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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

mardi 31 mars 2009

Pré-rentrée

L'étang de Monet, début de printemps Un vent nouveau souffle sur les jardins de Monet. Oh ! Pas une tempête à tout révolutionner, ni même des bourrasques ! Juste une brise légère. Mais le changement de direction il y a un an a apporté quelques changements à la vénérable institution.
Cette année, par exemple, les journalistes ont été conviés à une journée de presse à la veille de l'ouverture demain matin. Une première, dans tous les sens du terme.
Dans son discours de bienvenue, Hugues Gall, l'académicien à la tête du musée s'est présenté comme le patron de la PME Fondation Monet, et plus étonnant encore, s'est comporté comme tel, détaillant les ressources de "l'entreprise", son budget : 6 millions d'euros, le nombre de visiteurs : 410 000 en 2008. Une transparence inconnue jusqu'alors. "On est allé jusqu'à 500 000 avant le 11 septembre, ce qui était sans doute trop", commente-t-il.
Si je me souviens bien, on pouvait ressentir à cette époque comme une inquiétude devant la croissance constante du nombre de visiteurs. Jusqu'où saurait-on absorber l'afflux de touristes dans cet espace limité ? Le coup de frein donné au tourisme américain par les attentats sur les tours jumelles a stabilisé la fréquentation à un niveau moins critique. L'ouverture 7 jours sur 7 devrait toutefois la faire repartir à la hausse, mais étalée sur la semaine.
Les habitués de Giverny noteront dès demain d'autres changements spectaculaires ou discrets. Un velum, c'est-à-dire une grande toile servant à filtrer la luminosité du soleil, masque désormais les verrières du grand atelier. Plus imperceptible, l'arrosage automatique a été refait cet hiver pour un apport d'eau optimisé au pied des plantes, moins consommateur que l'arrosage traditionnel, et qui évite la propagation des maladies. L'électrification du jardin va permettre l'utilisation de matériels de jardinage électriques moins bruyants et non polluants.
Quoi encore ? Ah oui ! La Fondation Monet participera à la Nuit des Musées. Qu'on se le dise, l'entrée sera gratuite le 16 mai de 18h à 21h. Ça aussi, à ma connaissance, c'est du jamais vu.

samedi 28 mars 2009

De Corot à Bonnard

De Corot à Bonnard, musée de Vernon 2009 C'était aujourd'hui le vernissage de la nouvelle exposition du musée de Vernon, "De Corot à Bonnard, chefs d'oeuvre des musées de Douai et de Vernon" à voir jusqu'au 28 juin 2009.
J'aime bien les expos du musée de Vernon, toujours intéressantes, qui proposent de belles découvertes. Mais cette fois, le musée fête ses 25 ans, et c'est carrément le calibre au-dessus. Le sous-titre "chefs d'oeuvre" n'est pas usurpé.
L'exposition s'étend sur presque toutes les salles, selon un parcours logique. On suit l'évolution de la peinture du 19ème siècle, des paysages encore empreints de clacissisme de Corot aux coloris raffinés de Cross le pointilliste, en passant par des portraits, des scènes intimistes, des oeuvres naturalistes...
Et quand on se penche sur les signatures, on lit Monet, Pissarro, Vuillard, Bonnard, Corot, Boudin, Jongkind, Le Sidaner, Blanche Hoschedé-Monet, MacMonnies, Valloton, Daubigny, Denis, Courbet... Un incroyable rassemblement de grands peintres dans un petit musée ! C'est un régal pour les yeux, d'autant que les toiles et les sculptures ne sont guère connues par rapport à celles vues et revues des grands musées.
Si vous avez l'occasion de venir à Giverny, faites le crochet par Vernon pour voir cette expo de grande qualité, vous ne serez pas déçu. Elle n'aura sans doute pas la même couverture médiatique que l'expo Monet qui s'ouvrira le 1er mai à Giverny, raison de plus pour y faire un tour !

