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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

mercredi 25 février 2009

Bassin

Bassin de MonetSurprise à la vitrine d'une des nombreuses galeries d'art de Honfleur, un grand tableau d'un étang familier...
Quel est le rapport entre Honfleur et Giverny ? Tous les deux ont un bassin, et tous les deux ont été peints par Monet !

vendredi 20 février 2009

Boîte à oeufs

Boîte à Oeufs de Claude Monet Ma collègue Patricia a un bien joli coup de pinceau. Cet hiver, elle s'est laissé inspirer par les merveilles dont la maison de Monet regorge pour en faire des aquarelles.
Pas besoin de vous dire à quoi sert cette boîte accrochée au mur de la petite pièce qui fait office d'épicerie. Comme un fromage bien connu, c'est écrit dessus. Mais il m'arrive de me trouver là avec des visiteurs très jeunes, ou beaucoup moins fort en français que vous, pour qui l'inscription garde tout son mystère. Et ils ne manquent pas d'imagination pour inventer des usages à cette intrigante petite boîte, qui pourrait selon eux servir à mettre les clés, les épices, les lettres...
Un coup d'oeil sur le côté aide à trouver la réponse. A travers le lattis prévu pour l'aération, on aperçoit des plaquettes de bois percées de trous ronds.
On pouvait ranger 36 oeufs dans cette boîte. Cela paraît beaucoup, mais c'était loin d'être suffisant pour une famille comme celle de Monet, qui comptait 10 personnes et du personnel. Dans la même pièce, une deuxième étagère à oeufs en contenait jusqu'à 80. Soit un total de 116 oeufs !
Cette profusion s'explique par la présence d'un poulailler dans le jardin, et aussi parce qu'on mangeait beaucoup plus d'oeufs au 19ème siècle qu'aujourd'hui.
C'était un vrai trésor... Vous avez vu cette belle serrure ? Les oeufs étaient gardés sous clé, comme le reste de la nourriture. Je ne peux pas affirmer que c'était le cas chez Monet, mais le meuble est prévu pour. Les romanciers contemporains décrivent ces maîtresses de maison aux énormes trousseaux de clés, qui ouvrent et ferment les armoires et les garde-manger au gré des besoins. Marque de pouvoir, marque de richesse... La nourriture était comparativement beaucoup plus chère alors, et les bourgeois qui n'auraient su se passer de leurs domestiques craignaient pourtant de se faire voler.

mardi 17 février 2009

Collé serré

tulipes et pensées à Giverny On va voir si vous avez l'oeil : combien y a-t-il de tulipes sur cette photo ? Non non, ne comptez pas, c'est triché ! Peut-être que ce sera plus facile en imaginant des personnes. Disons, par exemple : combien y a-t-il de belles plantes dans cette discothèque ? C'est vrai, quand elles sont collées serrées comme ça, c'est difficile à dire, à moins d'avoir un gros entraînement en tant que DJ ou que syndicaliste.
Les journalistes aussi sont amenés à évaluer des rassemblements paisibles ou virulents, et par amour de la vérité il vaut mieux tomber un peu juste. C'est un des aspects approximatifs de mon ancien métier qui ne me mettait pas trop à l'aise. Si donc vous envisagez d'embrasser cette carrière, astreignez-vous à vous entraîner, vous l'étreindrez mieux !
Mais revenons à nos moutons. Je voulais juste vous faire remarquer à quel point les jardiniers plantent serré à Giverny, pour un bel effet de masse colorée, de teintes denses où dansent les têtes des tulipes, hors d'atteinte des sombres pensées.

vendredi 13 février 2009

La femme papillon

Suzuki Harunobu (vers 1725-1770)
Beauté sautant dans le vide depuis le balcon du temple Kiyomizu
Image de calendrier, 1765Suzuki Harunobu, Beauté sautant dans le vide depuis le balcon du temple Kiyomizu, 1765

L'exposition d'estampes japonaises de la Bibliothèque Nationale de France se termine dimanche, mais son magnifique site internet permet une belle séance de rattrapage. Je ne sais pas vous, mais j'ai eu un coup de coeur pour cette estampe-ci, et pour l'oeuvre d'Harunobu en général.
Cet artiste japonais vivait au 18ème siècle. Il porte un regard tendre sur les femmes qu'il peint graciles, gracieuses, légères. La quintessence de la femme vue par Harunobu, c'est cette estampe où la jeune fille paraît voler au-dessus de l'arbre en fleurs.
Gisèle Lambert, la commissaire de l'exposition, donne cette explication :

Semblable à un oiseau ou plus encore à un papillon, la jeune fille suspendue à son ombrelle vient de sauter dans le vide, du haut de la terrasse du temple Kiyomizu. Si les dieux sont favorables à ses amours, elle arrivera sans mal, comme il se doit, sur le cerisier, au fond du vallon. Selon la légende, le souhait formulé pouvait aussi concerner une guérison.

