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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

mardi 30 septembre 2008

Hypnose

nymphea blanc Je n'avais jamais rencontré d'hypnotiseuse. Coïncidence de l'existence, à peine le dernier billet sur les propriétés hypnotiques des nymphéas publié, une cliente m'a confié que c'était son métier.
J'aurais adoré qu'elle m'hypnotise pour savoir ce que l'on ressent, mais les circonstances ne s'y prêtaient pas. A défaut, elle m'a expliqué que c'est une sensation que chacun connaît par l'autohypnose.
-Vous savez, quand vous rêvez éveillé, que vous avez les yeux dans le vague et ne pensez à rien de précis. Comme l'enfant qui s'ennuie en classe et regarde par la fenêtre.

Mais voilà l'oiseau-lyre qui passe dans le ciel...

Sûr que Jacques Prévert devait savoir parfaitement s'autohypnotiser, de même que Claude Monet au bord de son bassin. Pour créer une oeuvre poétique comme la leur, en harmonie avec la nature, il faut forcément se débrancher du réel et se mettre à l'écoute de ce qui cherche à éclore à l'intérieur de soi, comme une bulle née au fond du bassin qui monte vers la surface.
Quand elle éclot, les nénuphars deviennent des cygnes blancs qui glissent sur l'eau sombre.

mercredi 24 septembre 2008

Flotter

NénupharAucune autre fleur sous nos climats n'exerce la même fascination hypnotique que le nénuphar.
Bien sûr il y a cette couronne parfaite de pétales aux coloris tendres, ces blancheurs laiteuses, ces roses délicats ; et ces feuilles luisantes, argentées dans le contre-jour, où l'eau s'autorise une petite visite. Ensemble, le relief de la fleur et le plat de la feuille produisent un effet tasse et soucoupe inhabituel, très agréable à l'oeil.
Mais l'attrait visuel ne suffit pas à expliquer pourquoi on pourrait rester des heures à regarder des nymphéas.
Je crois qu'entre aussi en jeu une sensation physique que l'humain aime entre toutes : celle de flotter sur l'eau.
Par nénuphar interposé voilà que se réveille le souvenir de ce bien-être originel.
La tige du nymphéa pousse le bouchon jusqu'à ressembler comme une goutte d'eau à un cordon ombilical.

mardi 23 septembre 2008

Musée de l'Impressionnisme

C l'Eure Septembre 08La gazette du Département en fait ses gros titres : ça bouge du côté du Musée d'Art Américain de Giverny, qui vit ses dernières semaines sous sa forme actuelle.
La photo est prise à la Fondation Monet, mais c'est bien du musée de Beaux-Arts voisin qu'il s'agit. Au printemps prochain le beau bâtiment à l'architecture contemporaine qui se trouve à quelques pas des jardins de Monet à Giverny deviendra un musée de l'impressionnisme, géré par le Conseil Général de l'Eure.
Grâce à un partenariat avec le musée d'Orsay, on n'y verra donc que des toiles du courant pictural le plus populaire de l'histoire de l'art, ce qui en fera un lieu unique en Europe.
Le MAAG, avec ses expositions centrées sur l'art américain, attire actuellement un visiteur de Giverny sur quatre. Cela en fait déjà le musée le plus fréquenté du département. Il pourrait fort voir ses entrées exploser l'année prochaine, pour peu que l'exposition soit suffisamment attractive.
On sait déjà que le thème de celle qui ouvrira au premier avril 2009 est bien fait pour séduire le public : elle sera consacrée aux jardins de Monet.

lundi 22 septembre 2008

Les frasques des fresques

Fresques dans l'église Saint-Samson, la Roche-Guyon Cela faisait bien une dizaine d'années que je n'avais pas visité l'église de la Roche-Guyon, dédiée à Saint-Samson : les petites églises de village sont généralement maintenues fermées. J'avais gardé le souvenir très vif de fresques magnifiques, ornant les voûtes de bleu roi piqué d'étoiles d'or.
Hier, à l'occasion des journées du Patrimoine, j'ai de nouveau franchi le seuil de l'église de la Roche-Guyon. Et vous imaginez ma stupeur en découvrant le décor peint.
Les fresques n'ont pas fait de frasques, elles datent du 19ème siècle et mériteraient une restauration. C'était donc bien les mêmes que j'ai vues naguère.
Mais le bric-à-brac de la mémoire m'a fait surimposer une voûte vue ailleurs avec le souvenir émerveillé de découvrir des fresques dans une église, ce qui n'est pas si fréquent.