mardi 24 mars 2009

Les trois pas

Les trois pas, Olivier Gerval, Château de VascoeuilTrois personnages de métal marchent sur la pelouse les uns derrière les autres, un grand, un moyen et un petit. Tête baissée, ils paraissent perdus dans leurs pensées comme les passants des villes, indifférents à ce qui les entoure.
Vous avez l'impression de les avoir déjà vus quelque part ? C'est que vous avez reconnu la patte d'Olivier Gerval, le plasticien qui a aussi réalisé le groupe People installé près du vieux moulin de Vernon.
Les personnages de People sont plus schématiques, sans bras ni jambes. Ceux des Trois Pas paraissent plus humains, habillés, dotés d'yeux et de mains rondes qui pendent au bout de leurs bras dans le balancement de la marche.
Nous sommes ici au château de Vascoeuil, un lieu culturel exceptionnel situé à une heure de route de Giverny, dans le nord de l'Eure.
Les propriétaires du domaine, M. et Mme Papillard, l'ont acquis assez délabré en 1965, dans le but d'en faire leur maison de campagne. Le gouffre des travaux aurait été insondable pour des particuliers. Mais maître Papillard était l'avocat de grands noms de l'art. C'est Vasarely qui a suggéré de faire de Vascoeuil un espace d'expositions culturelles pour que le château se trouve une autonomie.
Une association est née, et les plus grands artistes contemporains se sont succédé au fin fond de cette campagne, entre les vaches et les pommiers, sur les bords du Crevon qui se jette dans l'Andelle qui se jette dans la Seine : Buffet, Braque, Léger, Cocteau, Dali...
Il n'est donc pas très surprenant que le parc se soit enrichi peu à peu de sculptures et de mosaïques, au point de devenir une galerie en plein air d'une cinquantaine d'oeuvres. Gerval est en bonne compagnie à côté des Volti, Szekely, Chemiakin et autres Hedberg.
Jardin de sculptures, expos de renom (Moreno et Nili Pincas ce printemps), château restauré de façon exemplaire, ce ne sont pas les raisons qui manquent pour venir à Vascoeuil. J'y ajouterai le charme d'un coin de Normandie à la douce ruralité, ouvert vers la grande forêt de Lyons. Et, cerise sur le gâteau : le château de Vascoeuil rouvre le week-end prochain avec une fête du chocolat !

vendredi 20 mars 2009

Discrétion assurée

Jardin du Musée des Impressionnismes GivernyCe splendide jardin se trouve à Giverny, mais pas chez Monet : à 200 mètres de la maison du peintre, le jardin du musée des Impressionnismes Giverny fait claquer les couleurs, en hommage au talent des peintres exposés sur ses cimaises.
En France beaucoup de musées sont installés dans des bâtiments anciens reconvertis. L'idée avait été caressée à Giverny, un musée dans la maison du Hameau qui avait vu passer plusieurs membres de la colonie de peintres américains. Mais les locaux se sont révélés trop exigus et inadaptés. L'option de construire a donc été privilégiée par Daniel Terra, le fondateur du Musée d'Art Américain.
La difficulté était de répondre à toutes les contraintes de la muséographie moderne sans abîmer le paysage protégé de Giverny. Comment intégrer du béton dans ces vertes collines ?
Philippe Robert, l'architecte en charge du projet, a fantastiquement relevé le défi. Bâtiments bas, partiellement enterrés, toitures végétalisées, verrières... Rien de massif, d'opaque, d'imposant.
Le paysagiste Mark Rudkin y a mis du sien lui aussi : il a structuré le jardin avec de hautes haies de hêtres ou de thuyas. Vous voyez sur la photo ? Au printemps le mur se distingue encore un peu par transparence, mais bien vite on ne voit plus rien du tout. Le musée disparaît derrière la végétation.

L'intégration au paysage est tellement réussie que c'est presque embêtant. Il faut savoir qu'il y a un musée ici pour le découvrir.
Cela me rappelle une anecdote que m'a racontée Philippe Robert.
- Je suis allée à Giverny, mais je n'ai pas trouvé le musée ! lui avoue une amie.
- C'est le plus grand compliment qu'on puisse me faire. C'est la preuve que j'ai réussi à ce que le musée se fonde dans le paysage !