Vous imaginez ? Vous êtes amoureuse, pour savoir si ça vaut le coup de continuer avec ce garçon il faut que vous alliez sauter à l'élastique avec le risque de vous écraser au fond. Charmant !
Ce qu'il y a de bien avec Harunobu, c'est qu'on n'est pas vraiment inquiet. Elle est tellement mignonne, rien ne peut lui arriver, n'est-ce pas ? Aidée de son parapluie et de son kimono, elle va se poser comme une fleur. D'ailleurs, regardez, elle n'a pas peur.
Est-ce la confiance ou l'inconscience qui la pousse et la soutient ? Elle est l'image même des choix que nous demande la vie. A chaque fois que nous nous engageons pour une orientation professionnelle ou avec un partenaire, nous ne cessons de nous lancer dans le vide, accrochés à des ombrelles dérisoires. Le métier et le conjoint vont prendre une importance extrême. Pourtant même lorsque nous croyons les connaître nous savons si peu d'eux et de nous-mêmes.
Que faire alors ? Sans hésitation, il faut sauter ! On verra bien comment on atterrira. En cette veille de Saint-Valentin, je vous souhaite de toucher terre en douceur sur un lit de mousse. A vos amours !

lundi 9 février 2009

du MAAG au MIG

Musée des Impressionnismes GivernyUn coin du voile qui entoure encore le Musée des Impressionnismes Giverny vient de se lever à l'occasion d'une première conférence de presse. L'exposition inaugurale de la nouvelle structure qui remplace le musée d'Art Américain Giverny "sera entièrement consacrée au jardin de Giverny", bonne nouvelle !
Elle s'intitule "Le jardin de Monet à Giverny : L’invention d'un paysage", et aura lieu du 1er mai au 15 août.
L'expo devrait au final comporter "une vingtaine d’oeuvres peintes, une trentaine de photographies et autant de documents." Le nombre des Monet est donc revu à la baisse, d'autant que d'autres artistes pourraient entrer dans la thématique du jardin de Monet, par exemple sa belle-fille Blanche Hoschedé ou encore l'ami de celle-ci John Leslie Breck. Orsay prêterait quatre oeuvres, vraisemblablement les quatre dans ses collections qui représentent le jardin de l'artiste : le grand Nymphéas bleus, le Pont japonais, l'allée aux iris, et un saule. D'où viendront les autres ? Pour l'instant rien n'est encore confirmé.
L’exposition sera divisée en trois parties :
L’invention d’un paysage (1883?1904)
Monet peintre du XXe siècle (1899?1926)
L’élaboration d’une image (1905?1926)
Les photos d'époque prises par les amis de Monet, Guitry, Clémentel et d'autres, seront très intéressantes à comparer avec les tableaux et avec le jardin actuel. On pourra mesurer ressemblances et différences. Car depuis le temps de Monet, son jardin a été "réinventé" par et pour le public d'aujourd'hui.
Sur le plan pratique, le musée appliquera son tarif habituel, soit un modique 5,50 euros le billet, rien à voir avec certains prix d'expos qui font faire gloups. Il sera ouvert de 10h à 18h tous les jours (y compris les lundis) du 1er mai au 13 juillet inclus, ensuite le MIG sera fermé le lundi.

jeudi 5 février 2009

Victimes de la mode

People, Olivier Gerval, VernonLe détail ne vous aura pas échappé, surtout si vous aimez écouter de la musique ailleurs que dans votre salon : après les oreillettes ultra-discrètes, voici revenu le temps des écouteurs balèzes, les gros casques noirs qui ne passent pas inaperçus. Les mélomanes trouvent leur son meilleur.
Malgré leur esthétique discutable ces écouteurs ont un avantage par les temps qui courent, ils tiennent chaud aux oreilles, bien plaqués dessus avec leurs petites fronces.
J'étais quand même étonnée de constater que cette mode a fait des émules là où l'on s'y attendrait le moins : chez les statues.
Bon, pas n'importe quelles statues. Le port du casque n'est pas obligatoire pour elles, loin s'en faut. Ce sont des statues de la dernière génération, un groupe assez futuriste placé dans le square au bout du pont de Vernon.
Avec leurs têtes penchées, les personnages de People d'Olivier Gerval donnaient toujours l'impression d'être en train d'écouter quelque chose. Les voici démasqués, la vérité éclate au grand jour : c'est bel et bien ce qu'ils font, ils ont le casque sur les oreilles.
Comme la pluie révélant la silhouette de l'homme invisible, la neige matérialise la chose. Et bien sûr, on les comprend, ça doit aider à passer le temps quand on est une statue.
On ne saura pas sur quel programme interstellaire ils sont branchés. Mais visiblement il n'est pas convenable pour les enfants, le plus petit n'y a pas droit.

mercredi 4 février 2009

Pour l'exemple

Froid de canard
Vous voyez ce que je veux dire ?


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