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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

samedi 30 août 2008

Massif rose

Massif rose, Giverny, chez Claude MonetUne joyeuse profusion règne dans le jardin de Monet en pleine gloire !
Dans ce massif rose l'été a fait fleurir des brassées de cosmos, de phlox, de cléomes, de glaïeuls, et puis aussi des sauges, des lavatères, des mauves...
Tout ce beau monde semble semé à la volée et fait l'effet de cheminer dans une prairie fleurie enchantée, aux fleurs magiquement toutes de la même nuance.
On est loin des buis taillés des parterres à la française, des mosaïques de fleurettes.
Ici les belles jouent des coudes pour gagner leur coin de ciel, comme si de la profusion naissait une certaine confusion, un méli-mélo plein de gaieté.
Le soleil fait chanter les couleurs. Des corolles grandes ouvertes se répandent des parfums à rendre folles les abeilles.

jeudi 28 août 2008

Ifs taillés

Ifs taillés à Saint-Marcel, EureLe travail de jardinier municipal a des aspects ingrats, par exemple les petits bouts de pelouses tarabiscotés et très en pente qu'il faut tondre, ou les sempiternels arrosages de potées. Mais il en est d'autres de plus gratifiants. La réalisation d'un ensemble spectaculaire, par exemple.
Depuis quand ces ifs taillés montent-ils la garde devant la mairie de Saint-Marcel, la petite voisine de Vernon ? Est-ce le créateur de cette rangée méticuleusement taillée qui l'entretient aujourd'hui, ou son successeur au poste, héritier de cette fantaisie arboricole ?
Si on a l'humeur belliqueuse on peut y voir une armée de fantassins prêts à partir à l'assaut.
Mais la tête arrondie de ces ifs me fait plutôt penser aux Barbapapas, les héros de l'Île aux Enfants.
Peut-être que c'est un camouflage et que la nuit venue...

dimanche 24 août 2008

Muséum de Rouen

Museum de RouenVoisin du musée des Antiquités, le muséum de Rouen se trouve au 198 rue Beauvoisine, à quelques minutes à pied de la gare.

Le muséum de Rouen a rouvert en 2007 après une fermeture de onze ans.
On pouvait craindre une mutation violente, une modernisation brutale de la muséographie. Il n'en est rien. Le muséum a gardé tout son charme rétro, ses vitrines du 19ème siècle en verre soufflé, ses beaux planchers sonores, et une ambiance inimitable qui fait basculer une bonne centaine d'années en arrière.
C'est un endroit où l'on se trouve assailli, d'émotions, d'interrogations, et en tout premier lieu assailli par les collections.
Rouen possède le deuxième plus grand muséum de France après Paris. 800 000 pièces sont conservées, dont la moitié est présentée au public.
Le curieux déambule donc au milieu de 400 000 spécimens de toutes sortes, et il comprend vite qu'il doit renoncer à tout voir.
La nature tout entière a rendez-vous dans cet ancien couvent. Autant dire que la Création est un peu tassée, genre arche de Noé. Tassée, mais organisée.
L'idée qui domine est celle de rangement. Les savants d'hier ont aimé classer, comparer, ordonner. Sans perdre un centimètre carré s'alignent les uns à côté des autres des restes de ce qui fut de la vie dans son extraordinaire diversité, étiquetée, nommée, codifiée.
La présence d'autant de signes de mort, animaux empaillés, insectes épinglés, squelettes, conserves en bocaux de vers ou de grenouilles, a quelque chose qui met indubitablement mal à l'aise. On n'aimerait pas se trouver enfermé là à la nuit tombée. On hésite à s'approcher des vitrines les plus dérangeantes. On sent, au tréfonds de soi, un instinct de fuite. Il faut se rappeler que le danger est nul, le simple contact impossible. Habitué à toutes les images, on frémit devant le réel.
Et en même temps, quelle fascination s'exerce ici ! La variété du vivant, la fameuse biodiversité vous saute à la figure comme jamais. Même les mammifères, les grosses bêtes poilues qu'on s'imagine bien connaître, réservent des surprises. Bête jamais vue nulle part, coup d'oeil au cartel, jamais entendu ce nom-là... L'expérience se répète à l'infini, on finit par renoncer à lire les étiquettes.
Il y a pourtant eu des gens pour qui les noms des végétaux ou des animaux étaient de la plus grande importance, des hommes qui ont écrit ces légendes d'une belle écriture soignée, quand on trempait les plumes dans les encriers. On les sent présents partout, ces savants d'hier, auteurs de cette accumulation, de cette prédation peut-être, on sent leur passion, leur patience... Ces milliers d'heures passées à tout mettre en case, au propre et au figuré, rendraient presque palpable la fuite du temps.
C'était une façon de s'approprier le monde, cette obstination à explorer chacun de ses recoins et à nommer tout ce qui s'y trouve de vivant ou d'inerte.