Réponse courtoise, sans doute, mais pas trace de dépit dans sa voix. Quand on a beaucoup de talent, on peut se permettre d'accepter l'effacement.

mercredi 18 mars 2009

Le chant des fleurs

Glycine sur le pont de MonetLa glycine centenaire qui couvre le pont japonais de Claude Monet a fabriqué avec le temps des lianes grosses comme des bras. Elles ont une façon dramatique de ramper et de se tordre autour de la rambarde : ne dirait-on pas un geste de supplique ? C'est Roméo au pied du balcon de Juliette !
Il y a du lyrisme dans les plantes, et singulièrement à Giverny. La partition a été écrite par Monet, les jardiniers l'interprètent avec justesse et sensibilité. Ils s'effacent derrière les divas, les fleurs spectaculaires et solitaires comme les nymphéas qui avancent sur la scène en solistes, drapés dans leur costume somptueux.
Les autres fleurs chantent dans les choeurs. Chacune a son timbre, sa hauteur, qui se fond dans l'harmonie générale.
Et, pour animer ce chant des fleurs, une multitude de valses tourbillonnantes s'offre à qui sait les voir, remous du ruisseau, vol des abeilles et des papillons, feuilles sèches mourant avec grâce dans un dernier vol théâtral...
On comprend que les académiciens aient choisi parmi eux le directeur des Opéras de Paris pour lui confier la direction de cet orchestre de pétales.

vendredi 13 mars 2009

La lumière de Giverny

La Seine à Vernon, effet du matinLa lumière de Giverny est-elle différente d'ailleurs ?
Un peu comme un microclimat, il semble bien que oui. On y retrouve les tendances du climat régional agrémentées de quelques petites particularités.
Pour les grandes lignes, on constate une forte variabilité du temps dans cette zone frontalière entre la Normandie et l'Ile de France. Elle se traduit par des changements très fréquents de luminosité, où le soleil joue à cache-cache avec des nuages plus ou moins épais et nombreux.
Les entrées marines venues de la Manche se conjuguent avec l'humidité de la vallée de la Seine. Le fleuve exhale selon l'heure et la température des vapeurs, des brumes, des brouillards qui font un écran devant le soleil, tout en diffusant subtilement son éclat.
Comme l'a bien rendu Monet dans ses Matinées sur la Seine, il flotte aux premières heures de la journée une lumière gris-bleu, rosée, argentée. Puis, quand le soleil est moins rasant, que la brume se dissipe, les couleurs deviennent plus franches.
Le fleuve fait rebondir la lumière dans la vallée. Giverny bénéficie de cet effet dans le lointain, et surtout d'une exposition plein sud qui lui fait profiter de chaque rayon. Pendant la journée le soleil fait le tour du jardin de Monet, l'éclairage vient de la gauche le matin, de la droite le soir. Ce n'est pas pour rien qu'on cultivait de la vigne ici autrefois.

