur des abeilles, tandis que les hélianthes continuent de dresser leurs têtes jaunes.
"C'est super joli !" s'exclame-t-on dans toutes les langues.
C'est un peu la carte postale de Giverny en fin de saison, cette allée, et un bel endroit pour se prendre en photo si on aime être dans le cliché.
Environné de toutes parts par les floraisons, avec sa maison à l'arrière-plan, on est vraiment au coeur du décor voulu par Monet.

samedi 10 octobre 2009

Jaune de chrome

Salle à manger de Claude Monet, détailDans sa maison, ce n'est pas Claude Monet qui maniait le pinceau. Pour faire repeindre les murs, il engageait un peintre en bâtiment qui recevait des consignes précises sur les couleurs à employer.
C'est ainsi que nous savons exactement ce que Monet souhaitait pour sa salle-à-manger, un jaune de chrome soutenu pour les moulures, un jaune de chrome plus clair sur les murs.
Les mêmes couleurs se retrouvent sur le mobilier, comme ce buffet cauchois qui abrite quelques éléments de la vaisselle bleue collectionnée par Monet.
Cette description précise du coloris attendu paraît être le fait d'un artiste habitué à l'usage des couleurs.
Mais on peut aussi y voir un choix de jardinier.
Christoph Becker, dans "Monets Garten" (éd. Hatje Cantz) estime non sans poésie que le "jaune très clair, presque pâle, rappelle celui des fleurs d'iris" tandis que "le deuxième, vigoureux, est de la couleur des tournesols."
A vous de venir comparer, les deux fleurs sont présentes dans le jardin de Monet, l'une au printemps, l'autre à la fin de l'été.

vendredi 9 octobre 2009

Dahlia

dahlias, GivernySi on le laissait faire, le dahlia ne s'arrêterait jamais de fleurir. On le célèbre en grande pompe début août lors du Corso Fleuri de Sélestat, où paradent les chars décorés de cent mille dahlias en pleine floraison. Deux mois plus tard, au coeur de l'automne, le dahlia est toujours là, plus beau que jamais.
Les jours sont plus courts, les nuits plus fraîches ? Il en faudrait plus pour le décourager. Avec obstination, il continue de produire des boutons floraux jusqu'à ce qu'on l'arrache à l'arrivée des premières gelées.
Pas étonnant qu'un être aussi têtu soit doté d'une grosse tête. Parmi les dahlias de collection présentés dans les jardins de Monet à Giverny, certains sont d'une taille extravagante, aussi volumineux qu'un crâne d'homo sapiens.
D'autres surprennent par leurs formes curieuses, leurs pétales bifides, recourbés, ébouriffés en coiffure de chanteur de rock. D'autres au contraire, et on a du mal à les croire cousins des précédents, évoquent quelque vieille dame méticuleuse élevant l'ordre au rang des beaux-arts : les pétales y sont minutieusement classés par taille, formant un impeccable motif en nid d'abeille.
Monet sans doute aimait aussi les dahlias simples, ceux qui rappellent des marguerites avec leur coeur jaune entouré d'une seule couronne de pétales plats. Ils existent aujourd'hui dans des coloris étranges qu'on peut admirer à Giverny, feuilles lie de vin, fleurs orange...
A voir tant de merveilles on comprend que certains jardiniers se prennent de passion pour le dahlia. C'est votre cas ? La société québécoise du dahlia donne tous les détails sur sa culture. On apprend qu'on peut même manger les tubercules, qui ont un goût un peut âcre qui rappelle celui de l'artichaut. Ou du topinambour, très joli en fleurs lui aussi !

lundi 5 octobre 2009

L'odeur du sol mouillé

Bord de Seine à VernonLes pelouses du bord de Seine, Vernon

J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer : la pluie a fait son come back à Giverny.
Sérieux, c'est une bonne nouvelle. La chanson des gouttes dans les feuilles, la délicieuse odeur de tisane qui s'exhale des prairies, depuis trois mois, pour ainsi dire on avait oublié ce que c'était. L'archiduchesse était peut-être contente pour ses chaussettes, mais les vaches faisaient la moue dans les prés transformés en paillassons jaunâtres. Et quand même, on préfère quand elles rient, les vaches.
Remarquez, je comprends les prés. Je serais un brin d'herbe, j'aurais séché sur place tout autant : une seule journée de pluie en trois mois ! Avec la meilleure bonne volonté du monde, comment voulez-vous résister ?
C'est une sécheresse localisée sur laquelle les médias sont restés secs. Parce que tout le monde a eu de la pluie, sauf l'Eure que les nuages ont soigneusement évitée pour une raison obscure.
Les perturbations tournaient autour du département avec une constance stupéfiante, bien exaspérante pour les jardiniers et les agriculteurs. Ou bien les cumulus passaient, stériles, au-dessus de nos têtes. Le baromètre baissait, on annonçait avec optimisme de la pluie, et puis... rien.
Tout a jauni. Le vent soulevait des tourbillons de poussière, on se serait crû dans une contrée aride du sud. La végétation paraissait décalée, tous ces saules, ces aulnes, ces peupliers buveurs impénitents subitement réduits au régime sec.
Si on faisait encore du vin dans le val de Seine, la vendange aurait été exceptionnelle.
La belle saison a bien porté son nom, et cela a fait l'affaire des vacanciers, qui ne raffolent pas des visites sous les parapluies, ça cache le paysage.
Ce matin, donc, enfin, il a fallu ressortir l'imper du coin où il était allé se cacher. Je vous laisse imaginer la tête que faisaient mes clients qui avaient traversé les océans pour découvrir la Normandie et se retrouvaient à patauger dans les flaques, tandis que j'essayais de leur expliquer, extatique, à quel point cette pluie était une bénédiction.
Quand même, on préfère quand ils sourient, les clients.

jeudi 1 octobre 2009

Les géantes jaunes

hélianthes et tournesols Loin au-dessus des yeux des visiteurs de Giverny, les géantes jaunes se hissent sur la pointe des pieds.
Monet aimait la façon dont ces fleurs se marient avec le bleu du ciel, la théâtralité avec laquelle elles dominent les petits humains.
C'est la saison où les hélianthes et les tournesols se prennent pour des soleils en miniature.
Arrivés tout en haut de leurs tiges, ils ont la tête dans les nuages.
Qu'un peu de brise les anime, et voilà qu'une chorégraphie ondulante se joue dans les altitudes.
L'azur sert de toile de fond à leurs têtes couronnées.


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Ariane.

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