samedi 23 août 2008

Riche idée

Nom des fleurs dans les massifs de Saint-MarcelLa ville de Saint-Marcel, à côté de Vernon, a décidé de ne pas fleurir idiot.
Dans chaque massif municipal on trouve un panonceau explicatif qui détaille les variétés de plantes fleuries présentes dans le parterre. Connaissiez-vous le nom latin de l'oeillet (dianthus), saviez-vous à quoi ressemblent des gazanias ?
Il y a parfois dans certaines démarches municipales une volonté didactique. Les noms de rue, par exemple, sont parfois assortis d'explications. On situe en deux mots un personnage, un lieu. Des dates, un grade, une fonction, un métier... L'intention est claire, hommage, devoir de mémoire.
Ici, avec les petits panneaux au milieu des fleurs, on est plutôt dans le domaine du service. Vous voulez savoir comment s'appellent ces belles fleurs ? Voici leur nom.
La pancarte souligne du même coup la diversité des plantes choisies, leur beauté, leur bonne santé. Une façon discrète de mettre en avant le travail des jardiniers municipaux.

dimanche 17 août 2008

Impatience

massif d'impatiencesA l'inverse du clos normand, le jardin débordant de fleurs qui s'étend devant la maison de Monet, son jardin d'eau est peuplé de grands arbres qui donnent une ombre très agréable en été.
Ici toutes les lignes sont sinueuses tandis qu'elles sont tirées au cordeau dans le clos normand.
Ce massif d'impatiences est une référence aux tableaux de Monet dans lesquels le peintre s'est attaché à rendre le jeu du soleil à travers les arbres, comme les Femmes au jardin, la Liseuse ou le Déjeuner sur l'herbe.
Les impatiences blanches rendent l'éclat du soleil tandis que les fleurs violettes figurent les zones d'ombre.
Pour obtenir un beau tapis coloré comme celui-ci, il faut imiter les jardiniers de Giverny et pincer les tiges des fleurs à la plantation. Elles développent de nouvelles tiges sur les côtés ce qui multiplie le nombre de fleurs.

samedi 16 août 2008

Video du bassin de Monet à Giverny

Le bassin aux Nymphéas de Claude Monet à Giverny le 15 août, tandis que de gros nuages argentés se reflètent à la surface et matérialisent le ciel normand.

vendredi 15 août 2008

Cerf-volant

danger traversée d'animauxLe panneau qui signale un risque de traversée d'animaux sauvages est si fréquent à la campagne qu'on n'y fait plus attention : on le trouve au coin de chaque bois.
Il faut pour le remarquer à nouveau voyager en compagnie de très jeunes enfants. Les boutchous adorent repérer le papa de Bambi qui saute, c'est leur panneau préféré.
Mais même si on ne transporte plus de passager de l'âge de la maternelle, ce panneau-ci a de quoi attirer l'oeil, un détail différent des autres. Vous avez vu ? Il y a deux petites ailes attachées dans le dos du cerf.
Je passe souvent à cet endroit juste à la sortie de Vernon, et à chaque fois ce cerf volant est là comme un sourire, prêt à traverser d'un bond toute la largeur de la route en quelques battements gracieux.
On pourrait croire que quelqu'un a griffonné ces ailes vite fait au marqueur, pris d'une inspiration soudaine. Mais vu de près la préméditation se révèle. Les ailes sont soigneusement découpées dans une matière douce comme du velours et collées sur le panneau.
Il y a dans cette intention quelque chose qui m'enchante. Quelqu'un a conçu le projet de transformer le cerf banal en Pégase des grands chemins, juste pour donner un peu de poésie à la banalité de la vie. Cette personne a trouvé le matériau adéquat, dessiné les ailes, est venue les mettre en place...
Face au flux des automobilistes pressés apparaît, le temps d'un éclair, une étincelle de fantaisie.