lundi 9 mars 2009

La mode de 1610

Mausolée de Marie Maignart, collégiale de Vernon Marie Maignart avait toutes les vertus. Ce sont toujours les meilleures qui partent, si bien que la belle jeune femme s'est éteinte beaucoup trop tôt, à 23 ans, laissant un mari désespéré et inconsolable.
Je les plains, tous les deux, elle d'avoir succombé à la maladie dans la fleur de sa jeunesse, lui de s'être retrouvé tout seul si vite après la lune de miel. Dans sa grande douleur, ce gentil mari a eu envie de perpétuer le souvenir de sa douce en lui dressant un mausolée. Le monument aura 400 ans l'année prochaine. Il se trouve dans une chapelle sud de la collégiale de Vernon.
On peut, en le contemplant, s'abîmer dans de sombres pensées sur la brièveté de la vie, comme y invite une épitaphe désolée. Mais permettez-moi de prolonger un peu la Journée de la Femme et d'être beaucoup plus frivole : je préfère m'émerveiller de la mode de 1610.
C'est l'année de la mort d'Henri IV, la période charnière de la toute fin de la Renaissance et du début des Temps Modernes. La belle Marie est vêtue comme une dame noble de cette époque, un temps reculé où les femmes n'avaient pas encore de Journée. Loin de rêver à cette victoire de la civilisation, la malheureuse Marie se trimballe un costume fort seyant et non moins malcommode.
C'était toute une histoire de s'habiller en ce temps-là. Songez-y demain matin quand vous aurez réglé l'affaire en deux minutes chrono et que vous vous sentirez d'attaque pour une journée active dans vos vêtements confortables. Si vous viviez à l'époque de Marie Maignart, mesdames, il vous faudrait enfiler moultes couches, les plus redoutables étant le corselet et le vertugadin.
Le corselet, cela sonne gentil avec son double diminutif. Totale hypocrisie ! On serrait cet ancêtre du corset à s'en étouffer, à s'en rentrer les baleines dans le corps.
Toute une journée sans respirer, avec le ventre dans un étau : pas étonnant que Marie n'ait pas résisté.
Si la taille devait être fine, la jupe au contraire devait être renflée. Le vertugadin était au départ un bourrelet porté sur les hanches pour faire bouffer la robe, (artificiel, le bourrelet, en toile remplie de crin, faut-il le préciser !). D'exagération en exagération on en est arrivé au paroxysme du vertugadin "en roue de charrette". Marie Maignart n'a pas eu de chance, elle était contemporaine de cette mode qui compliquait sérieusement la station assise des dames.
En poésie, la beauté naît de la contrainte. En mode aussi semble-t-il. Car la belle Marie a su merveilleusement tirer parti des diktats de son temps pour qu'en découlent des prodiges d'élégance.
Merveille des manches à crevés, de la fraise à la Médicis encadrant le visage, de la dentelle qui la prolonge, des rangs de perles en sautoir... La coiffure à bandeaux très sophistiquée dégage les oreilles d'où pendent de longues perles. On croit entendre bruire l'étoffe de la jupe froncée.
Les nobles dames d'antan avaient l'art de mettre en scène leur personne, dussent-elles y passer la moitié de leur Journée.

dimanche 8 mars 2009

L'allée aux roses

Giverny, Jean-Jacques ChaignaudGiverny est, encore aujourd'hui, une source d'inspiration infinie pour les artistes.
Voici quelle interprétation le peintre Jean-Jacques Chaignaud propose de la Grande Allée au mois de mai, lorsque les arceaux se couvrent de roses épanouies, et que les bordures explosent de couleurs.

J'aime la touche veloutée de ce tableau qui correspond à la douceur du tableau naturel créé par Monet dans son jardin, et l'écran sombre et mystérieux des arbres de l'arrière-plan sur lequel les fleurs pimpantes de l'allée se détachent.
Le jardin de Monet à Giverny Jean-Jacques Chaignaud s'est inspiré d'une photo de l'allée aux roses de Monet publiée ici : je suis heureuse d'avoir un tout petit peu contribué à la création de sa toile.

jeudi 5 mars 2009

T'as d'bons yeux tu sais !