Je me demande où j'ai bien pu voir une voûte peinte en ciel étoilé. Vous avez une idée ?

Et puis accessoirement, je trouve les tours que joue la mémoire bien étonnants, et les témoignages oculaires bien fragiles.

dimanche 21 septembre 2008

Etre ou ne pas être vert, telle est la question

blason de VernonVernon semper viret, c'est la devise de Vernon : Vernon toujours vert. Une contre-vérité manifeste qui, bien qu'assez attendrissante de forfanterie, a quelque chose de gênant.
Je viens enfin de comprendre l'histoire de cette devise, grâce à un éminent conférencier de la société savante locale, le Cercle d'Etudes Vernonnais.
La ville ne porte pas très bien cette maxime parce que le costume n'a pas été taillé pour elle.
Le sous-titre publicitaire n'a été appliqué à la ville de Vernon que sur le tard, au milieu du 17e siècle.
C'est de la récup. Au départ, nous a révélé le conférencier, la devise est celle de la famille des Vernon.
J'ai failli me taper le front. Ah ! Voilà qui fait sens ! Ces nobles personnes se proclament toujours vertes, toujours vaillantes, prêtes à, disons, combattre, avec toute la fougue de la jeunesse !
La ville de Vernon, en panne de devise, ne s'est pas cassé la tête à en forger une nouvelle. Elle a repris à son compte celle de la famille dont elle est le berceau.
D'accord, me direz-vous, mais comment l'idée de cette devise est-elle venue aux Vernon ?
Eh bien, les Vernon, qui étaient bien entendu de fins latinistes, connaissaient l'adage : Ver non semper viret, le printemps ne verdit pas toujours. La formule est attestée depuis le 13e siècle. Je ne sais pas trop comment il faut la prendre, est-ce à dire que la jeunesse ne tient pas toujours ses promesses ?
Quoi qu'il en soit les Vernon on détourné l'adage pour lui répondre par une affirmation bien sentie. Ver non semper viret, Vernon semper viret !
Après la conquête de l'Angleterre par Guillaume en 1066, de nombreux chevaliers normands se sont installés de l'autre côté de la Manche. Les Vernon sont devenus une importante famille en Grande-Bretagne. A tel point que Shakespeare met en scène des personnages nommés Vernon dans ses pièces Henry IV et Henry VI, et qu'il a chanté les Vernon dans des poèmes.
Mais bon, il n'y en a quand même pas dans Hamlet.

samedi 20 septembre 2008

Maison de Monet

Maison de Monet

C'est une petite fille qui visite la maison de Monet à Giverny avec sa maman. Elle s'étonne, elle s'émerveille, elle s'exclame.

- Chchchut ! souffle la maman.

- Pourquoi, demande la petite, on est dans une église ?

samedi 13 septembre 2008

Bambou

Bambou à GivernyClaude Monet n'a jamais été au Japon, mais il a collectionné les estampes japonaises avec passion.
Il aimait toutes les plantes exotiques qui y figurent et il en a introduit beaucoup dans son jardin de Giverny, notamment les bambous.
Les bambous choisis par Monet, bambous jaunes et bambous noirs, sont des espèces à grand développement, très envahissantes, à planter avec prudence si on ne veut pas avoir à les combattre toute sa vie par la suite. Mais Monet en jardinier averti a mis les siens sur une île pour que l'eau arrête la progression des racines.
Plantés serrés, ils forment de jolies masses touffues comme des plumeaux à côté du pont japonais.

D'après les renseignements que j'ai pu trouver (Derek Fell, The Magic of Monet's garden, Ed. Frances Lincoln) Monet cultivait les Phyllostachys spp. et Pleioblastus pygmaeus, cette dernière variété étant naine comme son nom le suggère. Aujourd'hui ce sont des bambous jaunes qu'on voit au bord du bassin, Phyllostachys aureosulcata.