jeudi 14 août 2008

Frêne et sumac

Frêne et sumac, GivernyMonet aimait faire se rencontrer dans son jardin des plantes aux affinités de couleur ou de forme. Ces feuillages, par exemple, dans le jardin d'eau. A première vue on dirait le même arbre. Même vert, mêmes feuilles composées. Mais à part cette coïncidence ces deux-là n'ont pas grand chose en commun.
Permettez-moi de faire les présentations. En haut voici le frêne, un arbre majestueux de nos régions. En bas, le sumac de Virginie, originaire d'Amérique du Nord, de taille plus modeste.
Qui a copié sur l'autre ? Qui s'est dit le premier tiens, je pourrais installer des mini-feuilles le long d'une tige comme des chambres le long d'un couloir, ce sera plus commode pour la distribution de sève ?
Peut-être qu'ils ont eu la même idée en toute indépendance, sans imaginer que cela existait déjà ailleurs sur la planète. Peut-être que les mêmes problèmes n'ont qu'un nombre limité de façons d'être résolus, que les mêmes besoins conduisent à un nombre restreint de réponses.
L'histoire humaine est pleine de ces coïncidences. A propos de l'invention de l'aviation, par exemple. Pour les Français, le papa du vol d'un plus lourd que l'air s'appelle Clément Ader. Pour les Américains, pas d'hésitation, ce sont les frères Wright qui ont inventé l'avion.

mercredi 13 août 2008

Cosmos

Fleur de CosmosEn toute simplicité, cette fleur s'appelle Cosmos.
Quand on porte un nom aussi démesuré, tout l'art consiste à garder des dehors modestes.
Aussi le cosmos s'applique-t-il à ne pas en faire trop. Ses pétales ne la ramènent pas, ni par l'ampleur ni par le volume, un petit plissé tout simple, pas de froufrous superflus. La tige est toute fine comme un trait de crayon, le feuillage, une brume légère qui ne fait d'ombre à personne.
Côté couleur le cosmos a une préférence pour les roses vifs ou le blanc frais, les deux se mêlant parfois à la façon d'une aquarelle.
Surtout le cosmos a oublié d'être capricieux, et sa culture enfantine le fait aimer des jardiniers débutants qui découvrent avec lui le bonheur de se créer un univers.

samedi 9 août 2008

Potager fermé

potager de la Roche-Guyon Les dahlias fleurissent pour personne dans le potager-verger du château de la Roche-Guyon. Quatre années seulement après son ouverture en 2004, le jardin est déjà fermé.
Malgré les deux pages d'explications affichées sur les grilles, les raisons qui ont présidé à cette fermeture du potager ne sont pas vraiment claires. Peut-être son entretien était-il tout simplement trop cher pour le conseil général du Val d'Oise, propriétaire du château.
Ce qui est bien expliqué, en revanche, c'est le virage écologique et social que va prendre le jardin. On avait voulu recréer ici le potager-verger du château tel qu'il se présentait au 18e siècle, mais impossible de lui fournir les trente jardiniers qui s'y activaient à l'époque. On aura désormais un potager soucieux de préservation de l'environnement d'où la chimie polluante sera proscrite, et dont la production devra trouver des débouchés sur les marchés locaux, auprès des associations caritatives et d'insertion.
Selon Gilles Clément, qui mène ce projet, on sera de la sorte beaucoup plus près des intentions qui ont présidé à la création du jardin au 18e siècle. Il s'agissait de se nourrir avec des produits locaux, cultivés de façon naturelle. On expérimentait aussi dans les jardins de châteaux, on testait de nouvelles espèces, des méthodes de cultures innovantes, pour le bien-être de l'humanité. Le nouveau potager, qui ouvrira peut-être en 2009, misera lui aussi sur la biodiversité.

