jeudi 31 mai 2007
Les toits de Vernon
Ce matin les hirondelles volaient assez haut dans le ciel, faisant mentir les prévisions pessimistes de Météo France. Ce sont elles qui ont eu raison, il n'est pas tombé une goutte aujourd'hui.
De là-haut, elles doivent avoir une vue sur les toits de Vernon proche de celle qu'on a depuis le sommet de la Tour des Archives.
Ce qui frappe tout d'abord le promeneur essouflé d'avoir gravi cent marches et qui contemple le paysage en attendant que son coeur reprenne un rythme normal, c'est la silhouette élancée de l'église émergeant des maisons qui l'entourent. On dirait une poule au milieu de tout plein de poussins.
Le quartier entre la tour et l'église a été peu affecté par les bombardements de la dernière guerre. Il a conservé son tracé du Moyen-Age, avec ses rues étroites et ses toitures enchevêtrées.
L'ardoise et la tuile se disputent les faveurs des couvertures à Vernon. Je crois qu'un comptage effectué en vue de définir quel matériau il faut employer pour les nouvelles constructions dans les secteurs protégés a conclu à un partage à 50-50. Les architectes et les particuliers ont donc le choix, petite tuile plate brun rouge ou ardoise.
On n'a pas toujours prêté autant d'attention à l'harmonie générale. Il y a quelques décennies, la tendance était plutôt de privilégier les matériaux modernes si pratiques. Quantités de toits se sont vu couverts de tuiles de Beauvais, une tuile mécanique à la jolie teinte chaude mais au rendu raide et uniforme. Avec le temps, elles finissent tout de même par se patiner et par avoir leur charme.
De tous ces toits émergent des forêts de cheminées devenues passablement superflues depuis qu'on ne se chauffe plus au bois ou au charbon. Les ramoneurs les ont désertées, il reste les petites fenêtres aménagées dans les combles qui leur permettaient d'accéder au toit pour ramoner le haut des cheminées.
Sous les toits, à la faveur d'une discontinuité de la rue, on aperçoit aussi quelques pignons de maisons à colombages. Leur dessin bicolore rappelle que nous sommes déjà en Normandie. Vernon a une vocation de ville frontière. Sous Philippe-Auguste, au 12ème siècle, c'était la dernière ville française en bord de Seine. La limite s'est un peu déplacée. Aujourd'hui c'est la première ville normande le long du fleuve.
Ce billet, écrit à 22:26 par Ariane dans la catégorie Vernon Tour des Archives a suscité :



Il y a tant à faire pour entretenir le jardin de Claude Monet à Giverny que les jardiniers sont obligés de travailler pendant les heures d'ouverture au public. 











Georges Clemenceau est sous les feux de l'actualité aujourd'hui. Notre Président tout neuf a rendu hommage à son lointain prédécesseur à la tête de l'Etat pendant la Première Guerre Mondiale, au Père la Victoire, au Tigre, bref au côté public du bonhomme.
La moitié des Monet environ se trouve dans des collections privées : un millier de toiles inconnues ou presque du public, rarement présentées dans des livres. La seule occasion d'admirer ces oeuvres appartenant à des particuliers est d'aller voir les expositions où, parfois, elles sont prêtées.
Si vous vous intéressez à Monet, il y a de bonnes chances pour que vous ayez lu ce livre. C'est sans doute le plus vendu parmi les centaines à parler du peintre, traduit en japonais et en bien d'autres langues. Il existe même en suédois et pour cause : il a été écrit par une Suédoise.
Malgré les apparences nous voyons mieux d'un peu loin que de près. Ce qui est petit, au ras du sol nous échappe. Il faut faire un effort pour se baisser, descendre nos yeux d'un bon mètre et regarder.
Les bancs des espaces publics sont des lieux de convivialité singuliers. La conversation s'y engage avec plus de facilité qu'ailleurs. On dirait que le fait de partager le même siège crée un début de lien, un prétexte.
Cela ne se devine pas si on ne le sait pas : les armes de la ville de Vernon représentent trois bottes de cresson, surmontées de trois fleurs de lis.
Comme tous les visiteurs s'y arrêtent pour admirer le point de vue sur l'étang aux nymphéas et se prendre en photo (Monet le faisait déjà), le pont japonais du jardin d'eau de Giverny est souvent noir de monde. Mais il suffit de lever les yeux et on ne voit plus que les glycines, encore plus belles quand leurs longues inflorescences sont traversées par la lumière du soleil.
Aujourd'hui, il y avait dans le groupe que je guidais à Giverny un collectionneur d'estampes japonaises.
La peinture de fresques au plafond de pièces de réception est indubitablement un élément de prestige. A la mairie de Vernon, la salle des mariages de l'hôtel de ville se pare de plusieurs fresques régionalistes contemporaines de l'époque où Monet fréquentait la petite cité.
"La victoire de la Liberté", c'est le nom de cette sculpture de Dali qu'on peut voir au château de
En matière de cabane, à chacun ses ambitions. Il y a ceux qui ne la conçoivent que perchée en haut d'un arbre avec terrasse panoramique et hamac intégré, et ceux pour qui quelques branches de bois mort assemblées en dix minutes suffisent. Si les premières font rêver, les secondes ont le parfum et la fragilité de l'enfance.
On se croirait chez les champignons : cytise et acacia se ressemblent comme deux gouttes d'eau, à la couleur près. Mais l'un est terriblement toxique, et l'autre délicieusement comestible.
La chambre que Vincent van Gogh a occupée pendant deux mois à l'auberge Ravoux est un des endroits les plus émouvants d'Auvers-sur-Oise. Comme dans d'autres lieux de mémoire, c'est étrange de se tenir là en se disant que la pièce a été habitée par le peintre qu'on admire tant aujourd'hui, qu'il y a travaillé, dormi, rêvé, souffert, et qu'il y est mort.
Sur la droite de la maison de Monet à Giverny, à quelques pas de la cuisine, on peut voir de petites pelouses en terrasse entourées d'un grillage. C'est l'enclos des dindons. J'ai pris cette photo il y a quelques années, aujourd'hui l'enclos est vide. (8 mai 07 : les dindons sont de retour !)
Le meilleur moment pour apprécier les jardins de Monet à Giverny, c'est le matin dès l'ouverture, dans la lumière vaporeuse de la vallée de la Seine, ou comme ici, le soir après une journée de soleil, quand les ombres s'allongent et que les jardins se vident. Le ciel perd alors sa teinte laiteuse pour devenir franchement bleu.