Fleurs de noisetierIl y a peu de chances de découvrir spontanément cette fleur si personne ne vous l'a montrée : elle est aussi minuscule qu'inattendue. Et bizarre avec ça ! Un pied velu, et des bras rouge vif qui émergent d'un tout petit bourgeon pour s'ouvrir en éventail à la façon d'une anémone de mer.
Si vous agrandissez la photo, vous reconnaîtrez sans doute de quelle plante il s'agit grâce aux chatons voisins, si caractéristiques du noisetier.
Les écureuils font provision de noisettes pour passer l'hiver, c'est bien connu. Mais le noisetier pourrait en remontrer à l'écureuil en matière de prévoyance. Il a toujours plusieurs saisons d'avance, un peu comme ma grand-mère qui préparait ses cadeaux de Noël dès le mois d'août.
Chez le noisetier, il n'est jamais trop tôt pour bien faire. Dès l'automne, la floraison de l'année suivante est en place.
Les fleurs s'ouvrent en janvier-février, alors que tout n'est que frimas aux alentours. Vous iriez déjeuner sur la terrasse, vous ? Et passer la nuit à la belle étoile ? Il faudrait avoir un grain pour cela, mais le noisetier n'est pas fou. Avec son caractère, évidemment il a tout prévu.
La petite fleur rouge n'a que le bout du nez qui dépasse. Le strict minimum. Tout le reste est bien caché sous la doudoune.
Les parties rouges sont des stigmates, c'est-à-dire l'extrémité du pistil. Grâce à eux la fleur femelle va attraper le pollen de noisetier qui passe. D'où il sort, celui-là ? Des grands chatons qui, leur heure venue, s'ouvrent et laissent le vent les secouer comme un chiffon à poussière.
Le noisetier n'est pas avare en pollen, au point d'en jaunir les alentours. Prévoyant comme il est, il ne faudrait pas qu'on en manque. Un peu comme ma grand-mère qui cuisinait toujours pour douze quand on n'était que quatre.
Tout irait donc pour le mieux. Seulement, le noisetier a aussi l'art de se compliquer l'existence. Par exemple, il a horreur des mariages consanguins. Comment faire pour éviter de s'autopolléniser ?
Le noisetier a trouvé la solution. Les fleurs mâles, les chatons, s'épanouissent avant les femelles. Quand les petits boutons rouges s'ouvrent, cela fait longtemps que les chatons se sont secoués et resecoués et qu'ils n'ont plus rien à offrir à personne.
Bigre ! Et comment vont faire les petites fleurs rouges pour réaliser leur voeu le plus cher, se transformer en noisettes ? Là, il faut qu'elles aient un peu de chance, qu'il y ait dans les environs un noisetier en retard et dont les fleurs mâles puissent les féconder.
Même quand on est très prévoyant, il faut quand même laisser un peu de place au hasard.

dimanche 1 mars 2009

Eglise de la Reconstruction

Eglise Saint-Julien, Caen

Eglise Saint-Julien, CaenJe dois l'avouer, j'étais comme tout le monde, a priori je n'aimais pas le béton. Je trouvais cela raide, gris et froid. Mais si je parle de cette aversion au passé, c'est que depuis, pas à pas, j'ai découvert le patrimoine normand de la Reconstruction. Et je me prends à aimer le béton, à y voir de la rigueur plutôt que de la raideur. C'est un matériau d'une grande variété.
La Reconstruction, quelle période fascinante sur le plan architectural ! Elle dure une vingtaine d'années à partir de 1947 environ, vingt ans d'activité intense pour rebâtir tout ce qui a été bombardé ou dynamité, grâce au plan Marshall.
Quand les dommages ne sont pas trop importants, on restaure à l'identique, sinon on reconstruit. Et pas question alors de faire des bâtiments à l'ancienne.
Les idées les plus variées, les plus créatives, les plus innovantes jaillissent des planches à dessin. Les architectes se surmènent et se surpassent. Les destructions leur offrent l'occasion de plancher sur des projets d'envergure, comme la construction de nouvelles églises.
Le recensement des églises de la Reconstruction est en cours, il y en aurait environ 500 en Normandie. Et autant de partis différents, de recherches sur ce que peut être une église.
Eglise Saint-Julien, Caen Certaines donnent dans le régionalisme, au moins à l'extérieur, avec des formes traditionnelles et des toits d'ardoise. Les paroissiens n'y perdent pas leur latin. D'autres se veulent résolument modernes.
C'est le cas de la merveilleuse église Saint-Julien de Caen.
L'architecte qui en est chargé n'est pas n'importe qui. Henry Bernard, premier Grand Prix de Rome, a signé par la suite des réalisations aussi prestigieuses que la maison de la Radio à Paris ou le Palais de l'Europe à Strasbourg. A Caen, il a pour mission après-guerre de faire les plans de l'Université et du quartier qui l'entoure. L'église Saint-Julien y figure. Elle sera moderne, à l'image de cette population jeune qui va la fréquenter.
Henry Bernard invente un édifice religieux inédit, en forme de mandorle ! Un symbole fort : l'église elle-même est désignée comme le moyen de passer du monde terrestre au monde spirituel. Sa seconde idée de génie, c'est d'insérer dans les parois des milliers de pavés de verre coloré, qui font de l'espace intérieur un lieu saisissant de beauté.


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