vendredi 8 août 2008

Mer de fleurs

GivernyC'est peut-être le meilleur moment de l'année pour visiter les jardins de Monet à Giverny, plus éblouissants que jamais : tout est en fleur, les Nymphéas bien sûr, les capucines dans la grande allée, les rosiers remontants, les annuelles d'été éclatantes de couleurs.
Mais curieusement chaque année l'affluence marque le pas au début août.
On trouvera plus facilement un banc libre pour s'asseoir à l'ombre au milieu d'une mer de fleurs.

lundi 4 août 2008

Par la barbichette

Gargouille, EvreuxS'il te plaît, dessine-moi un monstre...
Pas si facile d'inventer un truc vraiment effrayant.
Les sculpteurs du Moyen-Âge qui devaient imaginer des gargouilles ont dû se creuser la tête pour composer des bêtes horribles.
Ils ont souvent dérivé l'idée du gros chien, comme ici à Evreux au-dessus du cloître de la cathédrale.
C'est une expérience que chacun a faite de se trouver face à un gros chien aboyeur et furieux, il y a de quoi ne pas en mener large.
Celui-ci, en plus de ses oreilles couchées, de ses dents menaçantes et de ses narines dilatées, a été affublé d'une barbiche supposée le rendre plus hideux encore.
Ils lui donneraient plutôt un petit air comique, ses trois poils au menton.

dimanche 3 août 2008

Foulon

cuve à foulon, EvreuxL'endroit où l'on peut admirer cette cuve de pierre aurait tendance à induire tout le monde en erreur : nous sommes ici dans le cloître situé derrière la cathédrale d'Evreux.
On a vite fait d'en déduire que cette cuve servait à pratiquer des baptêmes, au cours d'un rite hypothétique où l'on se serait immergé de la tête aux pieds dans une petite piscine.
Que nenni.
Point du tout.
Aux dernières nouvelles il s'agit d'une cuve à foulon qui remonterait rien moins qu'aux gallo-romains. On pardonnera au vénérable objet vieux de mille huit cents ans d'être fendu et rafistolé au fil de fer.
A quoi servait une cuve à foulon ? A fouler, cela va de soi, c'est-à-dire écraser du pied les draps de laine de manière à les feutrer. Le feutrage a pour effet de faire s'accrocher entre eux les petits brins de la laine, le tissu devient plus épais, résistant et offre une meilleure protection contre les intempéries.
Cela devait être long, fastidieux et fatigant de fouler la laine, aussi l'ingéniosité humaine a-t-elle par la suite conduit à l'utilisation d'une autre force motrice. A Evreux, on a installé des moulins sur les bords de l'Iton.
La cuve à foulon s'est trouvée sans emploi, sauf à servir de baignoire aux petits oiseaux.
Hors de portée de leurs jets d'eau, elle nargue les gargouilles, des jeunettes qui n'ont que cinq siècles au compteur.

vendredi 1 août 2008

L'union des sports

L'union des sports, café restaurant à VernonAu temps lointain où cette enseigne correspondait à l'établissement qu'elle domine, le propriétaire avait trouvé judicieux, pour attirer une vaste clientèle, de nommer son café restaurant "A l'union des sports".
Cela sonne comme une dédicace, mais c'était plutôt un appel du pied aux joyeux sportifs pour qu'ils viennent célébrer ici les victoires, se consoler des défaites, refaire le monde et l'arbitrage autour d'un canon et organiser leur banquet de fin d'année.
On n'était pas sectaire, des footeux aux joueurs de boules, tout le monde était le bienvenu, tous réunis dans la même communion d'après l'effort.

Le local a changé moultes fois d'affectation, sans doute, et l'Union des Sports s'est évanouie comme un idéal qui disparaît.

A une semaine de l'ouverture des Jeux Olympiques, la polémique pékinoise bat son plein. Les Jeux, c'est pourtant l'occasion de célébrer l'union des sports, ce qui n'arrive pas si souvent.

Enseigne ancienne rue Carnot à Vernon


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