Les Européens qui visitent les jardins de Monet à Giverny sont souvent surpris par la taille de ces bambous. Ils doivent atteindre huit mètres environ.
Bambou à Giverny Habituée à des exclamations d'admiration, je ne m'attendais pas à la réaction d'une cliente thaïlandaise cette semaine :
- Qu'est-ce qu'ils sont petits, ces bambous !
Petits ? Je suis restée interloquée.
En fait, ce n'était pas leur hauteur que cette jeune femme trouvait ridicule, c'était leur diamètre. "Ils sont plantés trop serrés, m'a-t-elle expliqué, en Thaïlande ils deviennent très gros quand ils ont de la place pour se développer."
C'est un de ces minuscules détails qui me fait adorer ce métier. Quelle joie de rencontrer des gens venus d'horizons si différents et de se laisser bousculer par leur façon de voir le monde.
Les Australiens victimes de sécheresse s'émerveillent du vert de l'herbe et des feuilles. Les habitants du sud des Etats-Unis découvrent que les roses ne fleurissent pas toute l'année sous notre climat. Les Russes s'étonnent que nous appelions gel un petit moins un degré.
Le plus extraordinaire, à côtoyer tous ces habitants du village global, reste de constater l'universalité de Monet, dont le génie est capable de toucher des hommes aux cultures si diverses.

jeudi 11 septembre 2008

Dipladenia

Dipladenia à GivernyDipladenia ou encore displadenia, comme on disait autrefois, ce n'est pas très facile à retenir mais cela sonne bien, quelque part à mi-chemin entre le diplodocus et le gardenia.
Il vaut mieux ignorer l'origine de ce nom de dipladenia qui serait tiré du grec diplos aden, double glande. Avouez que cela manque furieusement de poésie d'aller examiner cette plante dans ses parties intimes, l'ovaire en l'occurrence, pour lui attribuer un nom.
C'est fort joli, un dipladenia, avec ses feuilles luisantes qui rappellent celles des lauriers et ses fleurs en entonnoir rouges, roses ou blanches.
A Giverny un dipladenia monte la garde à l'entrée de la maison de Monet, planté dans l'un des gros pots chinois bleus où le peintre aimait faire pousser des belles frileuses.
Car autant le dire tout de suite, le dipladenia n'est pas de chez nous. Les auteurs ne sont pas tous d'accord sur son origine exacte, placée tantôt en Bolivie, tantôt au Brésil ou en Amérique centrale. Mais ils s'entendent à propos des exigences de la demoiselle, de la chaleur et de l'humidité.
Que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur, il est bien difficile de satisfaire de tels caprices à moins de disposer d'une véranda ou d'une serre. L'humidité, on n'en manque pas en Normandie, mais elle ne rime pas avec chaleur, et dans les maisons il fait bien trop sec.
Il faudrait habiter la Californie pour cultiver facilement les displadenias. Mais là-bas, il ne fait pas assez froid en hiver pour voir fleurir des tulipes au printemps. On ne peut pas tout avoir, et les bignones plus accommodantes ont bien du charme aussi.

mardi 9 septembre 2008

Les petits devant

fleurs de fin d'été chez Monet à Giverny Ce n'est pas pour me vanter, mais je suis allée à un mariage ce week-end. Un joli mariage campagnard avec des canotiers et des robes à fleurs.
L'évènement était d'importance, il a été immortalisé en conséquence.
Depuis le numérique on peut s'en donner à coeur joie, et comme on a la joie au coeur on mitraille joyeusement, façon moderne de se congratuler.
On en était là, tous en train de se prendre mutuellement en photo à la fin de la cérémonie, quand tout à coup quelqu'un de la vieille école a dit, faisons une photo de groupe !
Comment résister à cette invitation délicieusement rétro ? Les réflexes sont revenus en un éclair de flash. On a mis les grands derrière, les petits devant, et ceux qui n'aiment pas être pris en photo se sont cachés derrière la tête de quelqu'un.
Les jardiniers, qui sont des gens pleins de bon sens, appliquent la même règle dans les massifs de fleurs.
Chez Monet à Giverny les espèces les plus hautes sont placées à l'arrière des bordures, tournesols et hélianthus, asters et verges d'or.
Devant viennent des fleurs moyennes, cléomes, rudbéckias, roses, tabacs, tandis que les petits bout de choux comme les oeillets d'Inde ont droit au premier rang.
Les visiteurs de Giverny ne s'y trompent pas. Ils prennent tant de photos de ces massifs de fleurs que n'importe quel mariage paraît ridiculement petit joueur en comparaison.
C'est que leur visite à Giverny est un évènement d'importance à immortaliser en conséquence.

mercredi 3 septembre 2008

Où on se croit ?

La Roche-GuyonLe touriste a la manie des comparaisons. C'est un peu agaçant pour ses voisins, témoins involontaires des rapprochements les plus insensés, Amsterdam et Venise, Notre-Dame de Paris et la cathédrale de Montréal, que sais-je...
C'est agaçant parce que ces similitudes sont imaginaires. Je ne sais pas si plaquer un paysage sur un autre empêche de voir vraiment ce que l'on a sous les yeux, en tout cas c'est plus fort que soi, il faut qu'on rattache l'inconnu à son référentiel personnel.
Le touriste cherche à établir des connexions entre ce qu'il connaît et ce qu'il découvre. Il retient certaines caractéristiques du paysage qui évoquent des images familières et il élimine ce qui le gêne pour établir le lien.

Chaque jour j'entends comparer Giverny à des tas d'autres jardins que je n'ai pas vus, et qui sans doute sont des jardins, et à ce titre comparables, mais qui ne doivent pas avoir beaucoup de points communs avec celui de Monet.
Je laisse dire avec un intérêt poli.
Ce n'est pas moi qui irai jeter la première escarbille dans l'oeil des touristes. J'ai fait pire qu'eux. A dix kilomètres de Giverny, sans l'excuse de me trouver loin de chez moi, cette vue du donjon de la Roche-Guyon surplombant une maison à colombages en encorbellement m'a frappée par sa ressemblance avec...
Vous ne voyez pas ? Allons, avec un peu d'imagination on ne se croit pas en Ile de France, ni même dans la Normandie toute proche, mais...
En Alsace bien sûr, un petit village alsacien blotti au pied des ruines du burg !
D'accord, il faudrait ajouter des masses de géraniums aux fenêtres, troquer le calcaire francilien du château pour le grès des Vosges, et changer les alignements de colombes en dessins beaucoup plus élaborés. Mais à ces détails près...
Je vous l'avais dit que c'est agaçant.

mardi 2 septembre 2008

Juste avant la rentrée

cour de collège Depuis ce matin les cours d'écoles et autres établissements scolaires ont retrouvé leur animation.
Juste avant la rentrée elles offraient l'image de l'attente, étranges de vacuité et de silence estival, avec leurs bancs inutiles, leurs arbres dont l'ombre ne rafraîchissait personne.
Les salles de classe faisaient relâche derrière les volets clos. Pas de cris, d'appels, de rires. Aucune sonnerie de portable, pas la moindre note échappée d'un MP3. Manquait aussi le bruit lourd des sacs pleins de livres qu'on laisse tomber au sol...
L'attente a pris fin ce matin. Toute une génération de jeunes humains a repris les cours ! En même temps que les volets s'ouvrent, les préaux sont pris d'assaut.
C'est une rentrée sous la pluie, un temps bien fait pour ne pas regretter les vacances. Autant travailler.
La pluie dégouline le long des toits, chante dans les gouttières, ruisselle le long des trottoirs et sur les capuches avant d'être engloutie par les caniveaux. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire elle et la rentrée auront effacé jusqu'au souvenir de l'été.
Les arbres cerclés de fer qui poussent dans les cours au milieu du bitume font une fois de plus de l'ombre pour rien. La couronne de leurs branches délimite un espace faussement abrité de la pluie, jusqu'à ce que leurs feuilles s'égouttent sur les cartables. Seraient-ils farceurs ? Si c'est le cas les platanes et les tilleuls doivent se réjouir de voir à nouveau la vie bouillonner autour d'eux.

lundi 1 septembre 2008

Hydrangea

hortensia bleuCe n'est un secret pour personne, l'hydrangéa (ou hortensia si vous préférez) change de couleur selon la nature du sol. En sol très acide il est bleu, ailleurs il est rose, ce qui révèle un goût certain pour les coloris layette. Pourtant il semblerait que ce ne soit pas entre des pétales d'hortensia que naissent les bébés, même si ce serait assez chou. Et regardez quel petit nid douillet cela ferait !
Je manque à vrai dire de précisions sur la conception potagère et florale des poupons, si vous avez été mieux renseigné que moi par vos parents n'hésitez pas à m'apporter enfin les éclaircissements qui m'ont toujours fait défaut.
On apprend en revanche tout ce que l'on pourrait souhaiter savoir sur les hortensias en parcourant le site web de la plus grande collection de cette fleur au monde. La collection Shamrock se trouve à Varengeville-sur-Mer, en Seine-Maritime, et présente pas moins de 1200 variétés différentes. De quoi faire tourner la tête ! Si la visite vous tente, dépêchez-vous, le jardin est ouvert jusqu'à la fin septembre.


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Ariane.

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